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| 52 000 kits de test salivaire seront distribués aux forces de police d’ici à la fin de l’année. |
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Les conducteurs fumeurs de cannabis sont sur la sellette. Policiers et gendarmes peuvent désormais effectuer des tests salivaires anti-drogue. Leur fonctionnement est simple : les forces de l'ordre placent quelques secondes un
bâtonnet dans la bouche du conducteur, avant de l'appliquer sur une bandelette contenant un réactif. Si quelques minutes après, une barre apparaît c'est que le conducteur est « propre ». Au contraire, l'absence de
coloration indique la présence dans l'organisme de cannabis, de cocaïne, d'héroïne, d'amphétamine ou encore d'ecstasy.
Certains spécialistes, notamment Patrick Mura, président de la Société française de toxicologie analytique et toxicologue au CHU de Poitiers, émettent des réserves quant à l'efficacité de ces tests, notamment pour le cannabis. En effet,
explique le médecin,
« les tests salivaires utilisés en France ne détectent la présence de cannabis que si la personne en a fumé dans l'heure précédent le contrôle ».
Lors de leurs tests, les policiers
risquent donc fortement de laisser passer des contrevenants. Pourtant, les effets du cannabis sur la conduite se font toujours ressentir
« de cinq à six heures après la prise »,
souligne le docteur
Patrick Mura.
Autre problème, celui-ci admis par le ministère de l'Intérieur, le test réagit à certains médicaments. Aussi, pour éviter toute erreur, les conducteurs signalés positifs à l'une des drogues devront se soumettre à une prise de sang, afin
de vérifier le résultat du test.
Toutefois, si les kits salivaires utilisés en France présentent des lacunes dans la détection du cannabis, pour les autres drogues, ils apparaissent
« suffisamment efficaces »
aux yeux du
toxicologue.
La drogue, l'autre fléau des routes
Comme l'alcool, la drogue provoque des drames sur la route. D'après l'étude scientifique « Stupéfiants et accidents mortels de la circulation routière » présentée par la Sécurité routière, le cannabis est à
l'origine de 230 décès par an, dont la moitié sont des jeunes de moins de 25 ans. La conduite sous l'emprise du cannabis double presque le risque de causer un accident mortel.
Difficultés d'évaluation des distances, diminution des réflexes, baisse de la vigilance... Les effets du cannabis sur le comportement au volant sont nombreux. Le docteur Mura parle également de
« difficultés
de concentration, rétrécissement du champ visuel, baisse de la capacité à voir de nuit et perte de mémoire à court terme ».
Pour mieux sanctionner les fumeurs de cannabis sur les routes, Patrick Mura aurait préféré que le ministère de l'Intérieur
« attende des tests plus performants ».
Reste que la démarche
initiée par la Place Beauvau permet de sensibiliser les Français à un problème de sécurité routière moins médiatisé que celui de l'alcool.
Des sanctions lourdes
Prendre le volant après avoir fait usage de drogue est fermement sanctionné. Un conducteur contrôlé positif à un test antidrogue risque jusqu'à deux ans de prison et une amende de 4 500 euros. Six points lui sont
également retirés de son permis de conduire.
Si en plus, le taux d'alcoolémie est supérieur au seuil autorisé, l'addition grimpe. Les peines montent à trois ans d'emprisonnement et 9 000 euros d'amende. Cette fois, le permis de conduire peut être suspendu
jusqu'à trois ans.
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