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| Chercher un nouveau travail est légitime, mais proposer ses services à un concurrent peut parfois être illégal : prudence ! |
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| Sur les bases de CV en ligne, comme Monster, la très grande majorité des utilisateurs sont des personnes déjà en poste et qui recherchent de nouvelles opportunités professionnelles à court ou à moyen terme. Des options de confidentialité s'imposent donc. |
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Vouloir changer d'entreprise après plusieurs années de bons et loyaux services : rien de plus normal ! Vouloir assurer ses arrières avant de démissionner : rien de plus humain. Mais frapper à la porte d'un concurrent ou
prospecter sur le Web pendant ses heures de travail n'est pas anodin.
« Il faut être extrêmement prudent, surtout quand on occupe un poste de cadre avec un savoir-faire spécifique que l'on veut vendre ailleurs, car le salarié
est tenu à une obligation de loyauté, écrite ou tacite, envers son employeur »,
avertit maître Michèle Bauer, avocate au barreau de Bordeaux.
Certains contrats prévoient même des clauses de non-concurrence ou d'exclusivité. Si votre employeur découvre le pot aux roses, vous risquez non seulement de dégrader passablement vos relations de travail. Mais vous pourriez aussi subir
un licenciement pour faute grave ! Pour prospecter efficacement tout en évitant le clash, certaines précautions s'imposent donc.
Règle n° 1 : motus et bouche cousue
Discrétion : voilà le maître mot du salarié sur le départ.
« Il faut en parler le moins possible autour de soi dans l'entreprise et être très prudent avec ses collègues car l'information risque de se répandre
très vite, surtout dans les petites structures »,
conseille Me Bauer. Prospecter en conservant son poste exige souvent de vrais talents de dissimulation !
Sur Internet, les forums regorgent de conseils pour éviter d'éveiller les soupçons de ses supérieurs et de ses voisins d'open space : couper son portable pour ne prendre ses rendez-vous qu'après le travail. Et les jours
d'entretien, laisser veste et chaussures de « bon élève » dans la voiture, si une tenue décontractée est de rigueur dans votre entreprise...
Ceux qui veulent faire leurs recherches sur Internet au bureau doivent aussi être prudents : les regards baladeurs identifieront rapidement la page d'accueil d'un site de recrutement. Le problème est tellement répandu que le
cabinet belge Senses
propose des « camouflages » pour postuler en toute discrétion. D'un simple clic, le portail prend les allures d'un site de vente en ligne de meubles de
jardin, d'un restaurant japonais ou de bien-être !
Règle n° 2 : proscrire l'ordinateur professionnel
D'une façon générale, un candidat à la démission doit redoubler de précaution avec tous les outils informatiques sur le lieu de travail : cet espion est doté d'une incroyable mémoire... et ne vous appartient pas ! Un
nombre important de messages envoyés à un adversaire commercial ou un nombre excessif de connections sur des sites de recrutement peuvent vite être détectés par l'administrateur réseau.
« Je conseille tout bonnement de ne pas utiliser le matériel du bureau et de faire ses recherches chez soi le week-end,
note Me Bauer.
Si ce n'est pas possible, il faut le faire en
l'absence de son supérieur, copier sur une clé USB et effacer tous les documents (CV, lettres de motivation, etc.) de son disque dur avant de quitter le travail ou les stocker dans un dossier clairement identifié comme
personnel ».
En cas de soupçons, libeller un dossier comme « personnel », voire en verrouiller l'accès par un mot de passe, constituera une protection légale contre l'intrusion de votre employeur au nom du respect de votre
vie privée. Mais en cas de poursuites, et après autorisation d'un tribunal, l'employeur pourra faire sauter ces verrous en présence d'un huissier, notamment s'il y a présomption de concurrence déloyale
(Lire aussi
Surfer au travail sans fâcher son patron).
C'est un risque qu'il vaut mieux éviter.
Règle n° 3 : contourner Big Bbrother
En 2006, 24 % des cadres étaient déjà recrutés sur une Cvthèque, et 55 % des candidatures transitaient par le Web. Autant dire qu'Internet est devenu le partenaire incontournable de toute recherche d'emploi. Mais pour un
salarié déjà en poste, la « transparence » du Web n'est pas sans risque.
« S'il y a une mauvaise ambiance dans l'entreprise ou si votre employeur sent que vous voulez démissionner, il peut surveiller
les CVthèques en ligne. S'il tombe sur votre CV il peut vous demander une explication, et il y a de grandes chances qu'il opte pour une sanction disciplinaire comme un avertissement, sans que la procédure aille jusqu'au
licenciement »,
observe Me Bauer.
« Nous n'avons pas connaissance de pratiques massives d'espionnage de ce type. Néanmoins, notre outil permettant de rechercher des candidats en fonction du nom de l'entreprise, un DRH en a tout à fait la
capacité »,
confirme le site de recrutement Monster, qui enregistre 2 millions de CV visualisés chaque mois par des recruteurs ! Et la probabilité de se faire repérer est encore accrue par le développement de
logiciels d'extraction de CV dans les services des ressources humaines.
Pour éviter ce type de confrontation, une première solution consiste à intégrer son CV de façon anonyme, en masquant nom et coordonnées. Les sites de recrutement proposent ainsi de ne révéler vos infos personnelles que sur demande. Mais
attention :
« Si le recruteur en comprend la motivation principale, qui est la discrétion vis-à-vis de l'employeur actuel, il reste méfiant face à une telle candidature »,
prévient le groupement de
cabinets de recrutement Syntec (1). Pour contourner cet inconvénient, le site Monster a trouvé la parade
avec une fonction « Confidentialité Plus » :
« Le CV est cette fois totalement visible par tous les recruteurs, à l'exception de
son employeur actuel et/ou de ses filiales. Il est alors bloqué et invisible pour tout chargé de recrutement des entreprises désignées ayant accès à la base de CV Monster »,
explique le site.
Monster conseille d'ailleurs vivement cette précaution à ses utilisateurs, qui sont en très grande majorité déjà en poste. Et si ce jeu de cache-cache vous fatigue déjà, il vous reste une troisième option, sûre et efficace :
répondre à des offres précises, depuis chez vous, en utilisant une adresse e-mail personnelle... ou même La Poste !

(1) Les 10 règles de la candidature Internet,
(Syntec/RégionsJob).
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