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Canon EOS 5D Mark III : la quintessence du reflex pro

Avec ce boîtier expert/pro, le fabricant livre un produit abouti sans partir à la guerre aux mégapixels.

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Le 5D Mark II est le boîtier reflex numérique plein format le plus vendu de l'histoire : doté de 20 mégapixels, il a su séduire autant les photographes pour sa qualité d'image, que le monde de la vidéo avec des capacités de tournage impressionnantes. Nombre de films que vous êtes allés voir ces deux dernières années comprennent des scènes tournées avec ce boîtier photo. C'est donc peu dire que les ingénieurs en charge du développement du successeur, le 5D Mark III, devaient avoir une certaine pression pour assumer un tel héritage...
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Si l'électronique du 5D Mark II était bonne, la qualité de fabrication perçue par l'utilisateur (finition des plastiques, feeling du grip, résistance aux chocs, etc.) était en deçà de son concurrent le Nikon D700. Le nouveau 5D Mark III change résolument la donne : non seulement il paraît bien plus solide en main, avec un toucher plus masculin, plus robuste, mais cela va au-delà de la simple perception puisque le boîtier est entièrement tropicalisé. Chaque aspérité, zone de fragilité est garnie de mousse et autres joints d'étanchéité. Si nombre de reporters ont trimbalé le 5D Mark II dans les pires endroits, ce 5D Mark III ira bien plus loin encore.

L'autofocus qui change tout

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Que cela soit pour le 5D ou le 5D Mark II, Canon a toujours péché par des systèmes d'autofocus (AF) un peu datés : dans son duel face au D700, le 5D Mark II était un bon cran en dessous. Ici la tendance s'inverse puisque Canon a intégré le système AF de son boîtier pro le 1Dx. Testé avec le 24-105 mm F4 L IS USM et le 50 mm F1.4, le 5D Mark III s'est révélé plus rapide que son prédécesseur, voire plus véloce que le Nikon D800 dans les basses lumières.
Le seul défaut de ce système AF ? Il est tellement complexe qu'il bénéficie d'un menu dédié. Les pros de l'autofocus apprécieront cette richesse, mais les néophytes qui se contentent d'un AF central s'en désintéresseront. Le côté de positif de la chose est que pour la première fois, cette gamme d'appareils peut enfin suppléer un boîtier pro type 1D Mark IV ou 1Dx. Et ce d'autant plus que la rafale a été sérieusement revue à la hausse.

Enfin une vraie rafale

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Six images par seconde (i/s) : enfin une rafale digne d'un boîtier pro ! Nombre d'appareils font aussi bien même dans le segment grand public – on pense aux 7 i/s du Sony Nex 5N par exemple –, cela représente un vrai bond en avant comparé aux 3,9 images par seconde du 5D Mark II. Une fois encore, ce 5D Mark III marque une vraie rupture et prend l'avantage sur le D800, limité à 3 i/s ! Les photographes studio et de paysages se moqueront de cette débauche d'images, cela renforce la crédibilité « sport » du boîtier.
Amis photographes de scène, reporters en milieux tendus et autres photographes des ombres, le mode silencieux du 5D Mark III est fait pour vous. Il est d'ailleurs tellement bon que selon votre métier ou votre pratique photographique, cette fonction peut être un facteur de choix décisif. Loin d'être une fourberie marketing (voir cette vidéo), la réduction du bruit du 5D Mark III est bien réelle : on passe de 60 dB en mode normal à 50 dB en mode silence.
Les chiffres ne voulant rien dire sans échelle, sachez que le déclenchement s'entend toujours – l'obturateur est toujours mécanique et non électronique – mais cela se limite à un bruit sourd. Pour vous faire une idée, vous pouvez écouter la comparaison avec un Leica M6, boîtier mécanique réputé pour son silence.

Qualité d'image : priorité aux hautes sensibilités

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5D Mark II ? 20 Mpix. 5D Mark III ? 21 Mpix. Si quatre années se sont écoulées entre les deux appareils, seul un petit mégapixel de plus est venu garnir le capteur du 5D Mark III. Qu'a-t-on gagné ? Pas une plage dynamique plus large – c'est peu ou prou la même – mais une montée en ISO mieux maîtrisée : quand on se limitait à 3 200 ISO sur le Mark II, le 5D Mark III offre de meilleurs résultats à 6 400 ISO et on peut même utiliser 12 800 ISO sans avoir (trop) peur. Cette maîtrise se ressent aussi en vidéo : quand le bruit dénaturait les couleurs dès 1 600 ISO, on peut désormais travailler à 6 400 ISO tout en conservant une image propre.
Le D800 remporte logiquement la palme des images les mieux définies avec son capteur de 36 Mpix et sa montée en ISO aussi bien maîtrisée que celle de Canon malgré la plus grande densité de photosites. Cela signifie-t-il que Nikon remporte la palme ? : 21 Mpix offrent une définition plus que suffisante pour nombre de professionnels (publicité, studio et reproduction d'œuvres d'art exceptées) et la qualité des images du Mark III étant rien de moins qu'excellente en RAW – en Jpeg les images sont un peu trop retravaillées à notre goût.
Mais l'avantage du Mark III tient aussi dans la taille plus modérée des fichiers : quand un cliché RAW 14 bits non compressé occupe entre 60 et 75 Mo sur la carte d'un D800, le 5D Mark III produit des images de 25 à 30 Mo maximum. Non seulement cela permet à l'appareil d'offrir une rafale deux fois supérieure mais surtout cela évite la saturation prématurée des cartes mémoire et autres disques durs tout en conservant une définition plus que satisfaisante. Au final ce sera votre pratique et vos besoins qui vous orienteront quant au choix de l'un ou l'autre boîtier.
Lire la fiche technique du Canon 5D Mark III

Le verdict

L'EOS 5D Mark III est un appareil qui amène la ligne 5D à maturité : si la qualité d'image est un peu meilleure que par le passé, c'est surtout du côté des finitions et de l'équipement que l'appareil marque sa différence avec la génération précédente. De l'autofocus à la rafale en passant par les fonctions vidéo, Canon n'a rien laissé au hasard. Alors si Nikon reprend le leadership des mégapixels avec le D800/D800E, Canon signe ici un vrai appareil de reporter/baroudeur, à la construction renforcée et aux performances (image, rafale, ISO, taille des fichiers) calibrées pour « faire le job ». A peine sorti, déjà une valeur sûre !

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