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La promesse
La tendance des prix des compacts, comme des reflex, est à la baisse. Aussi, lorsque Panasonic arrive tranquillement avec un LX3 positionné à 500 euros, on reste interdit et on se demande : est-ce de la prétention, de la
naïveté ou une confiance absolue dans son bébé ?
La réalité
C'est le genre de jouet que l'on sort de son emballage avec respect. Déjà le prix force l'attention, puis c'est au tour de l'aspect : loin des coques plastiques à 3 francs, le Lumix LX3 est un compact d'une finition
incroyable, qui fait passer un Ixus pour un appareil pour adolescent. Robe noire et design classique type années 1960, influence de l'ère Leica et de l'avènement des appareils discrets dans les courbes et dans leur finition, l'écran LCD
- magnifique - en plus. S'il ne sera pas prisé des amateurs de couleurs tendance et de design flashy, ceux qui se rêvent en Henri Cartier-Bresson apprécieront sans aucun doute.
La puissance du zoom sacrifiée sur l'autel de la qualité d'image

Pour nombre d'utilisateurs potentiels non rebutés par le prix, c'est LE sujet qui fâche la focale, très grand-angle, va de 24 à 60 mm. Un 24 mm, c'est fantastique, on y met plein de choses, c'est du grand-angle comme on
veut en avoir tous les jours. En revanche, 60 mm, c'est un zoom de petit joueur, nous direz-vous, la plupart des compacts grand public allant à 100 mm au moins.

C'est un fait, cela réduit le champ d'application de ce LX3. Et il faut bien l'admettre : pour certains utilisateurs, ce défaut sera rédhibitoire. Pas de zoom planqué à la terrasse des cafés, par d'effets de perspectives écrasées
comme sur un bon 200 mm, etc. Le LX3 est l'appareil du photographe de rue, des scènes de vie à la Doisneau ou celui de l'amateur de paysages.

Si on l'accepte, on peut commencer à apprécier les caractéristiques techniques et le rendu des images. Et la force de ce Lumix réside sans nul doute dans son couple optique-capteur - le processeur d'image est aussi de la
partie, on y reviendra -, sublimé par des ouvertures rares sur un compact. Et quelles ouvertures : f=2.0-2.8.
Une profondeur de champ digne d'un reflex

Si vous n'êtes pas photographe ou que cela ne signifie rien pour vous, sachez que plus le diaphragme d'un objectif ouvre grand, plus la valeur affichée est petite. L'échelle est inversée et logarithmique. De ce fait, un objectif qui ouvre
à 2, comme c'est ici le cas, récupère deux fois plus de lumière qu'un autre à 2.8, qui lui en récupère déjà deux fois plus qu'un objectif ouvrant à 4.

Sachant que la majorité des appareils d'entrée ou de milieu de gamme ouvrent à f=3,5, l'objectif de ce LX3 récupère environ 3,5 fois plus de lumière. Si le coût pour la puissance du zoom est douloureux, douce est la
compensation : le LX3 « shoote » dans des situations quasiment impossibles pour les compacts sans flash et offre un flou d'arrière-plan digne d'un petit reflex.

A f=2, les portraits prennent une tout autre dimension : l'arrière-plan est relégué à une dimension plus lointaine, le champ de netteté limité au visage du sujet et, de fait, l'attention de l'observateur est centrée sur le visage.
Sur un compact, c'est tout bonnement royal.
Je ne veux pas un bruit

Les possesseurs de LX2 adorent leur compact autant qu'ils le détestent. Avec un superbe rendu en conditions de luminosité idéales, ses performances fanent dès lors que le soleil se fait plus discret, voire offrent des résultats tout
bonnement affreux dans les ruelles peu éclairées.

Pas de nouveau processeur pour ce LX3, mais une nouvelle mouture du Venus Engine IV et un nouveau capteur, pour un rendu qui n'a plus rien à voir avec celui de son prédécesseur. Si en 3 200 et en 1 600 ISO, le grain
est bien trop présent pour de gros tirages, les images restent largement plus exploitables, mieux définies, avec des couleurs moins dénaturées, quoique virant au rouge orangé !

Et la qualité du bruit n'a plus rien à voir en 200-800 ISO (le 100 ISO ne posait pas de problème au LX2) : les performances décroissent de façon plus linéaire, un travail énorme a été fait sur le grain, même si, en
zoomant, on reconnaît la patte de Panasonic. Du bon boulot, messieurs les ingénieurs. En termes de qualité d'image, dans la catégorie des compacts, seul le DP1, l'ovni de Sigma, fait mieux. Mais il coûte beaucoup plus cher, est trois fois plus lent
et ne zoome même pas (focale fixe de 28 mm).
Mais où est mon amie (la) molette ?

Le LX3 étant positionné comme un compact pro, on se demande bien évidemment pourquoi Panasonic a préféré le joystick à la sacro-sainte molette, rapide et efficace. Demandez à un fan de reflex ce qu'il aime dans son appareil et il vous
répondra « la rapidité de réaction et les molettes ». Ici, on fait tout avec la croix directionnelle et le petit joystick, et, même si ça marche et que ce n'est pas très handicapant, une bonne molette aurait bien mieux
convenu.

Cette touche grand public se retrouve aussi dans le mode AI
(intelligence automatique),
qui règle tout, tout seul, des ISO au mode macro, en passant par le type de scène. Sur un compact qui se la joue
professionnel, c'est surprenant. Mais pas idiot, et il y a sans doute deux explications.

Premièrement, il ne vise pas que les pros mais aussi les plus fortunés qui veulent le « meilleur compact », deuxièmement, les pros sont parfois fainéants, et, s'ils veulent débrayer leur appareil, celui-ci
leur sert aussi à faire les photos de M. et Mme Toutlemonde. Ne soyons pas snobs.
Les modes pellicule, rendu personnalisé et RAW

Le Lumix LX3 simule des pellicules pour retrouver les rendus d'antan. C'est agréable, ça marche plutôt bien et ça permet de conférer instantanément un cachet à ses images sans passer par la case ordinateur. Mais - et c'est
encore mieux - ce LX3 est aussi capable de « shooter » en RAW, et en RAW + Jpeg, ce qui ne gâche rien, pour laisser à chaque photographe la possibilité de développer ses clichés numériques comme bon lui
semble.

Il faudra pour l'instant passer par le logiciel fourni avec l'appareil, ni Adobe Lightroom 2, ni Camera RAW, ni Capture One 4 ne pouvant éditer les fichiers RAW produits par le LX3, une situation qui ne devrait pas durer, les
éditeurs ayant assez rapidement intégré les profils du LX2 à leurs logiciels.
Le verdict
Il est difficile de mettre un logo « le choix de 01net. » à un appareil compact qui est à la fois cher et doté d'un zoom limité. Oui mais - car il y a un mais - ce qui compte, c'est tout
de même la qualité finale des photos. Et, à ce jeu-là, le LX3 grille toute la concurrence, tellement les images sont bonnes, bien piquées et détaillées.

S'il n'offre pas de zoom performant, d'une part, il offre des portraits ayant une faible profondeur de champ et, d'autre part, en tant qu'appareil photo de rue, il offre plus de plage focale que ce dont disposaient les grands de la photo.
Si l'on ajoute à cela qu'il est réactif, que sa qualité de fabrication est irréprochable ou qu'il gère le RAW, cela justifie amplement qu'on lui décerne la couronne du meilleur compact expert et qu'on le recommande chaudement aux amoureux de la
photo.

Voir la fiche technique.
Lumix LX3, de Panasonic
Prix conseillé :
499 euros
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