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Gasquet à quai ?

Raillé pour son attitude inconcevable face aux Etats-Unis, Richard Gasquet pourra-t-il se remettre de tout le buzz accumulé le fameux week-end de coupe Davis à Winston Salem (Etats-Unis) ? Pas sûr.

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L'ex-numéro sept au classement ATP, aujourd'hui dixième, pourrait-il bientôt tirer sa révérence ?
Et si Richard Gasquet plaquait tout ? Et s'il en avait assez d'être l'objet fétiche de ses parents, de la France du tennis et des médias ? Et s'il ne supportait plus de ne pas pouvoir répondre chaque semaine aux immenses attentes ? Et s'il avait compris qu'il ne pourra jamais gagner Roland-Garros (ou Wimbledon), seuls sésames pour enfin exister aux yeux des autres ? Ce scénario vous paraît fou ? Pas tant que ça...

La risée des journalistes américains

En 2004, espoir bloqué, il avait déjà failli tout envoyer en l'air. Et cette fois-ci, Richard Gasquet déprime vraiment. Ceux qui le côtoient fréquemment n'ont pas l'impression de voir un jeune homme bien dans sa peau et heureux de son enviable condition de champion. Contre les Etats-Unis en coupe Davis, sa folle attitude d'isolement, d'abandon et de refus d'obstacle, trop caricaturale pour être vraie, cachait un évident malaise.
Seul, pianotant frénétiquement sur ses deux téléphones portables, indifférent à certaines règles de la vie en groupe, caché derrière de vraies-fausses blessures pour ne jouer aucun match décisif, Richard Gasquet a joué les fantômes à Winston Salem en se coupant du reste du monde. Avant la rencontre, plusieurs indices indiquaient qu'il allait à reculons disputer ce choc pourtant prometteur. Effectivement, il n'a pas fait semblant. Au point d'être la risée des journalistes américains seulement convaincus par les profils de winners.
Pour faire tomber la pression en vue des échéances futures, angoissé par son niveau actuel de jeu qui, selon lui, ne lui permettait pas d'assurer, Richard Gasquet aurait sans doute voulu se cacher pour se faire oublier. Patratras, on n'a presque parlé que de lui tellement il fut maladroit dans l'exercice du camouflage. Un manque de maturité ? Pris dans le tourbillon médiatique, il devint celui qui abandonne ses coéquipiers en rase campagne, l'égoïste si soucieux de son seul sort qu'il en oublie même de soutenir ceux qui jouent sur le court.

' Mozart du tennis, c'est quand même beaucoup ! '

On rappela ses différentes pannes psychosomatiques, qui, de la cruelle défaite au deuxième tour face à Kristof Vliegen l'an passé au forfait polémique (pour cause d'angine) avant d'affronter l'espoir américain Donald Young l'été dernier à Flushing Meadows, balisent déjà cruellement son étrange carrière. Les plus sévères des suiveurs se souvinrent aussi que, dans les compétitions de jeunes, il avait aussi sacrifié des matchs en compétition par équipe quand cela l'arrangeait. Portant le coup fatal, le président de la fédération, Christian Bîmes, ne se priva pas, une fois rentré en France, de fustiger ce comportement indigne d'un surdoué.
Mais faut-il pour autant lui jeter toutes les pierres ? Apprenti génie mis sur le devant de la scène dès ses neuf ans lorsqu'une une lui fut consacrée par Tennis Magazine, enfant unique toujours surprotégé par ses parents, Richard Gasquet a des fardeaux lourds à porter. Car il est obligé de réussir au plus haut sommet pour un projet qui n'est fondamentalement pas le sien. Sa propension à ne pas beaucoup penser aux autres n'a-t-elle pas aussi été aiguisée par son devoir de devenir un champion dans un sport éminemment individualiste ? ' Vous savez, j'ai grandi avec le regard des autres sur moi et ça n'a pas été facile tous les jours, déclarait-il récemment. Cela a toujours été mon histoire. On m'appelait le génie, Mozart, et ça colle à la peau. Mozart, c'est quand même beaucoup... '

Des parents trop présents ?

Aujourd'hui, Richard Gasquet ne sait plus ce qu'il faut faire pour entrer dans le c?"ur des Français. Un temps septième mondial, demi-finaliste de Wimbledon l'an dernier, qualifié pour les Masters à 21 ans, on ne peut pas considérer qu'il ait échoué. Mais il est déjà presque éclipsé par l'arrivée soudaine de Jo-Wilfried Tsonga, au caractère plus charismatique. Et, s'il n'a lui-même jamais proclamé son envie d'être numéro un mondial, le public, appâté par sa réputation, a décidé que ce serait ça ou rien. Délicate barrière à franchir.
D'autant plus que tout n'est pas rose en coulisses. ' Tout le monde n'a pas l'air de regarder dans la même direction ', suggérait récemment Makis Chamalidis, psychologue intervenant auprès de la Fédération française de tennis, en pensant très fort au rôle ambigu tenu par les parents, toujours influents et partagés dans leur mission pour leur petit génie. Le pousser à fond ou le protéger pendant les mauvaises passes ?
Et pendant ce temps-là, coincé entre ces logiques contraires, submergé par les attentes, Richard Gasquet régresse...
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