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| 52 % des managers trentenaires estiment ne pas avoir assez de temps à consacrer à leur famille. |
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| Grâce à Internet et au téléphone portable, le télétravail devient la solution pour concilier travail et famille. Pas toujours simple ! |
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« Ce n'est pas vous qui avez accouché, c'est votre femme. »
En l'an 8 du XXIe siècle, ce genre de réplique n'a pas encore disparu de l'argumentaire managérial français.
Rien de tel que le bon sens sexiste pour refuser un congé ou un aménagement des horaires de travail à un papa gâteau un peu déboussolé ! Mais six ans après la création du congé paternité, ce genre de raisonnement ne fait plus
recette auprès des jeunes générations.
Petite révolution paternelle
« Depuis la fin des années 90, on voit apparaître un homme "post-féministe" qui ne veut pas sacrifier sa vie familiale et sentimentale. Ces personnes veulent échapper à la monoculture masculine
"pré-féministe" où l'affirmation de l'homme se faisait uniquement dans la sphère publique et professionnelle ainsi que par son statut social de pourvoyeur économique du foyer »,
explique Christine
Castelain-Meunier, sociologue au CNRS et spécialiste des évolutions du rôle de l'homme dans la société (1). Le taux d'activité record des femmes françaises (82 % entre 25 et 49 ans) et la multiplication des divorces ont encore accéléré
cette petite révolution culturelle.
« Avant, tout ce qui se passait autour de la naissance n'intéressait pas l'homme à l'exception du médecin. Aujourd'hui, on sent une implication très nouvelle qui est une révolution au niveau de
l'histoire »,
note Christine Castelain-Meunier. Si les pères ne sont pas encore prêts à partager les tâches ménagères, s'occuper du dernier-né ne leur déplaît plus, bien au contraire !
« Lorsque ma compagne a accouché de notre premier enfant, il était hors de question de la laisser se débrouiller seule. J'ai donc pris tous les jours possibles et imaginables en conciliant les exigences du
service. Aujourd'hui, partager le temps de garde, dans la mesure des disponibilités de chacun, est aussi crucial »,
explique Pierre, cadre trentenaire et papa épanoui. Comme lui, la majorité des cadres à haut potentiel se
revendiquent volontiers pères « équilibristes » ou « égalitaires », selon une récente enquête (2). Mais 80 % d'entre eux attendraient des actions concrètes de la part des entreprises.
Pouponner ou travailler à la carte
Jongler avec son portable et des biberons n'est en effet pas évident pour tous. Si le congé paternité est entré dans les moeurs, rares sont encore les entreprises à assurer une compensation salariale à 100 % pour les nouveaux
papas. Côté travail à distance ou congé pour enfant malade, c'est aussi le plus souvent à la tête du client.
« En l'absence de négociations sur le télétravail, pouvoir partir plus tôt pour aller chercher ses enfants reste à la discrétion du chef de service : quand il est compréhensif, il n'y a pas de problème, mais
pour des consultants qui doivent être très investis sur leur mission, c'est plus difficile. Ce n'est pas reproché officiellement mais cela peut être pénalisant »,
explique Jérôme Chemin, délégué syndical CFDT au sein
d'Accenture. Il vient d'obtenir de haute lutte deux mois de temps partiel pour un collègue qui devait assurer la jonction entre deux nourrices. Une belle victoire, car jusqu'alors, un divorce et une décision de justice sur la garde partagée de
l'enfant étaient souvent les seuls arguments qui permettaient aux hommes d'obtenir ce type de « faveur » !
Et dans cette entreprise comme ailleurs, le congé parental pour un homme est encore plus tabou. Résultat : ce sont toujours les femmes qui doivent renoncer à leur carrière professionnelle pour élever les enfants en bas âge. Elles
ne sont plus que 60 % à travailler avec deux enfants et 37 % avec trois enfants... contre 90 % pour les hommes !
Etes-vous « family friendly » ?
Face à ce constat, le ministère du Travail a lancé le 11 avril 2008 une « Charte de la parentalité en entreprise ». L'objectif :
« inciter les entreprises à proposer aux
salariés-parents un environnement mieux adapté aux responsabilités familiales ».
Parmi les 28 premiers adhérents, on compte par exemple Adecco, Carrefour, Orange, Starbucks Coffee, L'Oréal ou encore PSA. Pour ces
grands groupes le défi est de taille.
« Les entreprises cherchent à équilibrer leur gestion des hommes et des femmes à cet égard dans le cadre de la lutte contre les discrimination, mais veulent aussi offrir une image
attractive aux jeunes générations et retenir les cadres à profils très qualifiés »,
observe Martine Le Boulaire, directrice du centre d'expertise « Emploi, mobilité, politiques de compétences et outils de gestion
RH » au sein de l'association Entreprise&Personnel.
Pour chouchouter ces cadres à fort potentiel, certaines sociétés n'hésitent pas à proposer des services de conciergerie avec des prestations de confort comme le pressing ou les courses et des crèches d'entreprises. Blackberry en poche,
il suffira à papa de prendre l'ascenseur pour aller chercher son chérubin... tout en continuant de consulter ses e-mails. Et si les nouvelles technologies étaient l'avenir du père ?

(1) Christine Castelain-Meunier est notamment l'auteur de
La Métamorphose du masculin (PUF, 2005)
et de
La Place des hommes et les métamorphoses de la famille
(PUF, 2002).

(2) Etude « Les pères managers en quête d'équilibre : portrait d'une génération qui entend réconcilier travail et paternité », réalisé par le cabinet Equilibres en février 2008
(400 pères cadres sondés, 60 entretiens avec des cadres supérieurs et hauts potentiels de grandes entreprises).
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