>

01Men 1er portail masculin : Informations et articles
01men  >  Automobile  >  Dossiers

Avertisseurs de radars : un marché de dupes ?

Depuis le 28 novembre, les avertisseurs de radars sont officiellement devenus des « outils d’aide à la conduite ». Les fabricants disent avoir sauvé l'essentiel, mais la principale victime pourrait bien être l’utilisateur de ces boîtiers et applications.

laisser un avis
Cette fois, ça y est, l’avertisseur de radars a cessé d’exister. Depuis le 28 novembre, il est désormais obligatoire de mettre à jour son système Coyote, Wikango ou Inforad, de même que les avertisseurs de radars fixes. Dans le cas contraire, vous risquez une amende de 3 750 euros, un retrait de six points et la confiscation de l’appareil, exactement comme pour un détecteur de radars ! Une fois la mise à jour effectuée, vous êtes désormais l’« heureux » propriétaire d’un « outil d’aide à la conduite ». Ce qui change ? Tout ou presque, malgré ce qu'en disent les fabricants !

Comment fonctionnent les aides à la conduite ?

Boîtiers autonomes ou communicants, GPS ou applications pour smartphone : tous sont désormais censés répondre aux termes du protocole signé entre l’Etat et l’Afftac (1), l’association qui regroupe les principaux fabricants et éditeurs d’avertisseurs de radars.
Le terme « radar » disparaît des applications, de l’affichage mais aussi de la notice et de l’argumentaire de vente. A sa place apparaissent de nouvelles « zones de danger » et « zones à risques ». Ces expressions volontairement vagues désignent les zones « accidentogènes » signalées par l’Etat et les fabricants – et qui peuvent (mais ce n’est pas systématique) correspondre à des endroits où sévit un radar fixe. Les propriétaires d'un boîtier communautaire peuvent également toujours signaler ce que bon leur semble, y compris des contrôles mobiles.

Mais alors, tout est comme avant ?

Non ! C’est ce que voulaient faire croire les représentants de l’Afftac, en entretenant le flou sur ces fameuses zones de danger. Officieusement, rien n'allait changer, hormis la précision de l'alerte : au lieu de signaler l’emplacement précis du radar fixe ou mobile, les « assistants » de conduite affichent maintenant des sections de 4 000 mètres sur autoroute, 2 000 mètres hors agglomération et 300 mètres (500 pour Coyote) en ville. Quand votre boîtier ou votre téléphone fait bip, c’est donc désormais pour vous signaler une zone potentiellement dangereuse de 500 à 4 000 mètres de longueur, dans laquelle vous pouvez éventuellement rencontrer un radar ou subir un contrôle routier. Mais ce n’est pas le seul changement…

Comment savoir si je vais rencontrer un radar ?

C'est précisément ce qui est devenu impossible. Les alertes peuvent concerner tout type de danger, sans signalétique particulière. Pis encore, nos confrères du Parisien ont révélé les conditions dans lesquelles les préfets ont établi les cartes des zones de danger. « “Une consigne orale a été donnée aux préfets de rassembler dix fois plus de zones que de radars”, raconte sous couvert d’anonymat un ingénieur de travaux publics. “Dans un département avec 25 radars fixes, par exemple, pas moins de 250 zones de danger ont été compilées, ce qui veut dire qu’un automobiliste sera prévenu seulement une fois sur dix de la présence d’un radar !” », rapporte le quotidien. Bref, vos boîtiers vont bientôt sonner sans cesse et devenir totalement inefficaces pour signaler un radar.

Est-ce un plus pour la sécurité routière ?

Au contraire, après avoir testé un nouvel assistant Coyote pendant deux semaines et sur plus de 3 000 kilomètres, 01men. peut affirmer que non seulement le système est perd une bonne partie de son efficacité, mais qu’en plus son bilan en termes de sécurité routière est plus que discutable.
Si les radars fixes sont encore assez aisés à repérer et que la communauté joue encore son rôle en signalant les contrôles mobiles, les informations sont désormais noyées dans la masse. Quant aux zones dites de danger, on constate avec amertume que, quand elles n'ont rien à voir avec un radar fixe ou un contrôle, elles sont neuf fois sur dix totalement inadaptées. Pour ceux qui roulent beaucoup, c’est le retour du stress et le risque de se faire « flasher » bien plus souvent.
A cela s’ajoute un autre problème, aussi grave, qui pourrait affecter le futur système Lavia : les indications de vitesse maximale autorisée fournies par les GPS et les boîtiers censément à jour affichent près d’une fois sur quatre des valeurs fantaisistes.

