Chaque année au mois de juin, plus de 400 millions de téléspectateurs à travers le monde stoppent leur activité durant toute une journée. Suivre les « 24 Heures », c'est tout simplement assister à une
course d'endurance de légende.
PHOTOS
Pas de mystère. Peugeot et Audi seront les deux animateurs de la course.
La belle et la bête réunis dans cette superbe évolution de la Peugeot 908 V12 HDI.
Des célébrités du volant comme le champion du monde des rallyes, Sébastien Loeb, se sont essayés aux « 24 Heures », ici avec le team Pescarolo en 2005
Changement de pilote précipité dans le clan Audi l'année dernière.
Puissante et racée, l'Aston Martin DBR 9 (ici en 2006) livrera bataille dans la catégorie GT1.
« Bienvenue à la plus grande course automobile du monde ».
Depuis 1923, quelque chose de magique tourne en effet autour du Mans et de la Sarthe. Partout en dehors de nos frontières, il
suffit simplement de prononcer le nom « Le Mans » pour s'en convaincre. Dès lors, le visage de votre interlocuteur s'illumine et ses pensées vagabondent aussitôt vers ce coin de France situé à une petite heure au sud-ouest
de Paris.
Le must du sport automobile
Les organisateurs n'hésitent pas à affirmer :
« la légende s'écrit sous vos yeux ».
Pas moins que cela. En 76 éditions, de 1923 à nos jours, les
«24 Heures » ont ainsi suscité la convoitise des plus grandes marques (Porsche, Ferrari, Bugatti, Bentley, Renault, Peugeot, Toyota, Alfa Roméo ou encore Audi...). Bref, la crème du sport automobile en action.
Côté pilotes, toute l'aristocratie automobile est venue livrer bataille au Mans. Fangio, Hill, Ickx, Pescarolo, Piquet, Pironi, Laffite, Arnoux et autres Schumacher ont, avec plus ou moins de bonheur, participé à cette course hors
norme. D'ailleurs, la plupart des jeunes retraités de la Formule 1 viennent enfiler les gants et se mesurer à l'élite des pilotes d'endurance. Ainsi cette année chez Peugeot le « team pilote » peut faire pâlir de
jalousie n'importe quelle écurie de F1. La marque au Lion aligne Christian Klien, Franck Montagny, Jacques Villeneuve, Ricardo Zonta, Marc Géné et Alexander Wurtz. Ce qui correspond pour tous ces pilotes à un cumul de 393 Grand Prix ! Qui dit
mieux ?
En face, chez le géant allemand Audi, Tom Kristensen, (« Monsieur Le Mans » avec sept victoires au compteur) prendra le volant de l'Audi R10 TDI. On n'oubliera pas le français Olivier Panis (encore un vainqueur
de Grand Prix de F1) qui défendra les couleurs de Courage-Oreca et essayera de voler la vedette aux deux grands.
Seuls David Hallyday et Luc Alphand auront, quels que soient leurs résultats, l'oeil attentionné des caméras.
La guerre du diesel
Cette année encore, Peugeot et Audi n'ont pas l'intention de laisser briller les « petits » constructeurs. Tout se jouera entre ces deux géants de l'automobile. Les armes ? L'Audi R10 équipée d'un V12 TDI
et la Peugeot 908 propulsée par V12 HDI. Deux moteurs diesel qui
trustent
les premières places ? Considéré comme une hérésie il y a encore quelques années, concourir avec un moteur diesel pour Peugeot et Audi est
avant tout une histoire de marketing et de publicité. Aussi, le savoir faire et le budget des deux constructeurs est tel qu'aucun concurrent ne peut venir rivaliser. Seuls Oreca et l'infatigable team Pescarolo peuvent normalement espérer une marche
de podium.
Si les « 24 Heures » demeurent aujourd'hui la plus grande course d'endurance au monde, c'est parce que l'épreuve a su conserver, d'année en année, une émotion que l'on ne retrouve nulle part ailleurs, mais
aussi parce qu'elle bénéficie d'une médiatisation universelle. 2 400 journalistes accrédités seront présents cette année. Les télévisions de plus de 160 pays retransmettent les images de la course, ce qui représente un peu plus de
1 600 heures de couverture internationale en direct. Alors, forcément, quand 400 millions de téléspectateurs à travers le monde sont collés devant leur petit écran, on se dit que la magie du Mans a encore opérée.
Mais cet enthousiasme pour les « 24 Heures » n'est pas uniquement présent sur la piste ou dans les cars régie, il diffuse immuablement dans les campings et villages environnants pour culminer au sein de la
grande kermesse traditionnelle encerclant le circuit. Tout commence le lundi lors des premiers essais pour se terminer le... dimanche soir. Ce sont plus de 250 000 spectateurs amateurs de belles mécaniques qui s'entassent peu à peu
autours des 13,6 km de piste. Tradition oblige, quand les Britanniques et Allemands arrivent en masse, le carburant est à base de houblon et les rillettes disparaissent au profit des canettes. Mais l'ambiance demeure bon enfant et le spectacle
éblouissant. La nuit, voir passer des bolides pleins phares à plus de 320 km/h est une vision que vous n'êtes pas prêt d'oublier.
Genèse d'une légende
Deux petits tours d'horloge pour un sprint-marathon autour d'un circuit de 13,6 km auront suffi à créer la légende. Une légende qui s'est dessinée autour du rêve précis d'un homme, Amédée Bollée qui, dès 1875, réussit
l'incroyable performance d'accomplir le trajet Le Mans-Paris aux commandes d'une voiture à chevaux... vapeur, baptisée « 24 Heures du Mans » mise sur roues par l'Automobile-Club de la Sarthe, futur Automobile-Club
de l'Ouest.
48 ans plus tard en 1923, André Lagache et René Léonard se distingueront en remportant les premières « 24 Heures » à la vitesse moyenne prodigieuse de... 92,064 km/h !
Quatre catégories en course
Deux tours d'horloge pied au plancher, c'est valable pour les 55 bolides engagés aux « 24 Heures » cette année. Pourtant, quatre grandes catégories se côtoient et essayent de s'éviter.
1) LMP1 : c'est la catégorie reine des « Le Mans Prototypes » avec Peugeot, Audi, Pescarolo, Oreca ou encore Dome. C'est celle qui suscite toutes les convoitises, tous les commentaires...
2) LMP2 : Toujours en prototypes, les LMP2 sont des voitures réalisées par des « artisans ». Elles ne peuvent logiquement rivaliser avec les LMP1.
3) LMGT1 : ce sont les « Le Mans Grand Tourisme 1 », des voitures produites pour rouler sur routes et aménagées ensuite pour la course. Les Aston Martin DBR9 auront pour principaux concurrents les
Corvette C6R.
4) LMGT2 : Pas moins de huit Ferrari F430 GT affronteront trois Porsche 911 GT3 RSR.