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Smoking, no smoking : le corps dévoilé
© Reuters/Philippe Wojazer
Présentation du célèbre smoking féminin porté par deux mannequins stars. Naomi Campbell suivie de Claudia Schiffer défilent à l’occasion de la rétrospective Yves Saint Laurent, organisée en 2002, au Centre George Pompidou, pour célébrer les adieux du Prince de la mode, après quarante ans de carrière au sein de sa maison YSL.
Robe tableau en hommage à Mondrian © Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent
Automne-hiver 1965, collection Mondrian, Poliakoff et Mariée de tricot : robe de jersey multicolore portée par Diana Gartner, également présentée à l’occasion de la rétrospective Yves Saint Laurent, organisée à Paris en 2002.
Mini-robe Bambara en hommage à l’Afrique © Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent
Printemps-été 1967, collection Africaine, Trench coat, Tailleur pantalon : manteau de raphia roux, robe de perles de bois.
Célébration de la beauté noire © Reuters/Eric Gaillard
Automne-hiver 2000, collection Tout terriblement d’Apollinaire et Robe vestale : grand collier de perles porté sur une robe à capuche. Premier couturier à présenter des mannequins noirs dans ses défilés, Yves Saint Laurent confiait* à leur propos : « Elles possèdent pour moi ce qu’il y a de magique chez une femme. Le mystère. Pas le vieux mystère des femmes fatales, mais le mystère dynamique d’une femme d’aujourd’hui. »
(*) Propos rapportés dans le livre de David Téboul, Yves Saint Laurent, 5 avenue Marceau.
Place à Carla Bruni © Reuters/Desmond Boylan
Printemps-été 1988, collection Cubiste, Hommage à Braque : robe de mariée portée par Carla Bruni lors du défilé organisé sur les pelouses du Stade de France, en 1998, avant la finale de la Coupe du monde France- Brésil, pour célébrer les quarante ans de création d’Yves Saint Laurent (depuis sa première collection Trapèze, présentée chez Dior en 1958).
Robe noire fendue © Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent
Automne-hiver 1968, collection Jumpsuit et transparence : robe de jersey noire.
Robe du soir portée comme de la lingerie fine © Pierre Vauthey/Corbis Sygma
Automne-hiver 1990, collection Les Félines, Tailleur de lainage et dentelle : robe de dentelle pailletée noire et satin rose.
Premier smoking féminin © Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent
Automne-hiver 1966, collection Pop Art et Premier Smoking : smoking de lainage noir porté par Nathalia Semanova lors de la rétrospective Yves Saint Laurent de 2002.
Inspiration orientale © Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent
Automne-hiver 1999, collection La Blouse roumaine : blouse à la roumaine d’étamine de laine blanche brodée de jais avec jupe de crêpe de laine noir.
Robe cubiste en hommage à Braque © Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent
Printemps-été 1988, collection Cubiste, Hommage à Braque : robe cubiste de satin marine brodé, colombes brodées de paillettes blanches, portée par Katoucha Niane, l’une des muses d’Yves Saint Laurent, décédée cette année.
Sein habillé de transparence © Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent
Automne-hiver 1993, collection Mini-jupe et Dentelle, Hommage à Osar Wilde : robe de velours et de dentelle noirs.
Moulages habillés de mousseline © Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent
Automne-hiver 1969, collection Tapis persan et Robe lamé oriental : robe de crêpe bleu portée par Ifke Sturm, et robe de crêpe noir portée par Christelle Saint-Louis Augustin. La taille et le buste en cuivre sont issus de moulages du sculpteur Claude Lalanne.
Mariée tricotée en forme de cocon © Reuters/Philippe Wojazer
Automne-hiver 1965, collection Mondrian, Poliakoff et Mariée de tricot : robe de mariée de tricot blanc portée par Audrey Marnay lors de la rétrospective Yves Saint Laurent, organisée en 2002.
Mariée dénudée © Reuters /Gareth Watkins
Printemps-été 1999, collection La Nudité : robe de mariée en fleurs portée par Laeticia Casta.
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Une oeuvre au service des femmes
Né à Oran en 1936,
Yves Saint Laurent
n'a que 21 ans lorsqu'il prend la direction artistique de la maison Dior, à la suite du décès brutal de son couturier.
D'emblée, le jeune homme timide fait sensation avec sa collection Trapèze, dont les formes évasées viennent libérer les silhouettes de l'époque, ajustées à la taille. Elle annonce une ère de mutations et un glissement, tout en
élégance, d'un monde corseté par les conventions vers un univers où la sensualité est reine. En partenariat avec son compagnon de vie, Pierre Bergé, celui que l'on baptisera le « Prince de la mode » décide
bientôt d'ouvrir sa propre maison et présente sa première collection YSL, en 1962.
Apparition du caban (1962), du smoking (1966), de la saharienne et du costume d'homme (1967), de la combinaison dite « jumpsuit » (1968) ou encore des robes transparentes (1969). La garde-robe
féminine s'enrichit et s'affranchit. Elle traduit et encourage la révolution sociale qui s'opère pendant la seconde moitié du XXe siècle.
« Chanel, on le sait, donna la liberté aux femmes ; Saint
Laurent, des années après, leur apporta le pouvoir. Le pouvoir qui depuis toujours était détenu par des hommes »,
commente Pierre Bergé, en ajoutant
« Pouvoir partagé, vêtements
partagés ».
Et la prouesse du créateur est d'être parvenu à ce bouleversement des codes vestimentaires sans masculiniser la femme mais, au contraire, en exacerbant sa féminité.
Jupe-culotte, tailleur pantalon, blazer, smoking... Les tenues de base conçues par YSL sont devenues des classiques intemporels que le couturier, décédé le 1er juin 2008, a fait rentrer dans les collections des maisons de
mode du monde entier. En quelques décennies, l'homme est parvenu à imposer son style. Un style, reconnaissable entre tous, dont Pierre Bergé fait ressortir la ligne directrice :
« Il y a tout d'abord le
respect des femmes et de leur corps. Pas un vêtement n'a été créé pour assouvir ses fantasmes. Tous ont été mis au service des femmes. »
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