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| Désireux d’épouser une carrière à la Wenger, Paul Le Guen n’a pas su forcer son caractère discret pour secouer son équipe en cours de saison. Entre ses choix ratés et une communication défectueuse, le Breton a largement usé le crédit que lui avaient offert en France ses trois titres consécutifs de champion avec Lyon. |
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| Pauleta, l’un des symboles de l’échec de Paul Le Guen au PSG. Longtemps le Breton a choisi d’écarter son capitaine de son équipe-type, et c’est pourtant bien ce dernier qui pourrait assurer le maintien du club en fin de saison. |
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Si d'aventure le PSG finissait par sauver sa peau en Ligue 1, le club de la Capitale ne le devrait pas, très franchement, à son entraîneur Paul Le Guen. C'est du moins l'avis d'une forte majorité.
Supporters, journalistes, observateurs... bon nombre d'entre eux ont du mal à percevoir les bienfaits de l'arrivée du Breton aux manettes d'un des clubs les plus populaires de France. Une équipe dans laquelle
l'ancien technicien de Lyon et des Glasgow Rangers a évolué, connaissant gloire et succès. Aujourd'hui, malgré une Coupe de la Ligue en poche, une finale de Coupe de France à venir et un maintien en championnat presque assuré (1), Le
Guen agace, dérange, déçoit. A tel point que celui que l'on percevait hier comme l'un des meilleurs entraîneurs français est en passe de se griller auprès de la profession aujourd'hui.
« Moins brillant »
Forcément, c'est toute une batterie d'interrogations qui bouleverse le monde du foot lorsqu'il s'agit d'évoquer le cas de Paul Le Guen au PSG. Comment ce dernier, un an et demi après son retour en
France, a-t-il pu en arriver là ? Comment, surtout, l'ancien coach de Rennes a-t-il pu voir sa cote, autrefois significative, descendre en flèche aussi vite ? Capable d'assurer le maintien du club de la Capitale la saison
dernière, l'ancien triple champion de France lyonnais semble aujourd'hui complètement dépassé par les événements. Pire, son bilan à l'heure actuelle n'est pas plus reluisant que celui de son prédécesseur,
Guy Lacombe.
Et si finalement ses trois années de gloire dans le Rhône avaient masqué ses lacunes d'entraîneur ?
« Son passage à Lyon doit être relativisé. Là-bas, la réussite qu'il a eue dépendait surtout des joueurs,
affirme Daniel Riolo, consultant sur RMC.
L'OL, à son arrivée,
ressemblait fort à une Formule 1 où il suffisait de s'asseoir pour remporter des titres. Le club avait déjà les meilleurs joueurs du championnat, un staff étoffé, un président ambitieux. On voit bien aujourd'hui qu'aux
manettes du PSG, tout ce qu'il fait devient moins évident, moins brillant.
A Paris, Le Guen choisit de construire selon son bon vouloir et use des pleins pouvoirs qu'on lui donne. Mais le résultat est largement en deçà des
espérances.
Tu relativises tout ce qu'il a fait avec Lyon et tu regardes aujourd'hui,
poursuit Riolo.
Aux Rangers, son recrutement n'est pas du tout adapté et il finit même par se mettre à dos son
capitaine. Au PSG, il doit rebâtir un club mais il n'a pas de réseau ».
Surnommé l'anesthésiste
Ceara, Bourillon, Camara, Digard, Souza, Everton... si Le Guen se défend d'avoir souhaité la venue de tous ses joueurs, c'est tout de même lui qui dessine la tendance sportive du PSG 2007/2008. Un pari
d'avenir, un pari ambitieux mais qui finalement n'aura évolué qu'une seule journée dans la première partie de tableau. Luis Fernandez, ancien entraîneur du club francilien, mesure mieux que quiconque la portée des errements de
Paul Le Guen.
« A un moment donné, c'est là où tu te dois de faire un minimum d'erreurs. Si les résultats ne sont pas à la hauteur, il y a une part de responsabilité qui est pour l'entraîneur mais
également pour le staff. A Paris, il n'y a pas une entente parfaite, ça se voit de l'extérieur ».
L'inverse, en effet, est difficilement démontrable. Si la personnalité de Paul Le Guen - calme et discret avec les médias - n'a pas surpris grand monde, beaucoup pensent que ce dernier aurait dû tout
de même s'adapter. Selon Riolo,
« A Lyon, son comportement choquait moins puisqu'il avait un président omniprésent, omnipotent. Mais à Paris, il faut s'exprimer. Ce mode de fonctionnement est voué à
l'échec ».
Une façon de faire qui lui a déjà valu un surnom auprès des supporters, celui de « l'anesthésiste ». Si, au sein du club, tout le monde tend à respecter son style, certains
propos laissent néanmoins transparaître une certaine incompréhension à son égard. Ainsi, Alain Cayzac, démissionnaire depuis, avouera n'avoir dû se contenter que
« du minimum syndical avec son entraîneur
et
de sept ou huit déjeuners ensemble en tête-à-tête »
. Le tout en près de quinze mois.
Grillé à vie ?
Surprenante, son attitude n'est pas différente avec ses joueurs à qui il n'explique pas ses choix sportifs.
« Ce n'est pas moi qui ai décidé de moins jouer cette saison. Le Guen parle peu, je
parle peu. Savoir si c'est le mieux pour l'équipe, c'est un autre débat. Il respecte le joueur, je respecte l'entraîneur et c'est tout »,
s'épanchera brièvement Pauleta dans les
colonnes de
France Football.
Le choix de Le Guen de cantonner régulièrement le meilleur buteur de l'histoire du club sur le banc a étonné. Tout comme celui de donner le brassard à un gamin de dix-sept ans, Mamadou Sakho,
en a désarçonné d'autres. Conséquence, aujourd'hui, le Breton ne semble plus en mesure d'apporter une réelle union sacrée à son groupe. Lors de l'égalisation parisienne face à Saint-Etienne lors de la 37e journée
(1-1), Jérémy Clément, pourtant un de ses joueurs les plus fidèles, est parti se jeter dans les bras d'un autre membre du staff. Tout le contraire d'un Eric Gerets à Marseille, exigeant mais particulièrement émotif avec ses petits
protégés.
Passé un certain stade, Le Guen a clairement donné l'impression de naviguer à vue. Une errance perpétuelle qui a fini, en partie, d'avoir raison des plus optimistes. A l'heure actuelle, son avenir s'annonce
compliqué, malgré un très bon parcours en Coupe.
« Il va avoir un mal fou à revenir,
confie Riolo.
Tout le monde a vu ses limites. Ses fautes sont grosses, son bilan est très très dur. Se sauver ne lui
apportera rien du tout. Assurer le maintien du PSG, c'est vraiment le moins qu'il puisse faire ».
Et si, finalement, ce dernier choisissait de s'accrocher à son poste, persuadé, comme il le répète à
l'envi, de pouvoir faire évoluer le club ?
« Il ne restera pas, il vaut d'ailleurs mieux qu'il ne reste pas. Tu ne peux pas avoir commis autant de fautes et vouloir continuer de la
sorte ».
Venu pour rendre le sourire au Paris Saint-Germain, c'est pourtant sur une grimace que Paul Le Guen devrait très certainement le quitter.
(1) Pour se maintenir, le PSG doit faire au moins aussi bien que Lens ou Toulouse lors de la dernière journée de championnat. Paris est donc la mieux placée des trois équipes pour rester en Ligue 1.
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