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Le point en détail avec
Emmanuel Delmas,
sommelier au Fouquet's, et Angélique de Lencquesaing, associée fondatrice du site de vente aux enchères
iDealwine.
1990 ***
« Il s'agit d'un millésime exceptionnel, avec beaucoup de profondeur »,
explique Emmanuel Delmas.
« C'est une année très réussie aussi bien
dans le bordelais qu'en Bourgogne ou en vallée du Rhône, à la différence de 1982, qui a donné des vins immenses à Bordeaux mais pas dans les autres régions »,
fait également observer Angélique de Lencquesaing. Les
vins arrivent aujourd'hui à leur apogée et doivent être bus sans tarder.
1991 à 1994 **
« Ces années sont intéressantes sans être exceptionnelles,
indique Emmanuel Delmas.
L'avantage est que les bordeaux sont prêts à être bus, à des prix qui ne sont pas exorbitants
pour des appellations pourtant prestigieuses. »
Angélique de Lencquesaing tient tout de même à mentionner une exception dans ces années plutôt difficiles :
« 1992 a apporté des résultats
exceptionnels en bourgognes blancs, mais ces bouteilles, arrivées à maturité, sont à boire dès maintenant. »
1995 **
« Personnellement, ce millésime bien structuré mais un peu dur et austère ne m'a jamais apporté satisfaction »,
commente le sommelier.
« Il arrive que les vins
élevés en fûts boudent un peu après leur mise en bouteille, et c'est ce qui s'est produit pour 1995,
fait observer Angélique de Lencquesaing.
Certains vins sont restés très fermés et n'ont pas encore
livré leur potentiel, même si tous les éléments sont réunis pour donner de très beaux résultats dans le bordelais, en Bourgogne et en vallée du Rhône. »
Il s'agit donc d'une année de garde à suivre de
près.
1996 **
« Un millésime plus facile et confortable »,
selon Emmanuel Delmas.
« A noter, de superbes bordeaux, qui arrivent maintenant à leur apogée, et des résultats
pouvant aussi être intéressants du côté des vins de Loire »,
souligne Angélique de Lencquesaing.
1997 *
« Rien d'exceptionnel mis à part pour les liquoreux de Bordeaux, avec de fabuleux sauternes à boire tout de suite »,
signale Angélique de Lencquesaing.
« Ce millésime est compliqué du fait des pluies survenues pendant la période de maturation du vin »,
explique également Emmanuel Delmas. A mentionner, cependant, quelques belles surprises du côté
des vins de Loire.
1998 **
« Il s'agit d'une bonne année dans le bordelais, avec des vins qui peuvent d'ores et déjà être bus. Du côté de la Bourgogne, en revanche, cela n'a rien donné de
grandiose »,
indique Angélique de Lencquesaing. Les résultats,
« plutôt satisfaisants »
selon Emmanuel Delmas, sont inégaux selon les régions, qui n'ont pas
toutes connu les mêmes conditions climatiques.
« En vallée du Rhône et en Languedoc, c'est un excellent millésime »,
tient à souligner Angélique de Lencquesaing. Comme les deux années
précédentes, l'année est également intéressante pour les vins de Loire.
1999 *
« Le bilan de cette année est comparable à celui de 1997 »,
explique Emmanuel Delmas.
« A Bordeaux, on a l'exemple type d'une année pas très
réussie en rouges, avec de bien meilleurs résultats en liquoreux »,
fait observer Angélique de Lencquesaing. Mis en part en 1990 et en 2005 - où liquoreux et bordeaux rouges étaient très réussis -,
on constate souvent des résultats inversés pour ces deux types de production. Sinon, les vins de 1999 sont à boire assez vite, avec de beaux résultats du côté de la Bourgogne et de la vallée du Rhône.
2000 ***
« Contrairement à 1999, le bilan est magnifique en rouge et moins positif du côté des liquoreux,
analyse Angélique de Lencquesaing.
L'année est également magnifique en vallée du
Rhône mais plus classique dans les autres régions. »
Hélas, les prix ont d'emblée été plus élevés que de coutume pour ces vins marquant l'entrée dans le deuxième millénaire. Résultat : aucune affaire à
espérer selon Emmanuel Delmas, qui décrit
« un beau millésime mais des vins surcotés en raison de l'effet 2000 ».
