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| La dernière rencontre entre les deux équipes remonte à l'Euro 2004. Un incroyable doublé de Zinedine Zidane dans les arrêts de jeu avait alors donné la victoire aux Bleus (2-1). |
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Gaulois et Britanniques entretiennent une rivalité exacerbée quelle que soit la discipline qui les oppose. Mais cette rivalité est un peu dans le flou avant le match amical qui doit opposer les deux formations le 26 mars prochain.
D'un côté, une équipe de France dont beaucoup de cadres reviennent de blessure ou sont en petite forme. De l'autre, l'Angleterre, non qualifiée pour le Championnat d'Europe 2008 et à la recherche d'une réelle identité dans son jeu.
Ambiance.
L'Anglais est-il incompétent ?
La Premier League est aujourd'hui le meilleur championnat européen, et de loin. Economiquement, l'Angleterre met tout le monde à genoux, avec un chiffre d'affaires annuel de 2,5 milliards d'euros. C'est presque trois fois plus que
la Ligue 1. Sportivement, les clubs anglais ne laissent que des miettes à leurs adversaires. Trois des quatre demi-finalistes de la Ligue des Champions 2006-2007 venaient de la Premier League. Et même si le Milan AC est parvenu à remporter le
trophée, la mainmise du football britannique est incontestable. C'est encore le cas cette saison. Les quatre représentants anglais sont toujours en course en quart de finale de la C1. Tout simplement impressionnant.
Mais ces performances contrastent avec une sélection dont les résultats ne sont clairement pas à la hauteur. Et à l'image de l'Espagne, qui a toujours eu de très bons clubs et une équipe nationale en dedans, l'Angleterre est
« pénalisée » par un trop-plein d'étrangers dans son championnat. Les équipes du « Big Four » (Manchester United, Arsenal, Chelsea, Liverpool) alignent rarement plus de 3 ou 4 Anglais
dans leurs 11 titulaires. A Arsenal, il n'est d'ailleurs pas rare de voir 11 étrangers alignés d'entrée de jeu.
« Vous êtes des nuls, on va chercher ailleurs »
Les joueurs nationaux brillent peu et composer une équipe d'Angleterre performante relève de l'exploit. Au point qu'une « vieille » gloire comme David Beckham, pourtant en trêve avec les Los Angeles Galaxy, a
été rappelé. L'ancien Madrilène pourrait ainsi fêter sa 100e sélection en cas d'entrée sur le terrain. Plus grave encore, ce problème d'identité touche désormais les sélectionneurs. En 2001, le Suédois Sven-Goran Eriksson devient le
premier étranger à entraîner l'équipe d'Angleterre. En 2006, la fédération semble revenir à des intentions plus patriotes en nommant Steve McClaren, avant de finalement se rabattre sur Fabio Capello en décembre dernier après la
non-qualification pour l'Euro 2008. Les réactions à la nomination de l'Italien n'ont d'ailleurs pas tardé.
« Je trouve ça dommage d'aller chercher un Suédois ou un Italien. Ceux qui connaissent le mieux les joueurs, la mentalité en Angleterre, ce sont des Anglais. Là, c'est dire aux autres entraîneurs du pays :
"vous êtes en Angleterre, vous êtes des nuls, on va chercher ailleurs".
C'est comme ça que je le vois. »
Raymond Domenech n'a jamais fait dans la langue de bois et le démontre une nouvelle
fois. Un sentiment partagé par Gareth Southgate, l'actuel entraîneur de Middlesbrough :
« Je ne comprends pas l'intérêt du football international si le sélectionneur, les coachs ou n'importe quel membre du staff ne sont
pas tous anglais. Je ne vois pas quel est le but s'il ne s'agit pas de représenter son pays. Cela devient comme le football de club, comme la Champions League. Je trouve étrange que la Fifa permette que cela se
produise. »
Les Bleus dans le flou
Côté français, le problème est tout autre. Les meilleurs joueurs évoluent à l'étranger et contrairement à leurs adversaires du soir, ils seront en Suisse et en Autriche au mois de juin prochain. Pas de quoi fanfaronner pour autant.
Hormis Franck Ribéry et Karim Benzema, très performants avec leur club actuellement, les cadres de l'équipe de France ne semblent pas (encore ?) au meilleur de leur forme. Et toutes les lignes sont concernées.
Dans les buts, Grégory Coupet accumule d'inhabituelles et inquiétantes erreurs depuis son retour de blessure il y a trois mois. Quant à Michaël Landreau, son remplaçant, il a commis plus de boulettes ces dernières semaines que lors de
toute sa carrière. En défense, Willy Sagnol n'a refoulé les pelouses qu'il y a peu et sa condition physique reste une énigme. Autre inconnue de la ligne arrière, Lilian Thuram. A 36 ans, le Barcelonais semble à même de tenir sa place en défense
centrale. Mais difficile de dire si son temps de jeu réduit au Barça est une bonne chose ou non : arrivera-t-il à l'Euro à bout de souffle ou au contraire avec toute la fraîcheur nécessaire à cette époque de la saison ? Derrière, la jeune
garde montre le bout de son nez, notamment le Lillois Adil Rami et le joueur de Stuttgart, Mathieu Delpierre, tous deux appelés pour la première fois de leur carrière par Raymond Domenech. Le sélectionneur tricolore pense déjà à l'avenir.
Thierry Henry est malheureux
Au milieu du terrain, le duo de récupérateurs Vieira / Makélélé est lui aussi dans le doute. Le premier revient de blessure et semble perdu depuis quelques semaines avec l'Inter Milan, aligné sur le côté droit par son entraîneur,
un poste qui ne lui convient pas. Mais sa récente prestation contre Palerme a tout de même de quoi rassurer. Quant au joueur de Chelsea, il s'est mis d'accord avec Avraham Grant pour ne disputer que les matchs importants. De quoi, en théorie,
arriver à l'Euro en pleine possession de ses moyens. Espérons le !
Enfin, le dernier élément majeur des Bleus, peu à l'aise ces temps-ci, n'est autre que son meilleur buteur, Thierry Henry. Depuis son arrivée à Barcelone, l'ancien Gunner ne cache pas son mal-être. Suite à son divorce en juin dernier,
Titi ne voit plus sa fille aussi souvent qu'il le voudrait et son moral s'en ressent :
« ma fille est ce que j'ai de plus important dans ma vie, un père qui ne voit sa fille que cinq fois en huit mois ne peut pas être
heureux ».
Ajoutez à cela un Frank Rijkaard qui l'aligne systématiquement côté gauche. Et on pourrait retrouver un Thierry Henry démoralisé et en manque de repères à l'Euro.
Raymond Domenech a donc pour mission de remobiliser ses troupes, un peu perdues ces derniers temps. Début du chantier, mercredi 26 mars au Stade de France.
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