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| Les hausses de 40 % enregistrées par « 60 Millions de consommateurs » restent des exceptions fantaisistes : en moyenne les prix à la caisse ont augmenté de 1,97 % entre novembre et janvier. |
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| Le prix d’un panier de 102 produits majeurs (grandes marques et premiers prix emblématiques) peut varier de 14 % d'une enseigne à l'autre, selon le magazine « Linéaires ». |
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| En 1998, Leclerc affichait fièrement le nouveau tarif en euros des fromages Vache qui rit. En 2008, le distributeur les a retirés de ses rayons pour protester contre la hausse des prix ! |
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| La flambée du prix des produits agricoles, et notamment du lait, est la principale cause de l’inflation constatée dans les rayons alimentaires ces derniers mois. Les ventes de yaourt commenceraient déjà à en pâtir. |
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C'est l'Institut national de la consommation (INC) qui a mis le feu aux poudres fin février. Une enquête coup de poing de sa revue
60 Millions de consommateurs
révélait des hausses de 5 à 48 % des prix
dans les grandes surfaces entre novembre et janvier. La polémique n'a pas tardé à enfler. Pourtant si la situation est préoccupante elle est loin d'être aussi alarmante !
Plutôt 3 % que 40 % d'augmentation
Les premiers résultats de la contre-enquête de Bercy
ont rapidement calmé le jeu avec
« des hausses de prix entre 11,5 et 18,2 % »
relevées sur 20 produits, dans 80 supermarchés de six enseignes différentes et dans huit centrales d'achat. Là où l'INC notait 40 %
d'augmentation sur les yaourts, la répression des fraudes n'enregistrerait que 7,5 % de hausse, selon
Le Parisien.
Pourquoi ces écarts ? L'INC a fait ses relevés sur les sites des cybermarchés qui pratiquent des
tarifs 13,4 % plus élevés en moyenne que les supermarchés « en dur » visités par la DGCCRF. Et certains des prix enregistrés en novembre étaient en réalité des promotions...
« Selon l'étude IRI France des prix scannés en caisse, entre novembre et janvier, la hausse moyenne s'établit à 1,97 %. Le rayon crèmerie est le plus inflationniste (+6,9 %). Les prix des rayons
entretien, hygiène, alcool, surgelés, charcuterie ou encore traiteur sont stables »,
rappelle, non sans agacement, Dominique de Gramont, délégué général de l'Institut de liaisons et d'études des industries de consommation
(ILEC). Même conclusion pour l'enquête menée par l'institut Nielsen : entre février 2007 et février 2008,
« la hausse moyenne des prix est de 2,4 % et pour les produits frais de
4 % »,
note le magazine LSA. Avec 2,8 % de hausse des prix à la consommation en 2007, la France connaît donc un record d'inflation depuis 1992 selon l'INSEE... mais certainement pas une flambée
dramatique des tickets de caisse !
Les premiers prix plus touchés que les marques
La France est loin d'être le seul pays à connaître la hausse du prix des produits alimentaires. En Italie, une « grève » des pâtes à même été organisée par les associations de consommateurs pour protester
contre l'envolée du prix de la pasta ! Cette inflation généralisée s'explique en effet en grande partie par la hausse des cours mondiaux des matières premières agricoles. De mauvaises récoltes, le développement des biocarburants et une forte
pression de la demande des pays émergents seraient à l'origine de cette situation. Entraînant une réaction en chaîne dans toute la filière agroalimentaire où les céréales servent aussi d'alimentation pour l'élevage...
Paradoxalement, ce sont les produits premiers prix (hausse de 3,63 % des prix fin 2007, selon l'institut Nielsen) ou des marques distributeurs (+3,10 %) et non les marques nationales (+1,29 %) qui pâtissent le plus
de cette flambée, car les matières premières représentent une part proportionnellement plus importante de leur coût.
« Les coquillettes Top Budget ont effectivement augmenté de 43 %. Pour rappel, le blé dur a augmenté de
147 % depuis juillet et entre pour 50 % dans la composition des pâtes »,
explique Intermarché. Selon les experts, la tendance pourrait se poursuivre pendant le 1er semestre 2008. Mais les futures récoltes de
blé s'annoncent bonnes !
