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PHOTOS
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| Guy Novès a pris sa retraite de joueur pour embrasser sans transition la carrière d’entraîneur en 1988-1989. |
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| En 2005, Toulouse bat le Stade français en finale de la Coupe d'Europe (18-12). Guy Novès souhaite faire entrer sa famille sur le stade de Murrayfield,. La sécurité s'y oppose. Le ton monte, l'entraîneur est embarqué avant de revenir quelques minutes plus tard. Suffisant pour l'empêcher d'assister à la remise du trophée. |
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Guy Novès, on l'aime ou on le déteste. Personnage incontournable du Landerneau ovale au caractère bien trempé, le manager en chef toulousain divise. Complexe, exigeant envers lui-même et les autres, chantre de la remise en
question permanente, le personnage usant parfois de la langue de bois est pour le moins singulier.
L'entraîneur stadiste représente depuis quinze ans la prise de risque et l'excellence du club. En un mot, le jeu de Toulouse. Pourtant, il n'a pas eu la carrière internationale qu'il méritait et n'a pas été choisi comme
sélectionneur tricolore. Le Gitan - surnommé ainsi par certains détracteurs à cause de son teint mat - n'a pourtant cessé de s'améliorer tout au long de sa carrière.
Autour de lui,se trouve un noyau de gens de confiance qu'il apprécie, sur lesquels s'appuyer lorsque tout va bien, mais surtout, quand le bateau tangue. Toujours accroupi en bord de touche, au plus près du jeu, il ne peut
se passer de la proximité du terrain, déléguant la vision en tribunes à l'un de ses adjoints. Le regard fuyant, toujours en éveil et sachant vous recadrer dès qu'il le faut, l'homme est d'une extrême politesse, toujours
disponible.
Le technicien ne goûte pourtant guère que l'on s'immisce dans l'intimité de ses relations, professionnelles ou privées. Le succès de sa réussite, il le garde pour lui. Chaîne en or sur la poitrine et veste en cuir
qu'il quitte rarement, ses mains virevoltantes sont celles d'un chef d'orchestre ou d'un professeur.
« Un chasseur »
Pour le comprendre, il faut écouter quelques proches. Jean-Claude Skrela a été son dernier entraîneur avant d'être le premier à le placer à ses côtés sur le banc. Du joueur, il se souvient d'un autodidacte
« rapide et disposant de qualités athlétiques déjà importantes à l'époque, cumulées à beaucoup de travail ».
Depuis,
« Le fait qu'il soit l'entraîneur
français le plus titré en fait l'un des tout meilleurs. Surtout, en plus d'avoir sans cesse un tempérament de joueur et de gagneur, il a un caractère bien trempé et beaucoup d'ambitions. »
Actuel co-entraîneur toulousain avec Yannick Bru, Philippe Rougé-Thomas a été un ancien coéquipier avant d'être entraîné par Guy Novès.
« Il est comme un grand frère. Je suis un privilégié de me trouver à
ses côtés. Nous avons une confiance mutuelle. Quand ça ne va pas, il sait me recadrer. Honnête, droit et exigeant, quant au jeu pratiqué et aux résultats, c'est un grand compétiteur qui ne lâche rien. »
Pas de coups de
sang ni de colères non maîtrisées, le manager préfère tenter de dompter l'imprévu.
« C'est un chasseur dans l'âme,
explique Rougé-Thomas.
Il sait préparer ses pièges et y faire tomber
ses adversaires. »
Au club depuis 1997, Fabien Pelous, l'un des capitaines entrouvre le « GN illustré » :
« Quand je pense à lui, je pense à la soif de victoire. Toute sa vie semble intimement
liée à cette envie de vaincre et de sans cesse s'améliorer. »
En onze saisons de collaboration, le respect n'a jamais cédé la place à la complicité entre les deux hommes. Novès sait mettre des barrières avec ses joueurs. Ainsi, quand Byron Kelleher l'embrasse à la française, lors de
la signature de son contrat, son futur coach lui précise que c'est la première et la dernière fois. Ce respect et cette distance traduisent tout l'amour qu'il porte à ses joueurs, qu'il ne critique en aucune circonstance
mais défend et protège dès qu'il le peut, ramenant la couverture à lui.
L'intox et le courroux
Comme le précise Fabien Pelous,
« Il sait lire dans les hommes comme dans un livre. Sa capacité à cerner les caractères afin de tirer le meilleur de l'individu n'a pas d'équivalent. Tous les