Les « outils d’aide à la conduite » sont-ils devenus une arnaque ?

Il est encore trop tôt pour se prononcer, mais notre premier sentiment est que l’abonnement (12 euros par mois pour Coyote) est devenu excessivement cher pour le service rendu. Outre les messages lénifiants dits de sécurité routière qui défilent à intervalle régulier, on se demande pourquoi l'on devrait payer près de 150 euros par an pour un système de plus en plus inefficace et privé de sa fonction première.
N’en déplaise aux associations de victimes, les appareils Coyote et les autres étaient peu utilisés par les auteurs de gros excès de vitesse, et plutôt par de gros rouleurs désireux de limiter la casse sur leur permis. A en croire les commentaires dans de nombreux forums sur l'automobile, ils sont de plus en plus nombreux à envisager de cesser de payer. Pour le moment, les principaux gagnants sont l’Etat (le nombre de PV va inéluctablement augmenter) et les fabricants. Mais, pour ces derniers, l’embellie pourrait bien être de courte durée.

Existe-t-il des parades ?

Oui, mais souvent illégales. Passons sur les détecteurs de radars, très efficaces pour les jumelles et beaucoup moins pour les appareils fixes, qu'il reste très risqué d'utiliser. Les boîtiers autonomes ou connectés sont automatiquement mis à jour ou doivent l’être manuellement, sous peine de ne plus fonctionner… et de vous mettre hors la loi. Du côté des GPS, les modèles connectés du type TomTom Live sont dans le même cas que les boîtiers et devront être mis à jour.
Il existe cependant un vide juridique pour les bons vieux GPS basiques intégrant des cartes des radars. Celles-ci peuvent être mises à jour sans trop de difficulté sur Internet, gratuitement ou grâce à des services payants comme NavX, et il paraît difficile de les contrôler.
Enfin, certaines applications pour téléphone mobile, pourtant illégales, séduisent de plus en plus en plus de conducteurs. La plus connue, Trapster, est gratuite. Comme elle est développée aux Etats-Unis, elle échappe au contrôle de l’Etat français. Elle offre les mêmes fonctions que les anciens appareils Coyote, signale les radars fixes mais aussi les mobiles et les contrôles. Sa popularité explose sur le Web français, mais l'usage de ce logiciel expose le conducteur à une forte amende en cas de contrôle. Lequel semble cependant quasi impossible à effectuer. Pas vu, pas pris ?
(1) Association française des fournisseurs de technologie d’aide à la conduite.
envoyer
par mail
imprimer
l'article
@01net sur
à lire aussi
SUR LES MÊMES THÈMES
Test vidéo : la voiture connectée selon BMW
Altran fait entrer le numérique dans l’automobile
Alten prévoit de recruter 3000 ingénieurs cette année
Ouvrir sa Fiat 500 avec un smartphone, c’est pour bientôt
Peugeot-Citroën met des tablettes Windows 8 pour son après-vente
Ford Ranger Wildtrak 3.2 : cousin d’Amérique
Seat Leon : mais que reste-t-il à la Golf ?
Seat Leon : mais que reste-t-il à la Golf ?
Mazda 6 : l’anticonformiste
Audi A3 SportBack : bilan de compétences
Opel Mokka : un SUV fort de café !
Aggravation du bonus-malus : le haut de gamme français condamné ?
Audi TTRS Plus Roadster, missile à ciel ouvert
Des centaines de crash tests virtuels pour la GT électrique d'Exagon
Mercedes Citan : french touch
Le décret sur les avertisseurs de radars bientôt annulé ?
Les avertisseurs de radars bientôt inopérants ?
Les avertisseurs de radars ne signaleront plus que les dangers
Les avertisseurs de radars ne signaleront plus que les dangers