Coupe Davis : ça va être chaud !
Pour la première finale de son histoire, la Serbie de Novak Djokovic va accueillir les Français dans la bouillante Belgrade Arena. Avantage Djoko and co...
© Reuters
Novak Djokovic
Le troisième joueur mondial va être le principal écueil des Français.
Côté serbe
Le vent de l’histoire souffle du côté de Belgrade. Les Serbes n’avaient jamais gagné un match dans le groupe mondial avant l’édition 2010. Aussitôt déniaisés, les voilà déjà en finale dans la foulée, portés par un élan patriotique dans un pays sevré d’émotions sportives. Tandis que le football périclite et que le basket ne fait que se ressourcer avec une génération de jeunes pousses talentueuses mais sans grand palmarès, Djoko and co défendent un honneur national mis à mal ces dernières années.
Enorme, l’attente décuplera les voix d’une Belgrade Arena plus que bouillante, mais qui ne devrait pas être hostile. Tout le problème français sera de casser cette grosse ferveur, qui peut donner un élan définitif aux Serbes, mais peut, aussi, paralyser les muscles si le héros local sent, en perdant, qu’il est en train de trahir tout un peuple.
Au départ, Novak Djokovic, fracassant depuis l’US Open, est nettement au-dessus du lot. En plus, il n’a jamais perdu un match en Coupe Davis dans son cocon embrasé de la Belgrade Arena. On aurait pu croire qu’au terme d’une saison harassante, il se ménage un peu aux Masters de Londres pour privilégier son objectif principal de devenir un héros serbe. Sorti des poules pour perdre en demi-finale face à Roger Federer, il a réussi cet « exploit » d’assurer et de se rassurer encore plus avec des séquences de jeu impressionnantes, sans puiser outre mesure dans ses réserves.
Tout juste les Français peuvent-ils espérer la réédition du « coup des lentilles », qui, à Londres, avait tellement perturbé Djokovic (une de ses lentilles s’était perdue dans son œil…) qu’il n’avait pu défendre ses chances face à Rafael Nadal. « Mais ça n’arrive qu’une fois sur un million », avait souri le Serbe après coup. Il faudra donc trouver autre chose. « Car battre Djokovic à Belgrade, c’est aussi dur que battre Nadal sur terre battue », avait estimé le capitaine tchèque Jaroslav Navratil battu en demi-finale en septembre. Derrière Djokovic, « Monsieur deux points », les Serbes auront deux options en simple : la fougue de Viktor Troicki qui a fini la saison en trombe ou l’expérience de Janko Tipsarevic, homme-clef de la demi-finale où il avait terrassé Tomas Berdych et Radek Stepanek lors d’un cinquième match décisif.
Côté français
En estimant à 10 % les chances d’arracher un point à Djokovic, les Français connaissent leur feuille de route : gagner les trois autres points dans une ambiance où, au mieux, ils seront chahutés par les sifflets du public au moment de leurs services. Dommage, Wilfried Tsonga et Julien Benneteau sont blessés, tandis que Richard Gasquet, même s’il en meure peut-être d’envie, n’a pas donné au staff l’assurance qu’il était prêt à s’arracher. Il faudra donc que les « Mousquetaires » battent en simple le n°2 serbe et triomphent en double.
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Gaël Monfils
Capable du meilleur comme du pire, le joueur devra assurmer une lourde partie du résultat de cette finale.
Sur sa fin de saison et sa nouvelle aura en coupe Davis, Gael Monfils, le n°1 de l’équipe, est favori face à Tipsarevic ou Troicki le premier jour. Mais avec lui, rien n’est jamais sûr. Il vole quand il est fatigué et/ou craque sous l’effet de paramètres souvent indéterminés. Il peut aller très haut et se liquéfier au moment où on ne l’attend plus, malgré l’esquisse d’une nouvelle maturité. Personne ne peut affirmer qu’il sera à la hauteur de l’événement. Il a un taux de réussite très faible en finale de tournois, preuve que la dernière marche lui apparaît souvent trop haute. Comment comprendre qu’avant la finale de Bercy, il ne soit arrivé qu’une heure avant au stade pour se préparer de manière trop précipitée ? Tout simplement ahurissant. Alors quel Monfils verra-t-on à Belgrade ?
S’il marque son point le vendredi, le double Michaël Llodra-Arnaud Clément aura la mission de donner l’avantage à la France le samedi face à la paire serbe où Nenad Zimonjic, un expert en double vainqueur du Masters, sera associé à l’un de ses trois compatriotes. Il ne faut pas se faire un monde de Zimonjic, malgré son impressionnant palmarès. A 34 ans, s’il est l’un des cadors dans son tout petit monde de spécialistes du double, il a du mal dès lors qu’il est opposé aux meilleurs mondiaux. Il avait été consternant en demi-finale face au duo Berdych-Stepanek.
Mais côté français, Clément donne-t-il le change ? Non ! Ok, il a les automatismes nés de son association ancienne avec Llodra. Mais l’Aixois, d’ailleurs un temps brouillé avec son ex-partenaire, pointe très loin de sa meilleure forme. Et tout le monde craint déjà ses jeux de service à la Belgrade Arena… Reste le joker bleu au service-volée d’acier, Michaël Llodra. S’il pourrait être ménagé le premier jour face à Djokovic (Gilles Simon aura la tâche d’au moins fatiguer le n°3 mondial), le Parisien qui vient de faire frémir Bercy devrait sortir du chapeau si le score indique 2-2 le dimanche, dans un match couperet où son jeu offensif (où la gamberge n’a pas de place) pourrait faire merveille pour offrir le Saladier à la France !

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Bravo !
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lulu1963
, posté le 29 avril 2011 à 16h40
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