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La Saab Aero XWD et la Turbo X sous tous les angles
Pour exister sur le segment des berlines Premium et contester l'hégémonie des Audi A4, BMW Série 2 et Mercedes Classe C, Saab a compris, comme Alfa Romeo, qu'il fallait affirmer un style différent et puiser dans
l'histoire de la marque. Lorsque nous découvrons les Aero XWD et la Turbo X sous le soleil marseillais, 30 ans après la 99 Turbo, force est de constater que le pari semble réussi.
Une identité Saab marquée
Un look sportif et agressif à souhait, la 9-3 a réussi sa mutation. Si elles reposent sur la même base, l'Aero XWD et la Turbo-X (une série limitée à 50 exemplaires pour la France) jouent dans des registres
différents : livrée noire, échappements en losange et jantes spécifiques, petit aileron pour la Turbo-X, tandis que l'Aero XWD est un peu plus sage avec une double sortie d'échappement plus classique intégré dans un pare-chocs
arrière dépourvu de grille inférieure. La Turbo-X assume clairement sa filiation avec les 900 Turbo, tandis que l'Aero-X joue plus la carte sport-chic.
Moteur et transmission inédits
Les deux modèles partagent la même motorisation : le V6 2.8 Turbo, qui délivre désormais 280 ch. 100 ch/litre, cela n'a rien d'exceptionnel pour un moteur turbocompressé, mais le couple de 400 Nm
associé à la souplesse du V6 nous promet à la fois douceur et vigueur à la conduite.
L'Aero XWD et la Turbo-X étrennent également la nouvelle transmission intégrale XWD, qui repose sur un système Haldex de 4e génération. L'intérêt de cette transmission est d'offrir une répartition
de 0 à 100 % du couple sur les roues avant ou arrière : au lieu d'offrir comme souvent un comportement très typé traction avant, le XWD peut envoyer 100 % de la puissance aux roues arrière (au démarrage par exemple) et
gratifier ainsi son conducteur des plaisirs de la propulsion. La Turbo-X offre en plus le e-LSD, un différentiel arrière à glissement limité, qui répartit, lui, le couple entre les deux roues d'un même essieu.
Sécurité et performances
Afin d'évaluer les aptitudes routières de cette nouvelle version, nous avons choisi de tester une berline Aero-XWD en boîte manuelle. Une fois au volant, la finition intérieure ne soulève pas de critique particulière : à la
hauteur de ce que l'on attend sur une berline de ce segment, elle offre également une atmosphère typée Saab, avec notamment la clef de contact à côté du frein à main, et la forme caractéristique de la console centrale. Les sièges électriques
(une option facturée 600 € pour le conducteur) permettent de vite trouver une position de conduite confortable, bien maintenu par les sièges en cuir.
Dans la circulation marseillaise, le V6 sait se montrer discret en roulant et il est presque inaudible au ralenti. La boîte est douce et précise, et la voiture avance en souplesse sur un filet de gaz en attendant que la route se
libère. L'amortissement est confortable, et l'on peut profiter de l'excellent GPS optionnel (2 790 € avec l'audio Bose).
En s'éloignant du centre-ville, le trafic s'estompe, et nous accélérons le rythme sur les petites routes provençales : les 280 ch sont bien là et le turbo offre une poussée franche lorsqu'on sollicite le
moteur, qui élève agréablement la voix en même temps que le manomètre du turbo s'agite. Le comportement routier est très sain, la voiture reste confortable même en conduite sportive, sans souplesse excessive des suspensions. Les puristes de
la conduite sportive pourront, certes, lui reprocher un train avant un peu lourd dans les enchaînements de virages, et un comportement parfois presque trop sage.
La transmission XWD veille en effet au grain et offre une sécurité et une tranquillité de conduite quelles que soient les conditions climatiques et l'état de la chaussée. C'est incontestablement la force de l'auto,
offrir des performances explosives pour une berline de ce gabarit (0-100 en 5,7 s, 250 km/h) tout en préservant une facilité de conduite et la sécurité passive. La voiture reste rivée au sol quoi qu'il arrive, et le XWD répartit la
puissance pour s'extraire des virages en toute sécurité tout en préservant un réel agrément de conduite.
Sur l'autoroute l'Aero se trouve sur son terrain de prédilection : reprises vigoureuses grâce au turbo et au couple constant de 2000 à 4500 tours/min (7.9 s pour reprendre de 80 à 120 en 5e),
vitesse de croisière vite inavouable, silence appréciable et un excellent confort.
Le verdict de la piste
Arrivés au Castellet, nous troquons l'Aero contre sa version Turbo-X plus radicale. Dans le grondement des échappements spécifiques, nous rejoignons alors la petite boucle du Paul Ricard pour tester la voiture à ses limites.
Enchaînements, évitements, slaloms, la Turbo-X se sort honorablement de toutes ces situations, avec un surcroit d'efficacité et de vivacité apporté par le différentiel arrière.
Mieux, la voiture ne rechigne pas à glisser dans les enchainements de virage, rappelant presque le comportement d'intégrales résolument sportives, tout en remettant toujours son conducteur sur les rails grâce à
l'intervention de la transmission et des aides électroniques.
Nous ne parlerons ici que de la version Aero, la confidentielle Turbo-X étant plus pour Saab un véhicule d'image, dont plus de la moitié des exemplaires prévus pour la France a déjà trouvé preneur. A 41 850 € en
tarif de base, l'Aero XWD est plutôt bien placée par rapport aux BMW 330iX, Audi A4. Comme chez ses concurrentes germaniques, la note peut rapidement augmenter en puisant dans le catalogue des options, le véhicule que nous avons testé
approchait ainsi les 48 000 € ! Mais la sécurité du système XWD, et l'identité retrouvée de la marque Saab peuvent justifier auprès de l'amateur le prix à payer pour rouler décalé au sein d'une catégorie
parfois conventionnelle.
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