France-Italie, vingt ans d'une rivalité au sommet
Hormis lors du Mondial 2006, les Bleus n'ont pas été vaincus par l'Italie depuis 1978 et devront éviter de l'être ce soir s'ils veulent atteindre les quarts de finale.
Face à son ancien coéquipier de la Juventus de Turin Gianluigi Buffon, Zinédine Zidane tente un geste fou lors de la finale de la Coupe du Monde de 2006, une ' panenka '. Insuffisant toutefois
pour rapporter la coupe à la maison.
Si le souvenir de France-Allemagne 1982 est forcément dans tous les esprits, même des plus jeunes qui n'ont pas vu le match en direct à l'époque, les deux dernières décennies ont vu l'Italie prendre la place de meilleur ennemi des
Bleus. Les deux pays ont eu leur lot de joies et de déceptions. A tour de rôle, Transalpins et Tricolores mettent le feu à la planète football.
Coupe du monde 1986 : le règne français peut commencer
Tenante du titre, l'Italie s'incline dès les huitièmes de finale du Mondial mexicain ; la faute en revient à une génération dorée championne d'Europe deux ans plus tôt. Michel Platini, qui évolue alors à la Juventus de Turin,
ouvre le score au quart d'heure de jeu, avant que Yannick Stopyra double la mise peu après la mi-temps. Les Bleus n'avaient plus battu la Squadra Azzura en compétition officielle depuis les Jeux olympiques de 1920 !
Coupe du monde 1998 : une tension extrême
Après un parcours solide en poule et des huitièmes de finale compliqués, Français et Italiens se retrouvent en quart de finale de la Coupe du Monde en France. Contrairement à ce qui passait dans les années 1980, le footballeur français
s'exporte très bien depuis plusieurs saisons, au point qu'une bonne demi-douzaine d'internationaux tricolores évoluent en Serie A (Zidane, Djorkaeff, Thuram, Desailly, Deschamps...). Au-delà de l'enjeu, hors de question pour tous ces
joueurs de retourner dans leurs clubs respectifs battus par la Squadra. Entre motivation et crispation, le match se montre très fermé. Les occasions sont rares, et la séance de tirs au but se charge de désigner un vainqueur.
Bixente Lizarazu manque sa tentative, mais Fabien Barthez ramène les siens dans la foulée en stoppant la frappe de Demetrio Albertini. Quand vient le tour de Luigi Di Biagio, Vincent Candela, son coéquipier à
l'AS Roma, annonce quelques secondes plus tôt à la caméra des Yeux dans les Bleus : ' Regarde la mine qu'il va mettre, il va tirer au-dessus ! ' Bingo ! le
ballon s'écrase violemment sur la barre. Les Bleus sont en demi-finales, avec le résultat final que l'on connaît. Les Français expatriés dans le Calcio pourront chambrer leurs coéquipiers pendant quatre longues années. Et ça, ça n'a pas de
prix.
Euro 2000 : la France au paradis
A vrai dire, la chambrette bénéficie d'une (grosse) piqûre de rappel deux ans plus tard au Championnat d'Europe. Les deux nations fortes du football européen se retrouvent en finale de la plus grande compétition continentale. L'Italie
croit tenir sa revanche quand Marco Delvecchio ouvre le score à la 55e minute. A quelques secondes du coup de sifflet final, remplaçants et membres du staff sont prêts à envahir la pelouse pour célébrer le triomphe.
Mais Sylvain Wiltord décide alors de gâcher la fête. La France égalise à la toute dernière seconde. Le ciel vient de tomber sur la tête des Transalpins, qui ne s'en remettront pas et doivent reboucher les bouteilles de champagne.
Durant les prolongations, David Trezeguet, qui vient alors de signer à la Juventus, ne se fait pas que des amis en inscrivant le but de la victoire dans la foulée d'une improbable demi-volée du gauche. Le Franco-Argentin devient le pire
cauchemar des supporters italiens. Un souvenir impérissable pour ceux-ci, qui ont toujours du mal à s'en remettre.
Coupe du monde 2006 : l'Italie tient sa revanche
Tirs au but, but en or. Le vent devait fatalement tourner un jour ou l'autre. Pas de chance pour les Bleus, le scénario s'inverse au plus mauvais moment, en finale de Coupe du Monde. Le penalty de Zidane, l'égalisation de Materazzi,
l'altercation des deux hommes lors des prolongations. Le scénario complètement fou de cette finale prend fin lors des tirs au but. Une séance pendant laquelle un seul Tricolore rate sa tentative : David Trezeguet. Héros de tout un peuple
six ans plus tôt et cauchemar absolu des Transalpins, l'attaquant turinois est cette fois montré du doigt.
L'Italie prend enfin sa revanche sur les Bleus et retrouve le sommet de la hiérarchie mondiale, 24 ans après son triomphe en Espagne.
Qualifications pour l'Euro 2008 : un brin de polémique
Français et Italiens ne se quittent plus. Leur confrontation est déjà un classique du XXIe siècle. Quelques semaines à peine après la finale de la Coupe du Monde, les deux équipes se retrouvent au Stade de France pour entamer leur
parcours de qualification pour l'Euro 2008. Materazzi est suspendu, mais les Bleus sont motivés pour laver ?" en partie ?" l'affront. Une tâche brillamment accomplie face à des joueurs qui n'ont pas encore repris la compétition
et qui restent limités physiquement.
Le match retour, en revanche, est l'occasion pour Raymond Domenech d'attiser quelques braises. Quelques jours avant la rencontre, le sélectionneur tricolore évoque en effet les ' souvenirs d'un France-Italie
espoirs avec un arbitre acheté '. Conséquence ? Un Domenech suspendu et une Marseillaise sifflée par le public du stade de San Siro.
Gennaro Gattuso, grand poète des terrains, ne tardera pas à répondre au sélectionneur français : ' Quand nous avions perdu en finale de l'Euro 2000 face à la France, nous n'avions pas fait toute cette
polémique. C'est vrai que nous sommes habitués à l'avoir mauvaise après les défaites, mais les Français ont donné dans la surenchère après Berlin. Sur ce terrain, je trouve mes compatriotes moins rancuniers. Aussi allons-nous tenter de donner le
change à la loyale et de nous imposer. ' Au final, un nouveau match extrêmement fermé et un 0-0 aussi peu spectaculaire qu'inévitable qui enverra les deux équipes vers la phase finale de l'Euro 2008.
Euro 2008
Annoncé comme la finale du groupe C, le France-Italie de ce soir a pris une tournure bien différente. Sévèrement battues par les Pays-Bas et très décevantes contre la Roumanie, les deux équipes ne sont plus du tout à la hauteur de leurs
statuts de champion et de vice-champion du monde. Pire, Français et Italiens pourraient tous passer à la trappe si la Roumanie venait à battre les Néerlandais. ' Il y a une mise à mort, et là c'est la première fois que
le taureau et le toréador peuvent mourir ensemble ', déclare ainsi Raymond Domenech, beaucoup moins polémique aujourd'hui que l'été dernier, mais toujours aussi peu avare de bons mots.
Avec la victoire comme seule option pour les deux pays, la rencontre s'annonce beaucoup plus spectaculaire que les confrontations précédentes, trop souvent pauvres en occasions. En espérant que les Pays-Bas, même avec une équipe B,
joueront le jeu. Sans quoi cette ' finale ' ne sera qu'un étalage de stars déchues qui pourront partir en vacances dès ce soir.
La rivalité franco-italienne mise en scène avec humour par Franck Ribéry et Luca Toni, coéquipiers au Bayern de Munich.
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