joueurs qui sont passés par le Stade ont du respect pour cet homme. »
A 54 ans passés, il parle posément et possède le don de capter l'attention et de toucher juste à chaque fois.
« Depuis
onze ans que je suis dans ce club,
sourit Pelous,
je sais ce qu'il va dire ou sur quel point il va insister, mais pourtant, il fait encore mouche. »
L'intox et le courroux sont d'autres particularités. Quand bien des clubs souhaiteraient avoir ses soucis, il n'est pas rare de l'entendre parler de
« peur de perdre et d'être
éliminé »
ou du fait que
« Toulouse n'est pas favori ».
C'est sa façon de renverser une certaine pression tout en mobilisant davantage ses ouailles. Le gourou rouge
et noir est aussi toujours prêt à s'emporter sur la protection des joueurs, le calendrier infernal, les décisions internationales, l'inflation des salaires...
La famille occupe également une place des plus importantes dans son coeur. Les origines ibériques ? Marié et père de trois enfants (Vincent, 29 ans ; Valérie, 25 ans ; Julie, 22 ans), il est
« quelqu'un d'entier qui avance en permanence »,
indique son épouse Françoise. Pour Valérie, «
C'est un papa très protecteur et présent, à l'écoute, ouvert et
conciliant. Il est bien différent de l'image un peu froide qu'il peut donner de l'extérieur. Il faut dire que sa famille proche, c'est ce qu'il a de plus cher. Sa priorité. Papa est toujours là pour nous, prêt à
tout lâcher. Si parfois il exprimer ses sentiments sans parler, on le ressent et on parle pour lui
[rires]. »
Françoise précise que ses amis côté rugby
« tiennent sur les doigts d'une main »,
tandis que le « clan Novès » a trouvé un
« équilibre entre vie professionnelle et vie privée. »
Petite amie de Vincent Clerc, Valérie apprécie la façon dont
« papa sait parfaitement considérer Vincent comme mon fiancé
dans la sphère privée et en tant que joueur dès qu'il enfile les crampons ».
Enfin, Philippe Rougé-Thomas ne sait pas s'il fait
« un peu partie de sa famille mais
[il sait]
que Guy fait totalement partie de la
[sienne]. » Pas chambreur
mais plutôt pince-sans-rire, le coach stadiste
« choisit ses moments, dans l'intimité des siens,
confie Rougé-Thomas.
Surtout que son poste exige sérieux et exemplarité vis-à-vis du staff et de
l'effectif. Il montre sans cesse l'exemple. »
Leucate, la bouffée d'oxygène
Côté passions, la pêche au thon et le vélo. L'entretien physique et l'hygiène de vie complètent une vie professionnelle et personnelle bien remplie. Cet ancien international junior d'athlétisme venu tard au rugby a
toujours poursuivi le travail musculaire quand certains de ses collègues prenaient de l'embonpoint.
Guy Novès aime se ressourcer à Leucate (dans l'Aude), le lieu des vacances de l'enfance devenu celui de toute la famille, où le vent violent ne saurait le désarçonner. Pas plus que la récente collision avec une voiture dont il a
été victime, à la veille du quart de finale de H Cup. Aujourd'hui, dès qu'il sort son vélo de compétition dans les couloirs d'Ernest-Wallon, les blagues vont bon train. Toutes les blessures renforcent sa
détermination.
Adoré ou détesté, il est un terrain sur lequel Guy Novès fait l'unanimité, celui du palmarès. L'entraîneur cumule sept titres de champion de France, deux Coupes de France et trois titres de champion d'Europe. De quoi forcer
l'admiration et le respect. Ou d'attiser la jalousie. Le successeur de Claude Labatut, de Robert Bru, de Jean-Claude Skrela et de Pierre Villepreux avait pris sa retraite de joueur pour embrasser sans transition la carrière
d'entraîneur, en 1988-1989. Cette première expérience avait été couronnée d'un titre de champion de France. Comme quoi, l'actuel mentor des Rouge et Noir était prédestiné pour réussir comme meneur d'hommes.
Son palmarès
Joueur (Toulouse) :

Champion de France en 1985 et en 1986

Challenge Yves-du-Manoir en 1988

Coupe de France en 1984

Sept sélections en équipe de France de 1977 à 1979
Entraîneur (Toulouse en 1988-1989 et depuis 1993) :

Champion d'Europe en 1996, 2003 et en 2005

Champion de France en 1989, 1994, 1995, 1996, 1997, 1999 et en 2001

Deux Coupes de France en 1995 et en 1998
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