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PHOTOS
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| 14 buts en 40 matchs : des statistiques très décevantes pour Thierry Henry. |
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| « Titi » et sa femme Nicole, durant le mondial 2006. Ils viennent de divorcer au début de l'année. |
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Si, cette saison encore, Thierry Henry écrase les prix et fait sauter la banque - pour ses propres revenus, estimés à près de 17 millions d'euros -, l'attaquant du FC Barcelone tarde en
revanche à faire exploser les défenses espagnoles. Quatorze petits buts avec le Barça en 40 rencontres, toutes compétitions confondues, voilà un rapport qualité/prix qui laisse à désirer.
Jamais, depuis qu'il a quitté la Juventus de Turin, en 1999, le meilleur buteur des Bleus n'avait été aussi discret... sur les terrains. Car en dehors, mais toujours devant les caméras et les micros espagnols,
Thierry Henry parle. Beaucoup. Il se confie, énormément, et surtout dévoile des pans entiers de sa vie privée.
« Depuis un petit moment, je suis sur les nerfs. Je ne suis pas moi-même. Je fais des trucs que je n'ai
pas l'habitude de faire. »
Révélations
Le mois dernier, au cours d'une
conférence de presse
qui laissa sans voix les représentants de la presse à scandale, l'ancien buteur des Gunners d'Arsenal, celui qui a toujours filé tout droit vers le
but, emprunta un chemin de traverse et déclara en anglais, devant des journalistes espagnols ébaubis :
« Je n'en ai jamais parlé jusqu'à maintenant, mais depuis que je suis arrivé ici, à Barcelone, je ne vois pratiquement plus ma fille. Il n'y a que lorsqu'elle est là que je me sens
heureux. Ce n'est pas souvent, et ce n'est pas évident. Je ne vais pas entrer dans les détails de ma vie privée
[sic],
mais c'est beaucoup plus difficile à vivre que tout ce qui peut se raconter. J'ai
souvent fait passer ma carrière avant tout le reste. Le fait de ne pas avoir ma fille à mes côtés me fait prendre conscience qu'il y a des choses plus importantes dans la vie que le foot. Quand tu ne te sens pas en harmonie dans ta vie
privée, ce n'est pas toujours évident de donner un bon rendement sur le terrain ! »
Cherchez la femme - Nicole Merry, un superbe mannequin anglais épousé en 2003 et qui a demandé et obtenu le divorce en début d'année afin de rester en Angleterre -, et vous trouverez Tea, la petite
fille de 2 ans qui manque tant à son papa. Devant ce coeur mis à nu et ces confessions soudaines et presque touchantes, les médias espagnols furent traversés par plusieurs sentiments.
Ceux de Barcelone eurent du mal à admettre ce déballage public. En Catalogne, contrairement à ce qui se passe à Madrid, la presse
people
n'entre pas dans les vestiaires et dans les âmes des joueurs. Jamais
encore un joueur du Barça n'avait évoqué publiquement sa vie privée.
El Mundo
évoqua
« des confessions plus proches d'un personnage de la presse rose que d'un footballeur ».
Quant à l'éditorialiste du quotidien
catalan
Sport,
il dénonça avec force et justesse les propos de la star blessée :
« Déjà, ce n'est pas normal qu'un joueur convoque une conférence de presse juste avant un entraînement.
Mais le plus surprenant, c'est que Thierry Henry justifie son discret rendement sportif par des problèmes personnels
[...]
en évoquant les vicissitudes de sa vie privée avec sa fille en point névralgique. Si les
médias avaient révélé cette affaire, il nous l'aurait reproché. »
Fini, le Thierry Henry « d'avant » !
A Madrid, bien évidemment, dans les couloirs du Real, le club honni, certains ironisèrent, sous le couvert de l'anonymat - cette carapace si agréable quant il s'agit de démonter le puzzle de la vie d'un
adversaire.
« Quand la famille s'invite au Nou Camp
[le stade du Barça, NDLR]
et qu'on cesse d'y parler football, il s'agit assurément d'une mauvaise
affaire. »
« Assurément », « effectivement », « probablement » : tous ces adverbes qui saupoudrent les certitudes au sujet de Thierry Henry ne sauraient
cependant expliquer les vraies raisons de son étonnante baisse de régime. Le coeur a ses raisons que le ballon et ses trajectoires ingrates ignorent.
Henry a fait exploser tous les compteurs à Arsenal. Sacré meilleur buteur du championnat à 4 reprises (en 2002, 2004, 2005 et 2006),
recordman
du plus grand nombre de buts inscrits pour les Gunners (226 en
369 matchs),
le gamin
d'origine antillaise (Guadeloupéen, plus précisément de la Désirade, par son père et Martiniquais par sa mère)
né le 17 août 1977 aux Ulis (Essonne), mélangeait les cartes à lui tout seul pour redistribuer le jeu. A Londres, où il pleut une seule fois, mais d'octobre à septembre, pour reprendre une savoureuse expression des
Carnets du
Major Thompson,
Henry était roi. Capitaine. Mais, malgré ses poils au menton, « Titi » n'a pas assumé, à Barcelone, les énormes, immenses responsabilités qui étaient les siennes à Arsenal en tant que
chef de fil d'une ligne directrice tracée par Arsène Wenger. Anonyme parmi les stars (Eto'o, Ronaldinho, Messi, Deco
and co.),
Henry voit, au Barça, son ego prendre quelques kilos. Blessé, l'enfant de
Clairefontaine évolue sur un pied.
« Je m'efforce de rattraper le déficit musculaire de ma jambe gauche. Je pense que je pourrais mieux faire, mais je joue où le
coach [Rijkaard, NDLR]
me le
demande. Il veut que j'évolue au milieu du terrain, je le fais, mais, quand je bouge, je n'ai plus le but en face de moi. Maintenant, si les gens veulent voir le Thierry Henry d'avant, qu'ils achètent les DVD
d'Arsenal... »
L'Euro en rattrapage ?
Touché, pas encore coulé, peut-être ressuscité en juin pour le Championnat d'Europe des nations, le meilleur buteur des Bleus (43 buts en 96 sélections), champion du monde en 1998, d'Europe en 2000, de la Coupe
des confédérations la même année, seul joueur du championnat anglais à avoir inscrit plus de
20 buts par saison
pendant 5 ans, Thierry Henry, dont le salaire est estimé à
24 000 euros par... jour au Barça, peut facilement calmer ses angoisses de père déchu. La vie, insupportable à ce tarif s'il fallait lui demander la permission d'exister, va bientôt rattraper cet homme divorcé qui fait
encore et toujours rêver des millions de Français.
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