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PHOTOS
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| Radieuse malgré la défaite en finale de Wimbledon en juillet 2007 contre Venus Williams, Marion Bartoli est à ce moment-là au sommet de sa forme. |
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| En 2008, malgré une demi-finale à l'Open Gaz de France, la Française enchaîne les défaites prématurées. Mental défaillant ou blessures récurrentes ? Peut-être les deux. |
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Qui pouvait croire en les Bartoli ? Walter, le père, médecin et original s'il en est, transportait jadis un chat sur ses épaules. L'homme mis sa fille Marion, née le 2 octobre 1984, au tennis à l'âge de six ans, persuadé
de sa valeur. Corse, il savait avoir le verbe haut pour diriger les séances d'entraînement et fût aussitôt assimilé par le microcosme tennistique à tous ces parents extrêmes prêts à tout pour la réussite aux forceps de leur progéniture. Sophie, la
mère, rapidement expulsée du binôme professionnel, évacuait le stress en chantant des airs d'opéra, laissant les engueulades se multiplier entre le père et la fille.
« Marion en a besoin »,
tranchait-elle. Olibrius, doux dingue, excentrique, Walter voulut concocter sa propre méthode puisqu'il ne connaissait rien au tennis traditionnel.
On voyait Marion aller et venir pendant des heures sur une poutre imaginaire dans les allées. On l'apercevait sur un court en train de lancer le fil d'une canne à pêche. Elle oeuvrait aussi sur une machine maison pour
s'entraîner à avancer sur la balle. Confinée sur un vieux boulodrome - adaptable en court - sans recul à Retournac (Haute-Loire), elle apprit très tôt à frapper vite et fort. Au service comme au retour,
d'innombrables tics précédèrent la mise en jeu (révérences, moulinets, saut variés) pour qu'elle garde sa concentration. Rapidement, au gré des cancans, les Bartoli devinrent au mieux extravagants, au pire des allumés.
Une ascension détonante
Au premier tour des moins de 16 ans aux championnats de France de Roland-Garros en 2000, Patrick Mouratoglou, patron d'une académie de tennis, se plaît pourtant à détecter la joueuse derrière ce côté atypique. Il en parle à
son agent qui lui rétorque :
« Si cette fille joue un jour mieux que première série, je me coupe les couilles... »
A la même époque, un responsable d'IMG (société marketing influente) disait
ceci dans un magazine :
« Le jour où Bartoli devient forte, j'ouvre un bar-tabac... »
Au gré de certaines aberrations techniques et des courbes de poids fluctuantes, personne ne croyait en Marion Bartoli à la cambrure de plus en plus marquée. Un préparateur physique du staff de l'équipe de France la traita même un
jour de « grand-mère » tant ses prédispositions athlétiques laissaient à désirer.
Mais en 2000 toujours, mue par sa personnalité incroyable, son toupet pour mettre la pression sur l'adversaire et un état d'esprit hors norme, elle gagne l'Orange Bowl cadettes. Puis, poussée par la détermination de
son géniteur, elle finit par grimper les échelons jusqu'à l'apothéose de la finale de Wimbledon l'an passé.
« Tout le monde du tennis doit des excuses à Marion Bartoli »,
plaide
alors
L'Equipe
pour célébrer l'inconcevable réussite d'un duo en marge.
La chute irréversible ?
Depuis, l'affaire se complique. Marion Bartoli ne gagne plus ou presque et multiplie les rictus de souffrance à chacune de ses apparitions. Douleurs costales, tendinite, maux de ventre, coups de pompe, mental chancelant face à la
pression nouvelle, « la Barto » retrouve ses attitudes de « geignante » qui sont aussi sa marque de fabrique. Ainsi en 2002, une défaite face à Dinara Safina la plongea dans les abîmes du doute.
« Trop dur, j'arrête tout. »
En 2005, les journaux titraient
« En plein drame »
après un match perdu face à Shahar Peer où ses trente-cinq minutes
d'autonomie laissèrent perplexes.
Comme si elle avait aussi vocation à être une martyre après son parcours truffé de difficultés, les larmes reviennent en 2007 après un échec face à Vera Dushevina où on la voit, l'air mourant, recevoir les soins du
kinésithérapeute. Et 2008 qui repart sur ces bases lacrymales... Autre énigme : comment une jeunne femme qui a longtemps travaillé de l'aube au soleil couchant, sans doute la plus méticuleuse du bataillon des Françaises, coachée par
un ancien médecin et ayant eu recours aux meilleurs préparateurs physiques, peut-elle ainsi se laisser aller au surpoids ?
Polémique : pourquoi refuse-t-elle obstinément de tendre la main à l'équipe de France de Fed Cup, seulement éprise de sa liberté au mépris de quelques règles élémentaires de la vie de groupe ? Vive et intelligente,
Marion Bartoli se meut paradoxalement dans un espace vital réduit à une bulle à deux têtes avec son père.
A force de volonté, au gré d'un programme pantagruélique de 31 tournois en 2007 (dix de plus que les joueuses les plus voraces...), Mario Bartoli a réussi l'an passé à intégrer le Top 10. En tirant trop sur
la corde ? Avec un oxygène se raréfiant dans l'étouffant cocon familial ? Puisqu'il ne faut jamais juger de rien avec les Bartoli, espérons seulement en la renaissance du phénix...
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