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| La création d’entreprise était « la destination à la mode » de cette 15e édition avec le lancement d’un « Guide du routard » pour les entrepreneurs ! |
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| De la formation à l’art de convaincre son banquier : plus de 150 conférences et ateliers distillent des conseils aux créateurs angoissés. |
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| Cette année, le salon réunissait plus de 400 partenaires et exposants répartis en 4 villages thématiques au Palais des Congrès de Paris. |
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Village 1 stand 163, les «
CréActeurs
» arborent fièrement un T-shirt sur mesure au message sans équivoque : « Vous créez votre entreprise ?
Nous aussi ». Brochures en main, ces porteurs de projets ne ménagent pas leurs efforts pour rassurer et informer ceux qui n'ont pas encore osé franchir le pas. Philippe Aboudadra, la quarantaine souriante, affiche son
optimisme :
« Créer son entreprise, c'est très dur mais pas monstrueux »,
explique-t-il. Quatre mois après avoir démissionné pour monter un cabinet de « conseil en management
interculturel », il entame aujourd'hui la phase de démarchage commercial et espère pouvoir être opérationnel « d'ici à 6 mois ».
Même ambition et même enthousiasme, chez son acolyte Alain Armougom qui planche depuis 18 mois sur un « kit bucco-dentaire » destiné aux salariés. Les discussions avec les designers ne font que commencer,
mais le « jeune » entrepreneur de 39 ans rêve déjà de produire sa trouvaille à Madagascar en alliant commerce équitable et développement durable.
« Il faut travailler dans toutes les directions à
la fois pour créer une synergie »,
explique-t-il. Il suffit de l'écouter quelques minutes pour comprendre que monter sa boîte n'est décidément pas une sinécure !
La rentabilité, pas la gloire !
Pour ces élèves-entrepreneurs, encadrés par le réseau
AZ Inityatis,
c'est même un véritable parcours semé d'obstacles. La méthode : présenter régulièrement les dossiers devant des investisseurs pour ne conserver que les projets les plus
crédibles. Loin de s'en plaindre, les jeunes créateurs en redemandent.
« Quand ils démarrent les porteurs de projet travaillent seuls et en fin de compte sont les seuls convaincus qu'ils ont une idée de génie. Cet
accompagnement permet d'éviter de perdre beaucoup de temps, car le projet est immédiatement analysé par des investisseurs dont le seul but est la rentabilité et pas la gloriole ! Il nous ramène tout de suite à la réalité ! »,
reconnaît Alain Armougom.
« Ce coaching permet de formaliser et de structurer notre projet »,
confirme Philippe Aboudadra. Eviter les erreurs, gagner du temps et de la crédibilité, voilà les maîtres mots de ces
aspirants chefs d'entreprise. Au Salon des entrepreneurs, tout est fait pour répondre à leurs attentes.
Le boum de la création d'entreprise
« En 2007, 321 478 entreprises ont vu le jour en France, selon l'Insee. C'est 13 % de plus qu'en 2006. La loi de 2003 pour l'initiative économique a en effet simplifié la création et le
financement de nouvelles structures, et l'accès à l'aide aux chômeurs créateurs et repreneurs d'entreprise (Accre) a été grandement facilitée depuis le 1er janvier 2007 »,
explique Sergine Tellier de
l'Insee.
Les secteurs de la vente à distance, des professions paramédicales, les activités liées aux soins et au bien-être, les transports routiers, les taxis et les entreprises spécialisées dans la récupération de matières recyclables sont
particulièrement dynamiques.
Toutefois, il faut noter que plus de 87 % de ces nouvelles entreprises n'ont pas de salariés. Et que seules 50 % des entreprises dépassent l'âge de 5 ans.
« Environ 15 % ferment pour dépôt de
bilan et environ 35 % pour d'autres raisons comme le départ à la retraite ou la revente d'entreprise »,
précise Xavier Kergall, directeur général du Salon des entrepreneurs.
« Plus que la création,
le chantier aujourd'hui ce sont les 2 à 3 premières années qui suivent la création »,
conclut-il.
Montre-moi ton business plan...
Dans les allées, point de place pour les savants fous ou autres créateurs illuminés. Ici, on parle surtout statut juridique, immatriculation, Ursaff ou « business plan »... De conférences en ateliers, les
langues se délient, les doutes s'expriment.
« On ressent une peur très importante du côté administratif, alors que les démarches sont finalement assez simples comparées à tout le travail de construction du
projet »,
explique la responsable du stand de l'artisanat.
Un peu plus loin dans l'espace « Entrepreneuriat social » des aspirants entrepreneurs écoutent avidement, carnet de notes en main, le témoignage d'un jeune entrepreneur radieux « qui a pu compter
sur le soutien de sa femme ». D'autres se pressent pour s'inscrire sur les listes des organismes d'accompagnement.
« On trouve des tas de recommandations pour monter son business plan, des méthodes pour faire son étude de marché, ou des conseils pour monter les statuts juridiques de sa future entreprise, c'est un peu comme un
puzzle en pièces détachées. Mais la première difficulté est vraiment de prendre en compte que c'est un projet de vie et pas seulement un projet professionnel »,
met en garde Sophie Gras, directrice du
Réseau entreprendre
Aquitaine.
« Vrai entrepreneur » contre « patron du CAC 40 »
Pour casser l'image des patrons du CAC 40 aux salaires mirobolants, cette ancienne chef d'entreprise insiste avant tout sur l'énergie que nécessite ce type de projet.
« Il faut avoir la passion, la fibre, un
moteur personnel suffisamment fort pour faire face à toutes les difficultés : on risque sa famille, son argent, son patrimoine. On y passe 20 heures par jour, ses week-ends et ses soirées pendant les premières années sans être sûr de
pouvoir se payer à la fin du mois. »
Après 12 années à la tête de son entreprise, Sophie Gras a donc décidé d'accompagner chaque mois gratuitement des jeunes entrepreneurs.
« Nous sommes les mieux placés pour parler de l'aventure et de la
solitude d'entreprendre, car nous avons déjà fait le parcours, nous avons un certain entraînement et une expérience à faire partager pour éviter pleins d'écueils »,
explique-t-elle.
En tête des erreurs de débutant les plus répandues : le sous-financement de départ qui plombe les entreprises avant le paiement des premières factures.
« Grâce à cet accompagnement, on augmente de
20 points le taux de pérennité à 5 ans des entreprises »,
assure Sophie Gras... avant de préciser :
« Ceci dit, une PME ce n'est jamais gagné ! Mais au moins pendant 2 à
3 ans, on leur aura évité les grosses erreurs ! »
Nos apprentis patrons ont-ils conscience de ces risques ?
« Je n'ai pas peur de l'échec car pour réussir il faut passer par des
échecs !
se rassure Alain Armougom.
Si mon projet est rejeté par les investisseurs, c'est que j'ai fait une erreur de méthodologie et non une erreur définitive ».
Il lui reste 8 mois pour peaufiner
son grand oral...
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