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PHOTOS
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| Le Blaireau en pleine action durant le Tour de France 1986. |
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| Bernard Hinault en 2003, accompagné de trois quintuples vainqueurs du Tour : le belge Eddy Merckx, l'américain Lance Armstrong et l'espagnol Miguel Indurain. |
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01men. : Pourquoi comptez-vous toujours autant dans le coeur du public ?

Bernard Hinault :
Probablement parce qu'aucun Français n'a gagné le Tour depuis 1985, et aussi parce que je reste impliqué dans le Tour.
Quel est votre rôle, en dehors de la remise de prix protocolaire ?

Je suis chargé des relations publiques. Tous les jours, j'ai à mes côtés deux personnalités avec qui je partage ma passion du cyclisme. Cela représente 76 jours par an et 120 jours si l'on compte les opérations
annexes.
Véritable patron sur le vélo, pourquoi avoir choisi de devenir éleveur et non pas directeur sportif au moment de votre retraite ?

Justement, aucun coureur n'aurait accepté de signer avec moi. Car si l'on était venu me voir en me disant « je veux gagner tant d'argent », j'aurais répondu « ok, eh bien
moi je veux tant de résultats ». Et si j'avais entendu « ah ça, non, je ne peux pas », eh bien j'aurais répondu « très bien, alors pourquoi est-ce que tu veux que je te donne de
l'argent ? »
Il vous aurait fallu une équipe composée de clones...

[Rire] Sinon, j'aurais proposé un salaire au mérite, avec une grille de prix en fonction des résultats, au prorata des efforts. Ainsi, j'aurais été certain de ne pas payer pour rien, parce que l'argent, il faut aller
le chercher, on ne le donne pas comme ça. Mais la question ne s'est jamais posée, puisque j'ai tout de suite eu un contrat de cinq ans avec Look et la Société du Tour.
Est-il vrai que vous détenez le record de la plus grosse « VO2 max » (consommation maximale d'oxygène) de l'histoire du cyclisme ?

On ne peut pas savoir, car à l'époque d'Anquetil et de Merckx le calcul de la VO2 n'existait pas. En revanche, deux jours après le Giro 1982, au CHU de Nantes, j'avais participé à des tests d'aptitudes physiques
avec le professeur Ginet, les premiers du genre. J'ai réalisé un score de 93, seuls deux skieurs de fond nordiques avaient fait mieux ce jour-là...
Est-ce que vous vous entraîniez plus que les autres ?

Non, du moment que j'arrivais à gagner. Le véritable plaisir, pour moi, c'est la course. Mais si j'avais dû affronter un coureur tel que Merckx, j'aurais essayé de trouver une solution pour le battre et,
fatalement, je me serais entraîné plus. Cela aurait poussé chacun dans ses derniers retranchements, car Eddy n'aurait pas aimé que l'on fasse jeu égal avec lui.
Est-ce le fait d'avoir couru à vos débuts sous la direction de Jean Stablinski qui vous a appris à vous surpasser mentalement et physiquement ?

Non, ça tu l'as en toi. Personne ne peut te dire d'aller plus loin. Quand tu es un coursier et que tu sais que tu peux aller au maximum de tes capacités, tu le fais. C'est l'envie de gagner qui te donne les
moyens de te dépasser et d'attaquer.
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>>> « Pas de pitié pour les adversaires »
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