Des enseignes qui en profitent plus ou moins
En revanche, la situation est plus préoccupante quand la grande distribution profite de ces hausses pour doper ses marges au nez et à la barbe du consommateur. Bercy note ainsi que malgré une baisse du cours du porc de 4,7 % entre
octobre et décembre, le prix du même jambon Fleury Michon peut varier de 80 centimes entre deux enseignes.
« Étant donné le taux de marge arrière sur le jambon qui est de l'ordre de 60 %, les distributeurs pourraient
vendre la charcuterie 4 fois moins cher »,
note Dominique de Gramont. Les produits frais sont souvent les premiers touchés : comme les salades, achetées 15 centimes au producteur et vendues 1 euro en
magasin ! «
Les distributeurs peuvent cogner dessus sans trop risquer de se faire piquer parce qu'il il n' y a pas deux barquettes de fraises identiques contrairement à un flacon d'huile »,
note le
délégué général de l'ILEC.
« Certains en profitent mais il y a très peu d'excès en la matière car tout le monde travaille avec des marges nettes très serrées : ni le distributeur ni le fournisseur ne veut payer
l'addition »,
modère Florent Vacheret. Face aux abus, une seule solution : changer de crèmerie et faire jouer la concurrence !
Cybermarchés-hypermarchés : dérapages incontrôlés
Le dernier classement des supermarchés du magazine Linéaires
révèle un écart de prés de 14 % entre
son « champion » Leclerc et le
« mauvais élève » Monoprix.
« Sur un panier moyen de produits de marques incontournables (hors produits frais) de
30 euros, à raison de 17 visites par an, cela représente un écart de budget de 71 euros par an »,
note Florent Vacheret. Entre les supermarchés en dur et les grands cybermarchés, l'écart se creuse encore
plus :
« en 1999, Ooshop avait les mêmes tarifs que Carrefour mais aujourd'hui le différentiel de prix a dérapé de 20 % car la clientèle est assez peu sensible au prix »,
précise le
responsable de l'enquête.
« Le seul génie de la grande distribution a été de reporter la charge du travail de service et de logistique sur le consommateur. Or, avec Internet, on a un transfert de cette charge sur le
professionnel, c'était donc stupide de penser que le Web allait faire baisser les prix »,
analyse Dominique de Gramont.
Petits prix à l'Est et gros prix au Sud
Loin de l'image alarmiste d'une hausse généralisée, une nouvelle étude révèle que le niveau des prix et le rythme des augmentations varient aussi fortement d'une ville à l'autre. Entre Ajaccio et Versailles, les deux villes les plus
chères de France, et Charleville Mézières, la plus économique, l'écart de prix atteint respectivement 22 et 9 % selon
l'enquête Nielsen-LSA !
A Albi, ville la moins inflationniste, les prix des produits de grande consommation ont augmenté de 1,3 % contre
3,7 % à Aix-en-Provence, détentrice du record d'inflation. Et la différence de niveau de vie n'explique pas tout.
« Il faut que les consommateurs aient le choix entre les enseignes, or aujourd'hui à Paris, Monoprix et Franprix sont en situation de quasi-monopole et ont une centrale d'achat unique, Casino, qui n'a aucun
intérêt à vendre moins cher dans un « Boboland » au fort potentiel économique ! »,
note Dominique de Gramont. Seule la proximité d'un grand nombre de magasins hard-discount ou la coexistence de
plusieurs réseaux de distribution et centrales d'achats peuvent infléchir positivement la politique tarifaire des grandes surfaces. A Nantes où les grandes enseignes se tirent la bourre, les prix sont parmi les plus faibles de France malgré
« un niveau de vie assez élevé et des coûts d'exploitation importants »,
note la revue LSA. Mais cette situation est encore trop rare : selon une étude Asterop, le consommateur trouvera une
situation concurrentielle plurielle dans seulement 13 % des marchés locaux.
« Dans 60 % de ces marchés locaux une enseigne est en position de leader dépassant de très loin le numéro deux ».
Pas de quoi inciter à réduire les marges pour proposer des prix compétitifs.
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