2001 **
« Une année classique en Bourgogne et dans le bordelais, avec de magnifiques liquoreux à mentionner »,
indique Angélique de Lencquesaing pour ces vins qui peuvent encore patienter cinq
ou dix ans. Emmanuel Delmas évoque quant à lui un
« millésime surprenant qui commence à bien s'ouvrir et à pouvoir se boire ».
2002 *
« Un petit millésime qui a eu du mal à exister »,
selon Emmanuel Delmas. Difficile pour Bordeaux et déplorable en vallée du Rhône, l'année 2002 a produit des vins dilués, mis à
part quelques belles surprises sur des domaines où les vignerons se sont montrés très sélectifs en ne gardant que les grains de raisin de qualité.
« Mais il s'agit d'une grande année en Bourgogne, avec des vins
très recherchés ayant un beau potentiel de garde : jusqu'à quinze ans pour certaines bouteilles »,
précise Angélique de Lencquesaing.
2003 **
« C'est un millésime caniculaire atypique, rond et charnu, pouvant manquer un peu de finesse »,
explique Emmanuel Delmas. Du fait de leur faible acidité, les vins ont pu évoluer
très vite et ce ne sont pas de grands vins de garde.
« C'est une belle année pour les bordeaux, avec des vins très concentrés en fruits qu'il ne faut pas boire urgemment mais dont le potentiel de garde risque
d'être limité »,
indique Angélique de Lencquesaing. Intéressante pour les sauternes et les bourgognes rouges, l'année serait moins positive pour les bourgognes blancs.
2004 **
Pas de sécheresse ni d'inondation ou de canicule.
« Aucun facteur climatique n'étant venu perturber les vignes, il s'agit d'une année très classique »,
explique
Angélique de Lencquesaing. Selon Emmanuel Delmas, l'année est particulièrement intéressante pour les grands terroirs.
« C'est un millésime de vigneron qui restitue bien le message du sol et qui donne de
jolis vins ayant plus de justesse et d'équilibre que ceux de 2003. »
2005 ***
Bordeaux rouges, bourgognes rouges et vins de Loire fabuleux. Très beaux résultats pour les liquoreux, les vins de la vallée du Rhône et les bourgognes blancs. Des conditions de maturation optimales.
« C'est une année idyllique, sans aucun raté, qui a bénéficié de récoltes très saines. Comme pour 1982, 1990 ou 2000, on parle de millésime du siècle ! »
explique Angélique
de Lencquesaing. Pas de miracle en revanche du côté des prix...
« S'agissant d'un des plus grands millésimes de ces dernières décennies, les prix ont rapidement augmenté, devenant prohibitifs pour les
plus grands vins. Plus de 1 000 euros la bouteille de château-margaux 2005 et environ 3 000 euros pour le pétrus »,
précise Emmanuel Delmas.
2006
Selon les deux experts, le manque de recul ne permet pas de se prononcer pour l'instant. Mais, comme l'explique Angélique de Lencquesaing, les bourgognes blancs laissent présager de très beaux vins. Organisée en
novembre 2006, la vente des Hospices de Beaunes, qui sert de référence dans le domaine des vins de Bourgogne, a en effet enregistré une envolée des prix du blanc, qui serait très prometteur.
2007
Difficile de juger pour l'instant. Pour Emmanuel Delmas,
« ce millésime s'annonce intéressant mais compliqué »
. En effet, les bordeaux ont subi des maladies de vigne qui
ont rendu la production particulièrement difficile.
2008
Le pronostic pourrait s'apparenter à celui de 2007, avec de nombreuses maladies de vigne à déplorer. Mais rien n'est joué pour l'instant, et il serait beaucoup trop prématuré de se prononcer.
Les « millésimes du siècle »
Sont considérés comme tels les millésimes qui présentent des résultats spectaculaires dans la majorité des régions françaises. Dans ce Panthéon des années d'exception, on trouve 1929, 1945, 1959, 1982, 1990 et 2000 pour le
XXe siècle, ainsi que 2005 pour le XXIe siècle.
*** : Millésimes exceptionnels dans toutes les régions françaises.

** : Millésimes de qualité en général, avec de très beaux résultats dans certaines régions.

* : Millésimes plus compliqués, avec des résultats pas toujours satisfaisants.
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. Consommez avec modération.
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