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| Jean Bouilhou, ici avec Jean-Baptiste Elissalde, compte 12 capitanats avec Toulouse cette saison pour un bilan quasi-parfait de onze victoires. |
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| Que ce soit avec le Stade Toulousain ou le XV de France, Yannick Jauzion et Fabien Pelous ont toujours fait partie des leaders de l'équipe. |
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Avec Jean Bouilhou, Yannick Jauzion et Fabien Pelous, le Stade toulousain se repose sur plusieurs capitaines cette saison. Cette nouvelle donne, conséquence du professionnalisme, permet de faire tourner l'effectif sans trop le
perturber. Mais surtout, de faire appel à l'homme idoine.
« Attribuer un capitanat n'est pas un choix neutre. Chaque capitaine correspond à un moment de la saison, à l'importance d'un match, à une tactique, à un
adversaire ou à ce qu'il peut apporter à l'équipe de par ses qualités et son poste ».
Les mots sont de Guy Novès, le manager toulousain, décideur en la matière. Dans le rugby pro actuel, procéder de la sorte est une
obligation.
« Il y a de plus en plus de matchs,
poursuit-il
. Il faut renouveler les hommes et sans cesse surprendre les joueurs avec un discours frais. Ces trois porte-drapeaux permettent de proposer des
paroles, des représentativités, des intelligences et des esprits différents et neufs. »
A l'origine de ce mode de fonctionnement, Guy Novès note que
« le capitaine doit être exemplaire dans la vie de tous les jours et sur le terrain, amener des choses, être à l'écoute et capable de
discuter avec chacun, savoir se remettre en cause et remettre en question les coachs lorsque c'est légitime. C'est le cas pour notre triplette au sein de laquelle, de par son tempérament, chacun a une approche des matchs différente,
qui sied le mieux à tel ou tel événement ».
Chacun sa personnalité
Avec 12 capitanats cette saison (11 victoires) dont un en H Cup, Jean Bouilhou est stratégiquement le relais parfait. Depuis deux saisons, non content de prolonger le discours de ses entraîneurs, cet ingénieur en génie
physique de 29 ans a un regard extérieur et assure la continuité dans le jeu stadiste entre avants et trois-quarts grâce à son poste de
flanker.
« Etant un peu introverti,
concède le
principal concerné,
j'avais été surpris par ma nomination. Ce n'est pas un rôle évident par rapport à mon caractère même si je l'avais déjà été en équipes de jeunes à Pau ».
Plus grand frère que
gueulard,
« Jean a un côté rassembleur,
selon le demi de mêlée ou d'ouverture Jean-Baptiste Elissalde.
Il insiste sur la stratégie et les échanges qu'il doit y avoir entre nous
tous ».
Et Bouilhou (fan du charisme de... Fabien Pelous) d'insister :
« C'est souvent lors des mauvais moments, lorsque l'on doit intervenir sérieusement, comme lors de nos
déplacements à Brive ou Llanelli l'an passé. »
Yannick Jauzion (29 ans) arrive en deuxième position cette saison avec 8 brassards dont 3 en H Cup pour 5 victoires). Diplômé de l'École d'ingénieurs de Purpan, Rouge et Noir depuis 2002, ce Tarnais proche de la
terre
« a tendance à davantage souligner les aspects tactiques et techniques »,
selon Jean-Baptiste Elissalde. Posé, « Jauzie » sait se faire entendre dans un vestiaire. De par
son poste, sa vision du jeu et sa robustesse, le trois-quarts centre sait aussi prendre les matchs à son compte et montrer l'exemple, comme lors de la finale de Coupe d'Europe 2003 face à Perpignan, lorsque sa charge dans l'axe, conclue en
essai, fit basculer la rencontre en faveur des siens (22-17). Les responsabilités n'inhibent pas les capitaines toulousains, elles les transcendent !
