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L'affaire des caricatures de Mahomet
© Plantu, Le Monde
Plantu, dessinateur du journal Le Monde, revendique l'héritage de Daumier. Dans cette planche parue en janvier 2006, il se moque des islamistes intégristes qui menacent de mort ceux qui dessinent Mahomet.
Giscard caricaturé © Cabu, Mords-y-l'œil
Pendant la campagne présidentielle de 1981, le nouveau magazine Mords-y l'œil consacre un numéro à chacun des candidats. Le premier portrait est consacré à Giscard d'Estaing, caricaturé en couverture par Cabu.
Louis-Philippe est une poire ! © Honoré Daumier, BNF, dpt Estampes et photographie
« Le passé. Le présent. L'avenir » paraît le 9 janvier 1834 dans le journal La Caricature. Honoré Daumier utilise le motif de la poire inventé par Philippon pour représenter le roi Louis-Philippe. Par cette caricature, il exprime la cruelle désillusion qui suit la Révolution de 1830 et dénonce les lois contre la liberté d'expression et d'association. Par le passé, Louis-Philippe semblait plein de promesses et offrait un « visage frais et rebondi ». Maintenant, il montre une « figure pâle, amaigrie et soucieuse ». Et l'avenir semble encore plus sombre avec une face « morne et décrépite ».
Contre les députés du « juste milieu » © Honoré Daumier, BNF, dpt Estampes et photographie
Réunion fictive de 35 députés bourgeois du juste milieu. La lithographie Le Ventre législatif est publiée dans le 13 février 1834 dans La Caricature. Daumier y montre l'éviction progressive des révolutionnaires de 1830 à l'Assemblée et leur remplacement par des conservateurs repus et somnolents, bien décidés à défendre leurs privilèges contre les prolétaires. On y distingue notamment le ministre de l'Instruction publique François Guizot, le Procureur général Persil et le ministre de l'Intérieur d'Argout.
La République en danger © Honoré Daumier, BNF, dpt Estampes et photographie
« Belle dame, voulez-vous bien accepter mon bras ? – Votre passion est trop subite pour que je puisse y croire ! » Le 25 septembre1851, Daumier publie cette lithographie dans Le Charivari. Il représente la République sous les traits d'une femme courtisée par le personnage de Ratapoil, un agent bonapartiste. Il dénonce ainsi la propagande du régime. Quelques mois plus tard, le prince-président Louis-Napoléon réalisera un coup d'Etat.
Anecdote croquée sur le vif © Honoré Daumier, BNF, dpt Estampes et photographie
« Plaisanterie que se permettent maintenant les chevaux, dans le quartier des Champs-Élysées. » La censure ayant été rétablie, Honoré Daumier se tourne vers la caricature de mœurs. Il évoque le 22 mai 1858 dans Le Charivari un fait divers survenu dans le quartier des Champs-Élysées. Un cheval, libéré de son harnais, était parvenu à grimper l'escalier d'un immeuble parisien.
Satire sociale © Honoré Daumier, BNF, dpt Estampes et photographie
« Vous avez perdu votre procès, c'est vrai..mais vous avez du [sic] éprouver bien du plaisir à m'entendre plaider » Publiée dans Le Charivari le 27 avril 1848. C'est l'une des nombreuses caricatures de Daumier brocardant les « gens de justice ». Il s'est particulièrement acharné contre les avocats qui deviennent, sous sa plume, l'archétype du bourgeois imbu de lui-même et sans scrupule.
La paix menacée © Honoré Daumier, BNF, dpt Estampes et photographie
Après la guerre austro-prussienne de 1866, Honoré Daumier restitue les tensions diplomatiques qui règnent entre les différentes nations européennes. « L'équilibre européen » paraît le 1er décembre 1866 dans Le Charivari.
Hommage à Daumier © Tim, Michel Urtado, ADAGP, BNF, dpt Estampes et photographie
Pour les 80 ans du Canard enchaîné, le dessinateur Tim imagine Honoré Daumier se délectant du journal satyrique. Une façon de rappeler que cet homme du XIXe siècle reste un modèle encore aujourd'hui.
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« Le seul dessinateur de presse français a avoir été incarcéré »
Interview de Valérie Sueur-Hermel, commissaire chargée de l'exposition « Daumier »
01men : Peut-on dire que Daumier a inventé la caricature politique dans la presse en France ?
Valérie Sueuer-Hermel : La caricature politique apparaît dans la presse pendant la Révolution mais elle est alors surtout véhiculée sous forme de feuilles volantes et d'affiches. Sous la Monarchie de Juillet,
Honoré Daumier va devenir le chef de file des caricaturistes qui travaillent pour la presse illustrée. Il est, certes, précédé de dessinateurs comme Philippon ou Granville mais lui va véritablement mettre en place tout un code de représentation, un
nouveau registre de dessin. Les points de vue, les cadrages, la manière d'aborder la satire sont novateurs. Et au niveau plastique, sa façon de dessiner la pluie, la neige ou le soleil anticipe de 20 ans ce que feront les Impressionnistes.
Quelles sanctions Daumier eut-il à subir de la part du pouvoir ?

Il est le seul dessinateur de presse français a avoir été incarcéré de toute l'Histoire. Il a fait six mois de prison en 1832 pour avoir représenté le roi Louis-Philippe en Gargantua. Il a aussi été beaucoup censuré, toujours sous
Louis-Philippe, mais aussi sous le Second Empire et a du subir l'autocensure de ses directeurs de journaux qui écopaient de nombreuses amendes à cause de lui.
Ses dessins ont-il eu une influence sur les hommes politiques et les lecteurs ?

Il est difficile d'évaluer son influence sur ses contemporains. Durant ses 40 années de production, il a indéniablement gêné le pouvoir en place. Mais on ne peut pas dire que ses dessins aient eu une incidence politique. En
revanche, concernant son lectorat, il a certainement influencé l'imaginaire collectif. Les journaux pour lesquels il travaillait étaient distribués sur abonnement avec des tirages de 3000 exemplaires pour
Le Charivari
par
exemple. Ca paraît très peu mais les journaux circulaient beaucoup dans les cabinets de lecture et ses dessins étaient exposés en vitrine.
Quels sont les héritiers de Daumier aujourd'hui ?

Tim, Plantu, Cabu, etc. Tous les dessinateurs de presse actuels français se réclament de lui. Mais la grande différence entre eux et Daumier, c'est que lui ne se considérait pas comme un journaliste. C'était un artiste. Il est, par
ailleurs, reconnu comme un maître de l'estampe, un lithographe et un peintre hors pair.
Exposition
« Daumier »
jusqu'au 29 juin 2008 à la BNF, site Richelieu/Galerie Mazarine
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