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| Malgré sa défaite devant Roger Federer en demi-finale de Roland-Garros, Gaël Monfils a enfin retrouvé les faveurs du public français. |
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| Petit génie des courts ou joueur fantasque de deuxième zone, Gaël Monfils passe sans problème d'un extrême à l'autre ! |
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Gaël Monfils peut-il continuer, comme à Roland-Garros, à faire peur à tout le monde sur le circuit ? Bien sûr qu'il le peut. Il peut tout faire. On vient de le voir réaliser le meilleur, même si il vient d'abandonner à
Wimbledon suite à une micro décirure de l'épaule droite.
Il peut faire le pire, aussi, le pitre à deux sous, glisser éperdument et sans raison, déraper jusqu'à frôler la casse aux chevilles et aux genoux, taper des coups le plus fort (et le plus loin) possible ou ralentir le jeu
pendant des heures comme un horrible « crocodile ». Il peut s'enflammer à l'entraînement (genre tenter un tour sur lui-même avant de smasher comme on l'a vu faire à Monte Carlo) ou traîner sa misère
même si tout va bien.
Il peut horripiler Marat Safin :
« Vas tu arrêter de me faire perdre mon temps »,
éructait ce dernier à l'entraînement à Indian Wells face à un Français pas concerné. Ou rendre
fou de jalousie le même Russe, humilié pendant une autre session d'entraînement.
« Monfils, tu as tous les coups dans ta raquette, qu'est-ce que tu attends pour y arriver ! »
Il peut
se la jouer frimeur, débarquer pour son premier Roland-Garros revêtu d'un peignoir de boxeur... avant de se faire humilier par Guillermo Canas ; ou entrer sur le central de Bercy avec des tennis exagérément dorées... pour mieux
se faire sortir par Igor Andreev.
A la limite de la mythomanie
Tout en brillant dans l'ombre, seul, sans médias et sans public quand il s'agit d'aller gagner le tournoi de Sopot (Pologne) ou de se ressourcer à Pörtschach en Autriche. Il peut revenir d'une longue blessure
et battre Marat Safin à l'instinct à Cincinatti (Etats-unis) en 2006. Ou se préparer consciencieusement pour un jeu offensif, comme à l'hiver 2007, avant de perdre piteusement un match contre Mikhail Youzhny à Doha
(Qatar).
Il peut même larguer sa copine slovaque, Dominika Cibulkova, juste après avoir batifolé durant un double mixte à Roland Garros, et l'appeler pour se réconcilier le lendemain, comme si de rien n'était, avant de poser avec
elle pour
Paris Match.
Même ceux qui le connaissent bien ne sont pas toujours sûrs de ses réactions. Il était parfois tellement loufoque que l'on a même craint un temps pour sa stabilité mentale. Certains voyaient chez lui des signes récurrents de
mythomanie. Il était tout à la fois
« très attachant »
- le qualificatif le plus utilisé dès qu'il s'agit de parler de lui - et craint pour ses excès.
Ses séances pantagruéliques de basket - parfois trois heures d'affilée - inquiétaient ses entraîneurs, plutôt favorables à des plages de récupération. Ses délires de rappeur, s'ils avaient mis le
feu devant un parterre d'émirs lors du tournoi de Doha en 2006, avaient tendance à le cataloguer comme un oiseau de nuit vivant dangereusement. Ne dit-on pas qu'il s'est blessé l'automne dernier au poignet, sur une des
ces prises extrêmes de break dance ?
Le team Lagardère ferme les yeux
Demi-finaliste à Rome en 2006, déjà meilleur français à Roland-Garros l'an dernier (il était arrivé en huitièmes de finale), il pouvait ne plus rien faire de conséquent pendant des mois, victime de ses inconséquences ou de
quelques blessures. Dans l'expectative, le sélectionneur Guy Forget n'a appelé qu'une fois ce drôle de loustic comme remplaçant en Coupe Davis, guère convaincu par sa constance et/ou son esprit de groupe.
Ayant le sentiment d'avoir été lâché, Gaël Monfils a voulu un moment vivre son rêve américain en s'exilant, passant d'abord quelques jours dans le camp Bollettieri en Floride avant de se faire courtiser par un milliardaire
(Norman Canter, mécène de « Renaissance tennis ») qui voulait le faire venir aux Bahamas. Pendant ces quelques mois, il a usé trois entraîneurs (Pier Gauthier, Olivier Delaitre, Tarik Benhabilès), utilisant un
gestionnaire de biens comme... préparateur physique, comme perdu au milieu de ses rêves. Se sentant trahi, le Team Lagardère l'avait privé de bourse, avant de le reprendre cet hiver dans son giron depuis que Thierry Champion a retrouvé le
poulain qu'il avait lancé chez les professionnels.
Pour autant, les ennuis ne sont pas finis. Après les aspirations américaines, voici venu le temps du retour aux racines guadeloupéennes, avec la mainmise de plus en plus évidente de son père, Rufin Monfils, pas toujours politiquement
correct dans des propos qui en veulent à la terre entière. On a beaucoup gloussé aussi durant Roland-Garros avec l'arrivée dans sa garde rapprochée d'un étrange acupuncteur, Philippe Manicom. Placé devant le fait accompli, mais obligé
d'avaler quelques couleuvres pour ne pas perdre à nouveau l'un des plus grands espoirs du tennis français, le staff du Team Lagardère s'est contenté de quelques appels à la prudence face à tous les oiseaux de mauvais augure
tournant autour du butin.
Malgré bien des déboires, Gaël Monfils n'a jamais été au-delà de la 80e place mondiale, signe d'un potentiel incroyable, physique notamment. Le revoilà tout près du top 30. Alors peut-il aller plus haut ? Oui,
s'il se stabilise. Non, si ses démons le reprennent. Tout est possible.
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