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PHOTOS
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| George A. Romero a tourné Diary of the Dead en seulement 23 jours. |
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| Le réalisateur a fêté cette année ses 68 ans. |
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| Les comédiens Shawn Roberts, Michelle Morgan et Joshua Close. |
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| C'est le cinquième volet de la saga sur les zombies de Romero, débutée en 1968 avec La Nuit des morts vivants. |
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| Dans ce long métrage, des étudiants en cinéma veulent tourner unfilm d'horreur à petit budget. |
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| Mais ils se retrouvent confrontés à de vrais zombies. |
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01men. : Pouvez-vous nous expliquer comment est née l'idée de ce film (titre original : Diary of the Dead) ?

George Romero :
Que se passe-t-il si je vous dis non ?
(rires)
Mais oui bien sûr... j'ai fait un film il y a quelques années qui s'appelait
Le territoire des
morts.
C'était mon quatrième film de zombies. Je l'aime bien et j'étais vraiment satisfait du résultat. Je sais que certains de mes fans ne l'étaient pas, mais lorsque je le regarde, je me dis que c'est
vraiment un grand film. A partir de là je ne savais plus vraiment ce que je pourrais imaginer d'autre.
Mais à cette époque, pendant le tournage, j'ai eu l'idée de tirer profit des nouvelles formes de médias. Je me disais que cela pourrait être une façon de revenir aux sources en faisant quelque chose de simple et pas cher.
Une manière aussi de voir si j'avais encore l'endurance et « les crocs » à mon âge pour faire un petit film ambiance
guerilla
comme je le faisais à mes débuts.

C'est dans cet esprit que l'idée de ce nouveau film m'est venue, celle d'utiliser des films d'étudiants, qui dans le cadre d'un projet pour leur école, filment et font un reportage sur des zombies
qui envahissent leur région. Je voulais faire quelque chose en caméra subjective. Et tout cela s'est passé avant que j'apprenne que d'autres travaillaient sur des projets similaires comme celui de Brian de Palma ou le film
Cloverfield,
par exemple. Je pensais que nous allions être les premiers à sortir ce genre de film.
Etait-ce difficile d'intégrer à l'histoire le fait qu'ils continuent de filmer ce qu'ils voient et ce qui leur arrive ?

La difficulté a moins été d'intégrer cela en construisant l'histoire, que de l'intégrer au tournage lui-même. Les gens pensaient qu'il suffisait d'allumer la caméra et de filmer, mais cela a été
l'enfer. Filmer à 360 degrés implique que tout soit précisément chorégraphié, jusqu'aux lacets de chaussures. C'est cela qui a été difficile. Le directeur de la photo a fait un super travail en donnant l'illusion que
ces images sont prises sur le vif, mais ce n'est pas le cas du tout. Cela demande une plus grande discipline que les autres scènes du film et que tout ce que j'avais pu faire auparavant.
Pourquoi n'avez-vous pas laissé les acteurs filmer eux-mêmes ?

Et bien d'abord parce qu'ils ne filment pas aussi bien que ça
(rires).
Non en fait, je ne voulais pas faire comme dans
Blair Witch
parce que c'est un film un peu étourdissant
pour moi et je trouve qu'il n'a pas beaucoup de sens alors je voulais donner un peu plus d'explications. Je voulais aussi qu'il y a ait plus d'éléments traditionnels et plus d'éléments
« gothiques », ce qui nécessite une vraie construction et une vraie mise en scène.
On vous associe maintenant aux films de zombies. C'est quelque chose qui vous plaît ou qui vous hante ?

C'est quelque chose qui me hante. J'aimerais avoir la possibilité de faire d'autres types de films et d'être pris au sérieux mais en général ce n'est pas le cas. Si j'arrivais avec une petite
comédie romantique tout le monde se demanderait pourquoi... C'est un peu frustrant car je n'ai pas grandi en me disant que j'allais être réalisateur de films d'horreur plus tard. Je voulais être réalisateur, mais je
crois que j'ai une palette plus large que celle là. Au début j'ai essayé de faire des films sans genre particulier mais ils n'ont probablement pas été vus par plus de neuf personnes. Je n'ai donc pas la crédibilité nécessaire.

C'est un peu frustrant, mais d'un autre côté j'ai quand même eu la possibilité dans le genre fantastique et l'horreur d'exprimer les choses que je voulais dire, parler un peu de la société ou
caricaturer certaines choses et c'était très bien. Beaucoup de personnes n'ont pas accès à ce moyen d'expression. En plaisantant je dis parfois que je suis le Michael Moore de l'horreur, et c'est merveilleux
d'avoir cette possibilité. C'est ma niche, je peux y aller et faire ce que je veux.
Est-ce difficile de trouver l'équilibre entre la critique sociale et le zombie qui tue tout ce qui bouge ?

Je ne trouve pas cela difficile, il faut juste s'y mettre. Dans la plupart de ces films l'idée de départ vient du monde qui nous entoure. Alors, une fois que vous savez que vous allez faire un film sur tel ou tel sujet, il ne
reste plus qu'à y ajouter des zombies. Lorsque je vais dans des conventions ou des universités pour parler à de jeunes réalisateurs, je constate que beaucoup d'entre eux font des films de zombies. Je pense que c'est parce que
les gens pensent qu'il est facile de demander aux voisins de venir et de les barbouiller de ketchup. Vous n'avez pas besoin de beaucoup de choses. Moi, je pense qu'il faut aller un peu plus en profondeur que cela. Je leur dis
toujours
« Trouvez une idée ! Trouvez une idée et oubliez l'histoire ».
Avez-vous déjà envisagé de refaire des comics ?

Eh bien c'est vrai que j'aimerais beaucoup écrire un nouveau
comics.
Mais ce que j'aimerais surtout c'est réaliser un film à partir de celui que j'ai déjà écrit, mais il serait trop
complexe à monter. Il y aurait des villes dévastées et un homme avec un éléphant domestique. Pas vraiment le genre de choses qui sont simples à réaliser.
Dans ce film, personne n'utilise jamais le mot zombie...

Non, car ils ne savent pas qu'ils sont des zombies.
Vous dites très souvent que les zombies sont juste un contexte et non pas la métaphore de quelque chose de particulier...

J'ai passé un marché avec les zombies
(rires)
et je me moque de ce qu'ils sont. Je me moque d'où ils viennent. Ils pourraient être n'importe quelle catastrophe, un tremblement de terre
ou un ouragan. Les zombies ne représentent rien de particulier pour moi, si ce n'est un désastre général devant lequel les gens ne savent pas quoi faire. Et mes histoires parlent de la manière dont les gens arrivent à y répondre ou non. Il y
a un changement majeur quelque part et un homme se lève et dit
« Attendez un peu ! Je suis un humain ».
© Planet Syndication
Voir la bande-annonce de Diary of the Dead :
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