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| Malgré sa fonction de président de l'UEFA, Michel Platini n'a pas rangé sa langue dans sa poche. « Platoche » est resté tel qu'il était. |
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| Arsène Wenger est dans le collimateur de Michel Platini depuis 2006, quand il avait tenté de déstabiliser ce dernier alors qu'il briguait la présidence de l'UEFA. L'ancien Bleu est très rancunier… |
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« Je suis abasourdi par l'agressivité des mots de Michel Platini. »
Gentleman Arsène n'en est toujours pas revenu. Dans une interview accordée la semaine dernière au
Dauphiné libéré,
Michel Platini, omnipotent patron de l'UEFA, a sorti l'artillerie lourde. Sa cible ? Arsène Wenger, manager général d'Arsenal. Un « ami » de
trente ans. Un Alsacien tout en longueur, calme, posé, pondéré, retranché derrière ses costards de marque et dont les yeux expriment souvent ce que sa bouche a la sagesse de taire.
Depuis toujours, l'ancien capitaine et sélectionneur de l'équipe de France s'oppose farouchement à l'introduction de la vidéo dans le jeu, contrairement à l'ancien entraîneur de Monaco, qui plaide pour
cette technologie susceptible de limiter les erreurs d'arbitrage.
Platini le rancunier
Le lundi 22 septembre, donc, au cours de cet entretien choc réalisé à l'Alpe-d'Huez après l'inauguration du plus haut terrain synthétique (1860 mètres) agréé par la Fifa en Europe, Platini se lâche :
« Moi, je parle de foot, lui, de business. Il faut arrêter avec Wenger et tout ça. C'est tout pour ma gueule, c'est TPMG, Arsène ! La vidéo ? J'espère... je me ferai une joie que Wenger ne
la voie jamais. »
Et l'ancien Turinois de passer la deuxième couche en rappelant le récent exploit du club roumain, Cluj, qui a battu la Roma (2-1) sur son terrain en Ligue des champions :
« C'est ce qui fait la
beauté du football, c'est ce que ne veulent pas des Wenger, que les petits battent les grands, parce qu'ils veulent leur business. »
Une charge en règle, qui interpelle quand on sait que le président de
l'UEFA est soumis à un devoir de réserve. Platoche, roi des chambreurs dans les vestiaires, dans les couloirs des stades ou des studios de télévision, avait en fait un vieux compte à régler avec Wenger.
En septembre 2006, en pleine période d'élection à la présidence de l'UEFA, à laquelle Michel Platini était candidat, la tête pensante d'Arsenal s'était lui aussi laissé aller en tenant des propos
virulents contre Platini, toujours en raison de la vidéo. Le boss d'Arsenal avait jugé
« stupide »
de refuser le recours à cet arbitrage électronique.
« Dans certaines
situations, on ne peut jamais être sûr, comme pour décider s'il y a penalty ou pas. Il faut alors laisser la décision à un homme. Mais il y a d'autres cas où consulter la vidéo vous donne une idée certaine, et on continue de la
refuser. Ce n'est pas de l'entêtement, c'est de la stupidité. De manière générale, Platini est un homme très positif, pétri de talent. Mais, sur certains points, nous ne sommes pas d'accord, et il le
sait. »
Le problème, c'est que ces propos furent tenus par Wenger lors d'une visite de campagne à Londres du candidat Platini. Ce dernier n'a jamais oublié cette tentative de déstabilisation et a
longtemps ruminé sa « vengeance ».
Qui connaît le patron de l'UEFA sait à quel point l'homme peut être rancunier. Un homme capable de détourner la tête ou de rebrousser chemin en apercevant un journaliste qui aurait eu l'outrecuidance, vingt ans
plus tôt, de s'en prendre, à travers les quelques lignes d'un journal ou les simples mots d'un commentaire télévisé, à son image, son talent ou sa personnalité. Alors, être traité en public de personnage stupide par un
entraîneur qui n'a jamais évolué au plus haut niveau en tant que joueur, il n'en fallait pas plus à Michel Platini pour entrer à son tour dans la danse... des mots.
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