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Exténué par une vie trépidante, vous avez décidé de partir vous retirer dix jours au bout du monde. Vous êtes impatient de plonger dans la volupté de l'oisiveté. Oui mais... patatras ! A peine arrivé d'un voyage
harassant en avion, vous voici en lutte avec un nouvel épuisement, autrement plus persistant et plus pénible que celui pour lequel vous étiez parti.
Problèmes de digestion, insomnies, difficultés à trouver le sommeil, puis à rester endormi, somnolence diurne, incapacité à vous concentrer... Cet état de lassitude généralisée vous empêche de profiter pleinement de votre séjour.
Pas de quoi vous alarmer cependant. Le mal être dont vous souffrez est une conséquence, tout à fait normale, du décalage horaire - connu également sous son nom anglais
« jet
lag » -
qui survient dès lors que l'organisme est soumis à un déplacement rapide entre deux fuseaux éloignés.
Dérèglement de l'horloge interne
Habituellement, notre horloge interne - responsable du rythme veille/sommeil - se cale sur une période de rotation de la Terre sur elle-même : les 24 heures qui définissent aussi les 24 fuseaux
horaires divisant le globe. Lors de vols long-courriers, le fait de franchir plusieurs fuseaux horaires (un phénomène qui consiste à « sauter » brutalement plusieurs heures d'une nuit ou d'une journée)
provoque une désynchronisation de cette horloge biologique.
« Dès que l'on franchit plus de quatre fuseaux horaires, le corps a besoin d'un temps d'adaptation,
explique le docteur Thevenot, médecin chef au Centre médical des entreprises
travaillant à l'extérieur (CMETE).
Le décalage horaire vient perturber les mécanismes physiologiques qui font que notre rythme respiratoire et cardiaque varie en fonction du jour et de la nuit. Cela modifie également les sécrétions
hormonales responsables de la digestion ainsi que des sensations de faim ou de satiété. »
Selon les individus, les effets de ces dérèglements se font plus ou moins sentir. Avec l'âge, le temps de récupération a
tendance à s'allonger.
Voyages vers l'est moins bien tolérés
Les symptômes liés au décalage horaire sont accrus lorsque l'on voyage d'ouest en est. En effet, comme l'explique Isabelle Arnulf, chef de l'unité des pathologies du sommeil à l'hôpital Pitié-Salpêtrière,
l'horloge interne est réglée naturellement sur 25 heures et non pas 24 et se décale donc plus facilement dans le sens des aiguilles d'une montre.
Des expériences scientifiques menées dès les années 1970 montrent que, lorsqu'il est privé de lumière pendant plusieurs jours, un individu décale naturellement et inconsciemment l'heure de son coucher d'une heure par jour en
s'endormant de plus en plus tard. Il est donc plus facile de s'adapter à un allongement de la journée que l'inverse.
« Il faudra, par exemple, six jours pour se remettre complètement d'un voyage Paris-New York et deux jours supplémentaires dans le cas d'un retour
New York-Paris »,
illustre le Dr Thevenot.
Lire également notre dossier
sur la dette de sommeil en France.
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