|
PHOTOS
 |
| Le SUV Sceo distribué en France par China Automobile. |
 |
 |
| Le 4x4 UFO Jonway. |
 |
 |
| Le Landwind X-Pedition d'Asie Auto. |
 |
| |
Il s'appelle Sceo et voudrait déjà s'imposer dans la cour des grands. En attendant une déferlante de voitures chinoises, ce gros SUV sera le premier véhicule importé en France et distribué par China Automobile à partir du
mois de mai. Ce 4x4 de marque Shuanghuan a déjà fait couler beaucoup d'encre depuis sa présentation au salon de Francfort 2007.
C'est en effet la pâle copie d'un BMW X5 croisé avec un Toyota Land Cruiser. Sans doute n'est-il pas le meilleur ambassadeur du savoir-faire chinois, d'autant que les premiers tests réalisés par la
presse spécialisée ne sont pas brillants, notamment sur le plan sécuritaire. Mais il bénéficie de l'homologation européenne et a reçu l'autorisation d'immatriculation en France le 15 février dernier.
Benoît Chambon, directeur marketing de China Automobile, se dit confiant en l'avenir et défend son choix en mettant en avant un rapport qualité/prix « défiant toute concurrence » :
« Nous avons sélectionné le Sceo parce qu'il répondait le mieux aux attentes du marché et aux critères d'homologation. Il bénéficie également de mécaniques japonaises Mitsubishi, gage de fiabilité et de confiance
pour le client. »
« Low cost de luxe »
A la différence des coréens qui ont débuté avec des voitures plus modestes et « discount », les constructeurs chinois, via leurs importateurs, misent sur des produits haut de gamme et clinquants, à
l'image du Sceo.
« Nous voulons faire du "low cost de luxe" »,
explique Benoît Chambon. Au programme donc, un maximum d'équipements (lecteurs DVD embarqués, climatisation automatique,
sellerie cuir, radars de recul...),
« le tout pour un prix d'environ 30 % moins cher que la concurrence »
, poursuit-il.
Reste qu'à 25 900 euros (l'équivalent de 3 Dacia Logan !), le Ceo n'est pas donné. L'importateur ne prétend pas pour autant concurrencer les marques premium de renom.
« Le Sceo est avant tout un modèle de conquête qui vise une clientèle issue du marché de l'occasion. »
Doté d'un humble 2.0 essence de 140 ch, convertible au GPL et bioéthanol,
ce SUV sera disponible plus tard avec un diesel aux normes Euro V, indispensable pour percer en France.
China Automobile lancera ensuite le UFO Jonway , un autre 4x4 toujours en cours d'homologation. Lui aussi a des airs de déjà vu puisqu'il reprend la carrosserie de l'ancien Toyota Rav 4, Shuanghuan ayant
racheté l'outil de production au constructeur nippon. Une manière de faire l'économie du design et d'une part de l'ingénierie tout en s'appropriant l'image d'un modèle à succès, disparu mais encore
dans le coup.
Cap sur la sécurité
Du côté d'Asie Automobile, l'autre importateur français, on voit d'un mauvais oeil l'arrivée de ces modèles, et notamment celle du Sceo.
« Ce véhicule ne faisait pas partie de ma sélection
pour des raisons de prix, de sécurité et parce qu'il s'agit d'une copie »,
remarque Elisabeth Young, présidente de l'enseigne, qui s'apprête à importer en France les marques Brillance et
Landwind.
« Je m'inquiète de l'amalgame qui risque d'être fait entre ces véhicules en question et les nôtres. »
Asie Auto, qui dispose d'une centaine de points de ventes (rachetées à l'ex-constructeur Rover), lancera prochainement le Landwind X-Pedition, un 4x4 rustique et bon marché vendu aux alentours de 16 000 euros.
Mais qui, lui aussi, est issu d'un vieux modèle Opel, le Frontera, récupéré dans les greniers de GM. Après avoir été lourdement mis en cause pour sa sécurité lors de tests calamiteux en Allemagne, ce 4x4 a été amélioré afin d'obtenir
au minimum 3 étoiles EuroNCAP.
« Tous nos modèles bénéficieront de cette garantie à leur commercialisation, c'est notre engagement. Nous préférons attendre d'avoir le bon produit, car nous voulons nous
inscrire dans le long terme. »
Experts en imitation
Par opportunisme ou par manque d'imagination et de temps, les constructeurs chinois répondent à l'urgence du marché dans la précipitation, sans trop se soucier de leur image de marque en Europe. Il s'affichent
ainsi comme les champions de l'imitation, voire de la contrefaçon.

Quand ils ne rachètent pas à des constructeurs des licences d'anciens modèles pour les adapter à leur marché, ils n'hésitent pas à plagier outrageusement un produit existant, comme dans le cas du Sceo. Et de la Noble,
autre véhicule controversé de la marque Shuanghuan. En fait, une copie de la Smart Fortwo qui propose quatre places et des tarifs plus attractifs. Mais qui ne devrait pas être importée à cause de la pression mise par DaimlerChrysler.

La marque Byd est également spécialiste en matière de copiage. Même son logo ressemble à s'y méprendre à celui de BMW. Sa gamme de modèles, les F1, F3 et F6, est un savant mélange de références européennes bien connues
(Renault, Toyota, Honda ou BMW...). Ça marche en Chine, pas sûr que les Européens adorent.
|