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Julien Benneteau : les clés de la concentration

Interview du joueur français, 65e mondial (58e au classement ATP Race, qui prend en compte uniquement les performances de 2008).

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<i>01net.</i> : Comment procédez-vous pour rentrer d'emblée dans un match et pour vous y préparer mentalement ?
Julien Benneteau : Il n'y a pas de préparation mentale particulière. L'échauffement est plutôt physique. Vingt minutes seulement avant le match, on commence à se mettre vraiment dedans. On s'imagine sur le terrain, on prémédite sa tactique et on échange quelques paroles avec l'entraîneur.

Avez-vous recours à des rituels pour évacuer le stress ?
En fait, non. Je n'ai pas de truc. L'échauffement physique se déroule très simplement. Il consiste en quelques étirements, quelques sprints et, si possible, du vélo d'appartement. L'objectif est de préparer tous les muscles qui vont être sollicités. Mais du stress, il y en a toujours. C'est inévitable.
Que préconisez-vous pour gérer ce stress et parvenir à rester concentré tout au long de la partie ?
Mon principal conseil : rester le plus possible concentré sur ses propres forces en pensant au maximum à soi-même, pas à l'autre.
Quels sont les principaux risques de blessure au tennis ? Y en a?"t-il qu'on peut éviter facilement ?
Les risques sont fonction des fragilités de chacun. Elles concernent le plus souvent le dos, les épaules et les coudes. On ne peut pas demander à un joueur non professionnel de s'astreindre à un entraînement intensif en musculation. Mais il est important, pour éviter de se faire mal, de bien s'étirer et de s'équiper d'un matériel adapté. Il faut également, bien sûr, observer une bonne hygiène de vie.
Quand vous sentez un coup de pompe ou un moment de faiblesse pendant un match, que faites-vous pour récupérer le plus vite possible ?
On essaie de bien boire et s'alimenter avant le match pour éviter au maximum les coups de pompe. Généralement ces passages à vide ne durent pas plus de deux ou trois jeux, pendant lesquels il faut tenir bon, en s'hydratant par exemple avec des boissons énergétiques et en mangeant un peu, quelques pâtes de fruits ou des bananes.
Après plusieurs points perdus, comment conseillez-vous au joueur de réagir pour ne pas se laisser abattre ?
Il faut essayer d'oublier l'échec en focalisant son attention sur le point d'après.
Quels seraient les conseils que vous donneriez à quelqu'un qui souhaite progresser ?
Essayer de jouer régulièrement, si possible une fois par semaine au minimum. Prendre du plaisir à chaque fois. Et ne pas chercher à surjouer en tapant trop fort dans la balle.
Personnellement, comment s'est manifestée votre vocation ?
Depuis que je suis tout petit, j'aime le tennis. J'ai commencé dès l'âge de 3-4 ans et je me suis très vite débrouillé suffisamment pour m'amuser. J'ai tapé dans l'?"il de connaisseurs. Mon entourage n'a pas essayé de me pousser particulièrement. Ça me plaisait.
Etant donné votre très bonne forme cette année, pensez-vous pouvoir arriver dans le dernier carré à Roland-Garros ?
Il existe un tirage au sort assez important entre les joueurs. Dans mon cas, je ne sais pas ce qu'il adviendra. En 2006, je ne me sentais pas forcément plus en forme que pour un autre tournoi avant de me qualifier pour les quarts de finale. J'espère donner le meilleur à nouveau cette année.
Est-ce que la pression est particulièrement forte quand on joue dans son pays ?
Oui et non, car même si la pression semble plus forte, nous bénéficions du soutien inconditionnel du public, et les matchs se déroulent dans une atmosphère de fête et d'enthousiasme qui peut nous transcender. C'est ce qui m'est arrivé par exemple en 2006.
De manière générale, est-ce que vous pensez que les Français ont leurs chances de percer ?
Une vingtaine de Français se classent dans le tableau des meilleurs joueurs mondiaux. Parmi eux, Richard Gasquet, Jo-Wilfried Tsonga et Paul-Henri Mathieu ont de bonnes chances de figurer dans le tournoi.
Vous pensez que Richard Gasquet peut se ressaisir en dépit de son dur passage à vide ?
Bien sûr. Cela ne veut rien dire. Il est très fort et très doué.
Pourquoi les Français rencontrent-ils beaucoup plus de difficultés que les Espagnols sur terre battue ?
Les Espagnols s'entraînent depuis le plus jeune âge sur terre battue, alors qu'en France on s'y prépare beaucoup plus tardivement. Pourtant les joueurs français font de belles performances sur le dur.




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