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Un happening pour sensibiliser l’opinion
© Greenpeace/ Pierre Gleizes
A deux mois de la conférence internationale sur le réchauffement climatique de Copenhague, Greenpeace a décidé de faire appel à l’œuvre engagée du célèbre artiste américain Spencer Tunick pour alerter et sensibiliser le public sur la cause environnementale. Décor choisi : la France où la viticulture est d’ores et déjà menacée par les premières conséquences du réchauffement climatique. « Si rien n’est fait aujourd’hui pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les vignes se déplaceront de 1 000 kilomètres au-delà de leur limite traditionnelle d’ici à la fin du siècle », met en garde l’association militante écologiste. En cas d’accroissement durable des températures, la Bourgogne – région où s’est déroulé le happening – serait ainsi confrontée à un climat de type « méditerrannéen » incompatible avec les cépages actuellement cultivés.
Rendez-vous au sud de la Bourgogne © Greenpeace/ Pierre Gleizes
Le premier rendez-vous avec les figurants était fixé le samedi 3 octobre 2009, à 10h30 à la gare de Mâcon Loché TGV, dans le département de la Saône-et-Loire. Ensuite, les présents étaient invités à « s’imprégner du paysage » en se rendant à pied sur le domaine du Château des Rontets : un vignoble situé à quelques kilomètres de la gare et cultivé en agriculture biologique. « Le happening a commencé par un briefing à 13h15 puis s’est poursuivi jusqu’à 18 heures, explique Romain Chabrol, responsable de la communication de Greenpeace ayant assisté à la manifestation. Du haut de sa nacelle, Spencer Tunick dirigeait les opérations en demandant aux plus grands où à ceux présentant d’énormes tatouages de se mettre au fond. Après des essais successifs, quatre compositions différentes ont finalement été retenues pour les prises de vue définitives. »
L’engagement écologique de Spencer Tunick © Greenpeace/ Pierre Gleizes
Connu pour la réalisation de paysages humains réunissant des centaines voire des milliers de volontaires posant nus à travers le monde, Spencer Tunick avait déjà collaboré une première fois avec Greenpeace sur le thème du dérèglement climatique. En août 2007, il invitait ainsi 600 personnes à se déshabiller au pied du glacier d’Aletsch, le plus grand d’Europe, à 2 300 mètres d’altitude. « En faisant à nouveau appel à Spencer Tunick pour mettre en scène des corps nus, nous souhaitions montrer que l’homme est nu, désarmé, face au réchauffement climatique », explique Romain Chabrol.
La nudité, symbole de la vulnérabilité des hommes © Greenpeace/ Pierre Gleizes
Pour Spencer Tunick, la nudité nous rappelle que nous sommes fragiles : « Aujourd’hui, à l’heure où le monde se transforme en une jungle de béton, nous oublions parfois ce lien étroit qui existe entre notre corps et la Terre. A travers mon art, j’espère attirer l’attention sur la vulnérabilité de notre existence et sur ce lien singulier qui relie les êtres humains aux aliments qu’ils consomment, pour leur plaisir ou pour leur survie. »
Une mobilisation collective © Greenpeace/ Pierre Gleizes
« L’ambiance entre les participants était très détendue, on discutait tous entre nous, il y avait pas mal de plaisanteries à faire (et qui ont été faites) sur notre nudité collective, sur les poses… Je pense que le fait d’être nus a, étrangement, rapproché les gens. On parlait tous beaucoup plus facilement que si nous avions été habillés », raconte une participante sur le site de Greenpeace en expliquant aussi que « Don’t move, don’t smile ! » (« Ne bougez pas, ne souriez pas ! ») étaient les principaux mots d’ordre de la journée durant les séances de pose orchestrées par Spencer Tunick.
Un tirage offert à chaque figurant © Greenpeace/ Pierre Gleizes
Capture d’écran de l’opération « Déshabillez-vous » mise en place sur le site de Greenpeace durant le mois de septembre. « Les figurants souhaitant participer à la manifestation pouvaient venir spontanément sur place ou s’inscrire au préalable sur le site de Greenpeace durant le mois de septembre. Sur les 1 700 inscrits, nous attendions entre 200 et 500 personnes », explique Romain Chabrol. Finalement les derniers comptages estiment entre 720 et 750 le nombre des volontaires qui auront la chance de se voir remettre chacun un tirage original d’une photographie réalisée par Spencer Tunick le samedi 3 octobre.
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