|
SOMMAIRE
Le retour du tout-électrique
Les voitures à venir
PHOTOS
 |
| Après un essai infructueux il y a une dizaine d'années, la voiture électrique fait son grand retour. |
 |
|
|
Elle ne fait aucun bruit en roulant, se branche sur une simple prise secteur et ne rejette aucun polluant. La voiture à propulsion électrique ne date pas d'hier, mais refait surface dans un contexte environnemental de plus en
plus préoccupant : réglementation renforcée sur les rejets de CO2, réchauffement climatique, pollution urbaine... De nombreux modèles à l'étude devraient bientôt voir le jour et être produits à grande échelle. Les constructeurs se
remettent à croire à cette solution technique, après des années de tâtonnements et d'échecs.
Il y a dix ans, PSA avait tenté sa chance avec des Peugeot 106 et des Citroën Saxo carburant à l'électricité. Sans succès puisque les 15 000 exemplaires mis en circulation ont été achetés uniquement par des
entreprises publiques ou par des ministères. Il faut dire que leur autonomie ne dépassait pas 100 km. Depuis cette douche froide, aucune autre grande marque n'a donné suite. Seules quelques petites enseignes ont persisté avec des
produits marginaux, à vocation industrielle ou de loisirs. Ou pour jouer les éclaireurs, comme Venturi avec ses modèles Fetish et Eclectic.
Deux technologies en concurrence
Aujourd'hui, la donne a changé avec l'arrivée des batteries au lithium, qui remplacent celles au plomb, et qui permettent d'augmenter les performances et l'autonomie des véhicules (jusqu'à
250 km). Deux solutions s'affrontent : le lithium-ion, utilisé par la plupart des constructeurs, permet de concevoir des piles relativement compactes et rechargeables en moins de cinq heures.
Seul souci : une tendance à la surchauffe pendant le temps de recharge. L'exemple le plus illustre est le système Cleanova, développé par SVE (filiale de Dassault), qui peut être intégré sur n'importe quel véhicule
- une trentaine de voitures ont déjà été expérimentées. Selon Sébastien Remdauville, directeur financier de la société,
« le marché est mûr, et notre système désormais fiable et éprouvée. Il ne reste plus
qu'à passer des accords avec des constructeurs ».
Bolloré mise quant à lui sur le métal polymère, avec son concept Blue Car. Selon Tarik Dali, proche du groupe breton,
« l'avantage de notre technologie, c'est que nos batteries ne contiennent
pas de liquide, elles ne comportent donc aucun risque de fuite ou d'explosion. Notre dispositif est en outre spécialement adapté et pensé pour nos produits ».
Un futur modèle de série, basé sur la Blue Car et
conçu avec Pininfarina, devrait être commercialisé dès 2009.
La course a commencé
Ces deux exemples annoncent le grand retour du tout-électrique sur un marché qui devrait représenter 1,5 à 2 millions de voitures par an en Europe à l'horizon 2012. L'alliance Renault-Nissan prévoit donc de
développer une offre massive de véhicules au lithium-ion, dans le cadre de son programme de développement local - Better Place -, l'installation d'une infrastructure (réseau de bornes etc.) sur un territoire étant
une condition nécessaire à la percée des voitures électriques. Ce projet sera d'abord mis en oeuvre en Israël et au Danemark suivant des accords spécifiques avec ces pays, avant d'être étendu à d'autres marchés
européens.
En attendant, il y a plus concret. La petite City, proposée par la firme norvégienne Think, débarque chez nous où elle risque de faire du bruit. Cette mini-citadine sera en effet la première voiture commercialisée en France dotée de
batteries lithium-ion. Mitsubishi prépare de son côté un modèle prometteur, l'i-MiEV, un minispace citadin qui fera ses débuts l'an prochain au Japon, avant d'arriver en Europe, en 2011. De l'autre côté de
l'Atlantique, c'est Tesla Motors qui semble le mieux placé pour conquérir ce nouveau marché. Cette marque, qui produit déjà un roadster à moteur électrique hautes performances, prévoit des partenariats avec Ford, GM ou Toyota pour le
développement de modèles grand public réservés aux Américains. A suivre...
Un contexte favorable
L'offre de véhicules 100 % électriques devrait donc se développer fortement ces prochaines années dans les villes, avec le concours de politiques volontaristes et d'avantages fiscaux. N'émettant pas le moindre
gramme de CO2, ces voitures bénéficieront en France d'un maxi bonus de 5 000 euros à l'achat. Des places de stationnement gratuites leur seront attribuées dans certains parkings, et des bornes seront mises en place un peu
partout pour faire le « plein d'électricité ».
Les systèmes de véhicules en libre service, prévus notamment à Paris, devraient également contribuer à leur développement. De même que des commandes publiques ou privées d'envergure, comme celles de La Poste, qui compte
acquérir prochainement 500 voitures électriques, puis 10 000 à l'horizon 2013. Un bon début. Reste à savoir si les particuliers se décideront à franchir le pas. Pour ce faire, le coût d'utilisation - environ
1 euro pour 100 km -, constituera sans doute un argument de poids face à l'augmentation inexorable des prix du carburant à la pompe.
Suite du dossier
>>> Les voitures à venir
|