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Taxi 4, Le Coeur des hommes 2, La Vengeance dans la peau..,
l'année cinématographique 2007 aura été celle de toutes les suites. Avec une domination totale du box-office par les franchises durant l'été,
puisque les écrans ont été accaparés par les sorties de
Spider-Man 3, Die Hard 4,
ou encore
Ocean's 13 !
2008 devrait être moins chargée mais les producteurs américains et français
planchent activement sur de nouveaux projets de franchises.... Et la raison est toute simple : les suites n'ont jamais rapporté autant d'argent.
1 milliard de dollars de recettes pour chaque « Harry Potter » !
« Il y a encore quinze ans, un premier épisode engrangeait environ 60 % des recettes d'une franchise. Le basculement s'est produit en 1999 avec
Austin Powers - l'espion qui m'a tirée.
Ce deuxième film a rapporté plus de dollars aux Etats-unis lors de son premier week-end d'exploitation (54 millions de dollars) que sur l'ensemble de la carrière du premier épisode en 1997 (53 millions de
dollars) »,
explique Joël Augros, maître de conférences en cinéma et économie à l'université de Paris 8.
Et depuis la fin des années 90 qui virent triompher les franchises
Star Wars, Matrix
ou
Jurassic Park,
la prédominance économique des suites n'a cessé de se renforcer. Le top 2007 du
box-office américain est à cet égard édifiant : sur les 10 premiers films, six sont des franchises. Un phénomène qui se répète systématiquement depuis 2001 (1), date de lancement des sagas
Seigneur des anneaux
et
Harry Potter.
Sans reproduire le schéma
Austin Powers,
ces franchises ont fait preuve d'une belle stabilité : chaque épisode d'
Harry Potter
rapporte, par exemple, près d'un milliard
de dollars dans le monde... rien qu'en salles !
Quand la machine s'enraye
A ces recettes s'ajoutent les généreuses retombées des vidéos et produits dérivés. Car les suites sont un produit idéal pour l'exploitation vidéo. Vous pouvez commercialiser de multiples éditions DVD de chaque film et, en plus,
ressortir des coffrets à chaque nouvel épisode ! Mais les bénéfices exacts des grands studios sur chaque franchise restent bien mystérieux.
« Contrairement à ce qui se passe en France, il est impossible de savoir ce que rapporte exactement une franchise aux Etats-unis. Parce que les studios ne dévoilent pas le coût réel des films et qu'il n'existe pas
de source fiable sur les recettes vidéo »,
souligne Joël Augros. Il serait, par ailleurs, assez courant que les majors gonflent le montant de leurs bénéfices pour soigner leur image et nourrir le buzz autour de leurs
films...
Autre bémol à ce tableau idyllique, les suites connaissent une carrière en salles assez courte.
« Comme tous les blockbusters, les franchises sont dans l'obligation aujourd'hui de réaliser 20 à 30 % de leurs
recettes lors du premier week-end pour assurer leur viabilité. D'où la nécessité pour les studios d'occuper un maximum d'écran le jour de la sortie. Et un échec est toujours possible comme pour
A la croisée des mondes : la boussole
d'or.
Ses résultats décevants fin 2007 font hésiter actuellement les producteurs à remettre le couvert pour les autres épisodes »,
indique Ramzy Malouki correspondant permanent à Hollywood pour le groupe Canal plus.
On se souvient également que le relatif échec de
Mission Impossible III
avait valu en partie à Tom Cruise d'être congédié par la Paramount.
Une industrie comme les autres
Le risque d'un échec plane donc à chaque lancement de suite. D'où le recours massif à l'adaptation de romans, jeux vidéo, suites télévisées ou bandes dessinées à succès, qui disposent déjà d'un public de fans prêt à se ruer en masse
dans les salles obscures. Par ailleurs, les majors s'efforcent de réduire au maximum les coûts de production. Avec pour modèle les derniers épisodes de
Star Wars
dont la production fut envisagée dès le départ sur
trois épisodes tournés en même temps.
« Cela permet de réaliser des économies sur les décors et la post-production et le distributeur peut annoncer la date de sortie très en amont avec une stratégie marketing plus rodée »,
remarque Ramzy Malouki. Ajoutons qu'ainsi les comédiens ne peuvent plus réclamer de copieuses augmentations entre deux épisodes ! Un modèle adopté par les producteurs du
Seigneur des anneaux
et de
Pirates des
Caraïbes.
Nos comédies franchouillardes comme
Les Bronzés 3
paraissent encore bien loin de ces processus industriels qui cadrent les franchises américaines. Les professionnels du cinéma français attendent, en effet,
patiemment qu'un film marche pour envisager d'en réaliser éventuellement la suite plusieurs années après. Mais la production du film d'aventures
Largo Winch
avec Tomer Sisley semble inaugurer une ère nouvelle. Le réalisateur
Jérôme Salle a déjà signé pour un deuxième épisode avant même la sortie du premier le 17
décembre prochain...
Voir la nouvelle bande-annonce d'Indiana Jones 4.

(1) Source : http://www.boxofficemojo.com/
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