Pelous, l'expérience européenne
A l'occasion du dernier quart de finale face à Cardiff, le deuxième-ligne Fabien Pelous (4 capitanats dont 3 H Cup et 3 victoires) a retrouvé le brassard. Certaines personnalités s'imposent dans ces
rencontres réclamant hormones, positionnement au coeur du combat des avants, et expérience. Le guerrier ariégeois de 34 ans de préciser que
« même sans avoir été souvent capitaine cette saison, je me suis investi au
maximum. Quand ce titre m'est décerné, cela ne change rien à mon investissement. C'est presque un détail. Le fait qu'un avant soit choisi montre aussi la part d'engagement que l'on veut mettre durant un match. »
Face à
Cardiff, la poutre du pack est sortie sous les vivas.
Au club depuis 1997, Fabien Pelous,
« un peu moins taiseux que Jean et Yannick »
selon Elissalde, saurait donc préparer et malaxer son groupe comme personne, avant les plus grands
affrontements. La formation de kiné du recordman des sélections en bleu (118 dont 42 en tant que capitaine) ou l'appétit de victoires du « Pélican » y sont peut-être pour quelque chose.
Jean-Baptiste Elissalde a, lui aussi, déjà occupé ce poste... en équipe de France (à quatre reprises).
« Nous avons tous notre mot à dire pour le bien du groupe mais sur le terrain, seuls le capitaine et la
charnière parlent. Dans la semaine, aucun d'entre eux ne prend le dessus sur l'autre. Enfin, un tel roulement permet aussi à chaque capitaine de se sentir concerné tout au long de la saison, sans perte de motivation, et à son auditoire
de ne pas s'habituer à un type de discours, d'être davantage mobilisé. Ce choix de trois capitaines n'est pas anodin. »
« Ce ne sont pas des petits colonels »
Le jeune Maxime Médard ne se sent pas l'âme d'un leader. D'où une certaine fascination pour ses trois boss.
« Le changement d'individu n'est pas très significatif. C'est
juste l'expérience qui change quelque peu. Quand une forte personnalité comme celle de Fabien Pelous vous apporte toute son expérience, ce n'est pas banal. »
Quant au style de chacun,
« ce
ne sont pas des petits colonels,
affirme Médard.
Ils sont posés, cool et ont un certain vécu au sein du club. D'autres leaders, tels Heymans ou Kelleher, sont peut-être plus sanguins mais il y a beaucoup de respect entre
nous et tout le monde écoute tout le monde. Le collectif est tellement fort que la tâche du capitaine est facilitée. Tout cela offre un mélange qui enrichit le Stade. »
Comme aux mi-temps des matchs. Après les premières minutes de récupération et le discours des coachs, chaque joueur est invité à prendre la parole pour améliorer le collectif avant que le tout soit synthétisé par « le
délégué de classe ». Jean-Baptiste Elissalde va plus loin.
« Leur seule présence, leur exemplarité ou leur regard suffisent et évitent bien des discours. Nous n'avons plus besoin de nous faire chialer pour
être surmotivés. Ils permettent de faire ressortir chez nous de la fierté et de l'émotionnel mais jamais avec excès. »
Parfois avec trois capitaines présents sur la pelouse, aucune fausse note ne vient troubler le collectif midi-pyrénéen. Celui à qui incombe la tâche de leader officiel n'est en rien perturbé dans sa fonction. Ou quand
l'expression « se mettre au service du collectif » prend tout son sens. Forts en capitaines, en joueurs talentueux, d'expérience et charismatiques, la machine et le jeu du Stade toulousain sont plus forts que
l'individu.
On ne s'improvise pas capitaine
Rayon anecdotes cette saison, lors de l'entame d'un discours d'un des capitaines devant un parterre de partenaires, des coéquipiers se sont mis à applaudir à tout rompre. Histoire de gêner un maître de cérémonie qui n'en avait pas
besoin. Autre fait d'arme, l'enthousiaste Byron Kelleher, 57 capes au compteur avec les Blacks et maîtrisant encore modestement le français, s'est fendu d'un speech d'avant-match complètement raté qui a provoqué
l'hilarité du vestiaire. Comme quoi, on ne s'improvise pas chef de meute.
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