Le Red Bull s'apprête à faire des ' ravages ' en France
Interdit à la vente depuis plus de dix ans, le Red Bull à base de taurine vient d'obtenir son droit d'entrée sur le marché français. Mais sa prétendue innocuité sur la santé ne fait pas l'unanimité. Bien au contraire !
Le Red Bull français : avec ou sans taurine ?
Le bannissement du Red Bull sur le territoire portait en particulier sur l'adjonction ?" à fortes doses ?" de deux composants interdits en France : la taurine (un dérivé d'acide aminé qui participerait à la régulation du stress dans le corps) et le D-glucurolactone (une sorte de sucre concentré qui possèderait un effet désintoxiquant et augmenterait l'endurance).
Pour contourner ce problème sans attendre une nouvelle décision de justice, la société Red Bull a décidé le 1er avril 2008 de lancer une formule française précédemment commercialisée sous la marque Bullit et contenant de l'arginine (un acide aminé également reconnu pour ses propriétés fonctionnelles) à la place des deux substances contestées.
Actuellement en vente, cette boisson devrait cependant disparaître prochainement des rayons de supermarché. En effet, à l'issue d'un entretien entre Dietrich Mateschitz, directeur de Red Bull, et la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, le 16 mai 2008, la boisson originale à base de taurine et de glucurolactone a finalement été autorisée. Pour éviter tout risque de confusion, la potion française à l'arginine sera donc progressivement supprimée au profit de cette dernière dont le lancement officiel est prévu pour la mi-juillet.
Un bras de fer très musclé
Une boisson à consommer avec modération
Interdiction dans les établissements scolaires
Comme l'indique le ministère de la Santé, quatre mesures ont d'ores et déjà été prises pour suivre de près l'introduction sur le marché du Red Bull :
- Une demande a été effectuée auprès de l'Institut de veille sanitaire en vue de mettre en place une surveillance active (par l'intermédiaire des centres antipoison et de toxicovigilance) concernant tous les effets indésirables
liés à la consommation de boissons énergisantes, en particulier de la boisson Red Bull.
- Des campagnes d'information sont prévues pour mettre en garde le grand public sur les risques liés à une consommation excessive de la boisson. Il sera notamment indiqué que la consommation ne doit pas dépasser 125 ml
par jour, soit une demi-canette standard (250 ml).
- Une circulaire rédigée conjointement avec le ministère de l'Education nationale est en cours d'élaboration. Visant à interdire la vente des boissons énergisantes dans les établissements scolaires, elle devrait être
diffusée courant juin 2008.
- Une vigilance sur certaines denrées alimentaires dont les boissons énergisantes sera également mise en place. Selon le ministère, il est prévu d'introduire des dispositions en ce sens dans le prochain projet de loi
' santé '.
Condamnation de la France
Jusqu'en 2004, la commercialisation de produits enrichis en vitamines ou d'autres substances était soumise à un décret de 1912 qui exigeait que la mise sur le marché d'une nouveauté fasse l'objet d'une autorisation préalable de la part de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraude (DGCCRF). C'était donc au fabricant d'apporter la preuve de l'innocuité de son produit et à la DGCCRF d'en juger avec l'aide éventuelle de l'Association française de sécurité sanitaire (Afssa).
Depuis un nouveau décret de 2006, afin de se conformer à la législation européenne, l'introduction d'un nouveau produit enrichi doit toujours être déclarée à la DGCCRF mais le refus de commercialisation ne peut être motivé que par un élément scientifique démontrant que les nutriments ajoutés au produit présentent un risque réel sur la santé. C'est désormais aux pouvoirs publics, et non plus à l'industriel, d'apporter des preuves.
Dans le cas de Red Bull, ' la Cour de justice européenne a jugé que le principe de précaution retenu par la DGCCRF n'était pas de nature à justifier une interdiction et a donc condamné la France ', explique Marie-Christine Buche, sous-directrice chargée des produits agricoles et alimentaires au sein de la DGCCRF.
Reste à savoir si Red Bull parviendra aussi à faire plier la législation danoise. ' Nous sommes activement engagés dans des procédures de demande d'autorisation pour la commercialisation de la boisson dans plusieurs pays dont le Danemark et la Norvège ', indique le service de communication de la société. Affaire à suivre...

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