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Zurich : le casse du siècle
© Christian Hartmann/Reuters
Un Cézanne, un Van Gogh, un Monnet et un Degas, c'est le riche butin emporté par trois hommes cagoulés au musée de la collection Buehrle, à Zurich, le dimanche 10 février 2008. Un vol spectaculaire d'une valeur de 112 millions d'euros aussitôt qualifié de « casse du siècle ». Dix jours plus tard, les malfrats abandonneront deux des tableaux dans une voiture sur un parking public : le Marronnier en fleurs, de Vincent Van Gogh, et le Champ de coquelicots près de Vétheuil, de Claude Monet ! Ci-dessus, le directeur du musée, Lukas Gloor (à gauche sur la photo), aux côtés du porte-parole de la police suisse, Marco Cortesi, devant les uvres retrouvées.
Mona Lisa disparaît © BSPI/Corbis
La nouvelle stupéfait le monde entier le 21 août 1911 : La Joconde a disparu du musée du Louvre ! Le président de la Société des amis du Louvre propose aussitôt 25 000 francs de récompense. Mais on reste sans nouvelles de Mona Lisa durant deux longues années. Les spéculations les plus folles circulent, au point même de porter la suspicion sur Guillaume Apollinaire et Pablo Picasso ! Un antiquaire italien finit par retrouver l'uvre de Léonard de Vinci au mois de décembre 1913 à Florence. C'était l'artisan Vincenzo Peruggia qui l'avait dérobé, un jour de fermeture, probablement pour le compte d'un faussaire argentin. Il fut condamné à un an de prison.
Les Carabiniers en Jamaïque © PIZZOLI ALBERTO/CORBIS SYGMA
La police italienne a été la première, en 1969, à se doter d'une unité spéciale pour lutter contre le trafic d'uvres d'art. Parmi ses nombreux faits d'armes, la résolution d'un vol complexe perpétré en 1987 à la pinacothèque du village de Bettona. Vingt-neuf tableaux avaient été subtilisés, dont un de Perugin, peintre italien de la Renaissance. L’enquête va durer trois et demi. Grâce à la collaboration des polices de six pays d’Europe et des Etats-Unis, les toiles seront retrouvées en Jamaïque en la possession d'un sénateur. Ce dernier sera condamné à plus de deux ans de travaux forcés.
Stéphane Breitwieser : a-t-il volé le Corot du Louvre ? © dr
Comparé à Arsène Lupin par les journalistes, Stéphane Breitwieser cherche à se faire passer pour un collectionneur fou victime de sa passion pour l’art. L’escroc aurait dérobé 230 uvres en sept ans dans toute l'Europe mais en revendique 50 de plus dont le célèbre tableau Le Chemin de Sèvres, de Corot, au Louvre en 1998. Breitwieser avait été arrêté au mois de novembre 2001 à Lucerne. Affolée par la nouvelle de son incarcération, sa mère aurait détruit la plus grande partie de son butin. Mais Stéphane Breitwieser est soupçonné de tenir encore cachés quelques tableaux.
Financer un trafic de drogue avec des Goya © Reuters
Les tableaux dérobés servent souvent de monnaie d'échange pour acheter de la drogue et des armes. Ainsi, le gangster irlandais Martin Cahill dévalise en 1986 un fourgon blindé transportant 18 toiles de la collection de Lord et Lady Beit, dont des uvres signées Vermeer, Goya et Rubens. Le tout pour une valeur totale de plus de 76 millions d'euros devant financer la mise en place d'un trafic de drogue. Un épisode rocambolesque porté à l'écran dans les films Le Général (1998) et Ordinary Decent Criminal (2000) avec Kevin Spacey (voir photo).
Picasso : vol contre rançon ? © dr
Le vol de tableau contre rançon s'est particulièrement développé ces dernières années. Il s'agit de dérober une uvre connue et de faire monter les enchères auprès des assurances ou des propriétaires. Un peu comme on négocie la libération d'un otage. C'est ce qui serait arrivé, selon l'Office central de lutte contre le trafic de biens culturels, à la petite-fille de Picasso, victime d'un cambriolage à son domicile en février 2007. Les voleurs s'étaient emparés de deux tableaux (voir photo ci-dessus) et d'un dessin de l'illustre peintre pour une valeur totale de 50 millions d'euros. La tentative de rançon a avorté, les uvres ayant été retrouvées par la police au mois d'août.
50 secondes pour dérober deux chefs d'uvre © dr
Un vol d'une facilité déconcertante. Le 22 août 2004, il ne faut que 50 secondes à deux hommes armés pour s'emparer des célèbres tableaux Le Cri et La Madone, de Munch, dans un musée d'Oslo, en Norvège. Ils s'enfuient ensuite en courant. Le scandale prend alors une dimension internationale : comment peut-on voler aussi aisément deux chefs d'uvre estimés à plus de 83 millions d'euros ? La polémique prend fin lorsque les peintures sont retrouvées deux ans plus tard. Trois hommes ont été arrêtés et condamnés à verser 122 millions de dollars.
Récupérer discrètement un trésor de guerre nazi © dr
« Puisqu'on brûle les Juifs, ils ne pourront plus profiter de leurs tableaux, autant les avoir chez moi. » C'est ce qu'aurait déclaré le criminel de guerre nazi Hermann Göring à propos de la spoliation des uvres d'art appartenant à des Juifs. Grâce à l'entremise du marchand d'art Bruno Lohse (deuxième en partant de la droite sur la photo), Göring s'est constitué une belle collection privée. Condamné à dix ans de prison après la guerre, Lohse n'avait plus fait parler de lui. Il semblerait pourtant qu'il ait récupéré discrètement une partie du butin de Göring. A sa mort, au mois de mars 2007, la police suisse a découvert l'existence d'un coffre bien rempli dans une banque zurichoise. A l'intérieur, 14 tableaux de Dürer, de Pissaro, de Monet, de Renoir, de Sisley, de Kokoschka et de van Kessel, d'une valeur de plusieurs millions d'euros !
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