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PHOTOS
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| Depuis 1999, Bernard Arnault et son groupe de luxe LVMH sont actionnaires majoritaires de Château Yquem. |
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| Dans les caves du Château Montrose, acheté en 2006 par les frères Martin et Olivier Bouygues. |
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| En 1993, Alain-Dominique Perrin déguste le raisin de son vignoble de Cahors avec sa femme... en toute spontanéïté. |
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| En 1998, Daniel et Florence Cathiard étaient apparemment très heureux de leur nouvelle vie au Château Smith-Haut-Lafitte. |
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| Bernard Arnault et Albert Frère ont laissé l'administration du Château Cheval Blanc à Pierre Lurton. Depuis 2004, il est aussi PDG du Château d'Yquem. |
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Depuis l'arrivée des Rothschild à Pauillac en 1933, on connaissait le goût certain des grandes fortunes pour les vignobles. Moins d'un siècle plus tard, l'engouement des industriels et des financiers pour cet investissement foncier
prestigieux ne se dément pas. Pour certains patrons du CAC 40, investir dans la vigne est même devenu un placement comme un autre !
Un placement très juteux
En avril 2006, les frères Martin et Olivier Bouygues achetaient ainsi
« à titre personnel »
le Château Montrose (second cru classé du Médoc), appelé parfois Latour de Saint-Estèphe.
Un mois plus tard, c'est le Château Guiraud (premier cru classé de Sauternes) qui passait entre les mains de FFP, la holding de la famille Peugeot.
En 1993, c'est la même stratégie de diversification qui avait conduit Artémis, la holding familiale de François Pinault, à acquérir en direct le château Latour (premier cru de Pauillac) pour quelque 750 millions de francs
(114 millions d'euros). Ou le groupe Suez à investir dans le domaine Lafaurie-Peyraguet (Sauternes). Le milliardaire Vincent Bolloré a, quant à lui, jeté son dévolu dès 2001 sur les AOC Côtes de Provence, avec les domaines de la Bastide blanche
et de la Croix sur la commune de La Croix Valmer dans le Var.
Comme en affaires, alliances et mauvais coups sont aussi de mise quand il est question de bonnes bouteilles ! On se souvient de la longue bataille juridique qui avait permis au PDG de LVMH, Bernard Arnault, de devenir actionnaire
majoritaire de Château d'Yquem entre 1996 et 1999. En 1998, le même Bernard Arnault s'est associé à l'homme d'affaires belge Albert Frère pour rafler le prestigieux domaine du Cheval blanc (premier grand cru classé A de Saint-Emilion) pour plus de
131 millions d'euros. Mais à ce prix-là, pas question de se salir les mains dans la terre ou de passer ses journées dans les chais ! Tous ces vignobles sont placés entre les mains expertes des oenologues et viticulteurs les plus
prestigieux. Charge à eux de maintenir la qualité des vins... et leur rentabilité !
Le vin, une affaire de famille
Pour les fortunés amateurs de bons vins, en revanche, investir dans la vigne peut aussi devenir une affaire plus personnelle. Depuis septembre 2006, Renaud Momméja, héritier de la famille Hermès, gère par ainsi lui-même le château
Fourcas-Hosten (cru bourgeois supérieur de Listrac) qu'il a racheté avec son frère Laurent. Alain-Dominique Perrin, l'ex-PDG de Cartier et actuel président du groupe de luxe Richemont, cultive pour sa part une « passion »
pour la vigne dans sa propriété du château Lagrézette, à Cahors.
Et comme en affaires, la viticulture peut alors se transformer en une véritable affaire de famille. Depuis 1994, c'est ainsi Laurent Dassault, président de Dassault Investissement, qui gère le Château Dassault (ex-château Couperie,
élevé en 1969 au rang de grand cru classé) acquis par son grand-père Marcel Dassault en 1955, ainsi que le Château la Violette (grand cru classé de Saint-Emilion) acquis en 2002.
Dans la famille de Jean-Claude Béton, l'inventeur d'Orangina, c'est Françoise qui vient de prendre personnellement les rênes du Château Grand Ormeau, acheté par son père en 1988 à Lalande Pomerol. Chez les Bic, c'est aussi la fille,
Pauline, et son mari Philippe Chandon-Moët qui gèrent aujourd'hui à temps plein le château de Ferrand (un Saint-Emilion grand cru) acheté en 1978 par le baron Bich, fondateur de la célèbre marque de stylos à bille.
Le président des Girondins de Bordeaux, Jean-Louis Triaud, et sa femme Françoise gèrent eux aussi en famille le château Gloria, propriété de longue date de Jean-Louis Triaud, et le château Saint-Pierre (quatrième cru classé de
Saint-Julien), hérité en 1982 de son beau-père Henri Martin.
Une véritable reconversion
Pour les patrons les plus passionnés, un innocent investissement viticole peut alors rapidement précipiter une reconversion professionnelle. Pour Yves Rousset-Rouard, fini l'époque
d'Emmanuelle ou des
Bronzés !
Depuis la fin des années 1980, le producteur de cinéma s'occupe exclusivement du domaine de la Citadelle (appellation Côtes du Luberon), avec son fils Alexis. Pour l'ancien propriétaire d'hypermarchés Continent et
Champion, Gérard Perse, le rachat en 1993 du Château Monbousquet (grand cru classé de Saint-Emilion depuis 2006) a aussi marqué le début d'une nouvelle carrière de grand propriétaire viticole, avec notamment les acquisitions des châteaux de Pavie
Decesse et de Pavie à Saint-Emilion en 1997 et 1998.
Catherine Péré-Vergé, la fille de Jacques Durand, le fondateur d'Arc International (ex-Cristallerie d'Arques), a quant à elle cédé toutes ses parts dans l'entreprise familiale à son frère pour se consacrer totalement à la viticulture.
Lancé en 1986 avec le rachat du Château Montviel à Pomerol, son domaine compte aujourd'hui le Château La Gravière à Lalande-de-Pomerol, le Château Le Gay (acquis en 2002) ; le Château La Violette (septembre 2006), mais aussi les vignobles
argentins de Lindaflor et du Clos de Los Siete, détenu collectivement avec les familles Dassault, Rothschild, Bonie, Dourthe et Cuvelie.
Dans la série des reconversions réussies, on remarque aussi le parcours atypique de l'ex-champion de ski et PDG de Go Sport, Daniel Cathiard. En 1998, il a quitté son entreprise pour acheter le Château Smith-Haut-Lafitte
(Pessac-Léognan). Même changement de cap pour Paul Dubrule : depuis 1973, l'ancien fondateur d'Accor s'est pris au jeu viticole après avoir acquis une bergerie entourée de vignes dans le Lubéron et exploite seul le domaine de la Cavale depuis
la fin des années 1990. Depuis 1999, Olivier Decelle, le directeur-fondateur de Picard, a lui aussi changé de vie pour développer l'un des plus vastes domaines du Languedoc-Roussillon, le Mas Amiel. Après avoir acquis des crus en Médoc, à Fronsac,
il s'est lancé un nouveau défi en 2004 en achetant le château Jean-Faure, à quelques encablures du Cheval-Blanc... et de biens d'autres anciens collègues PDG !
Lire notre dossier :
Investir dans la vigne : un peu, beaucoup, à la folie
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