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| As-Six, typiquement le genre de main qui peut poser problème en raison d'un kicker très faible. |
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| Doyle Brunson, meilleur joueur de poker de l'histoire, a donné son nom à la main Dix-Deux. Le Texan a en effet remporté deux fois de suite le championnat du monde (en 1976 et 1977) avec cette main. |
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« Après avoir raisé préflop de quatre fois la big blind avec mes American Airlines, je trouve mon set sur un flop rainbow. Pour éviter le bad beat, je mise fort, mais le joueur en position UTG me fait un check
raise. J'envoie donc la boîte avec mes nuts. Il paye et gagne avec une runner runner quinte qui m'a mis complètement en tilt. J'étais dégoûté ! »
Si certains de vos amis jouent au poker, vous avez sûrement déjà entendu sortir de leur bouche un charabia dans ce style. Et bien sûr, excepté la dernière phrase, vous n'avez rien compris à leurs explications. Rien de plus normal.
Chaque discipline possède son vocabulaire bien précis. Dans le cas du poker, les mots anglais, souvent intraduisibles, sont légion. Du coup, il devient facile de passer pour un joueur confirmé aux yeux des néophytes en enchaînant les termes
« pokeristiques ». Alors, pour ne plus vous faire larguer par vos amis joueurs, ou tout simplement pour vous mettre au poker vous-même, suivez le guide.
Décryptage d'un bad beat
Commençons par une petite traduction de l'histoire de notre ami énervé. Même si les termes utilisés ne sont pas clairs, vous avez forcément senti que le coup ne s'était pas bien passé pour lui. Fabien - il sera plus facile de
le mentionner en lui donnant un prénom - a subi ce qu'on appelle un
bad beat.
Traduction, un très gros coup perdu alors qu'il était « archi-favori ».
Décryptage de l'action : quand il reçoit ses cartes (une paire d'as,
American Airlines),
Fabien relance de quatre fois la
grosse blind
(mise obligatoire posée à tour de rôle par tous les joueurs pour
assurer de l'action à chaque main). Le but ? Protéger sa main et faire grossir le pot avec un jeu très fort. Le joueur en position
UTG (Under The Gun)
- appelons le Stéphane - paye la relance. Cette position
particulière, à gauche de la
grosse blind,
est la plus inconfortable car elle oblige à parler avant tout le monde. Le
flop
(les trois premières cartes communes à tous les joueurs) est composé d'un as et de deux
autres cartes anodines (un 6 et un 7), toutes de couleurs différentes (d'où le
rainbow,
arc-en-ciel en anglais, mot utilisé pour qualifier un tel flop).
A ce moment-là, Fabien a le meilleur jeu possible (les
nuts).
Son adversaire
checke
(passe son tour sans miser) et Fabien mise fort, toujours dans le but d'augmenter la taille du pot. Cette mise est suivie
d'une relance de la part de Stéphane, qui effectue donc un
check-raise.
Cette stratégie très agressive est souvent synonyme de gros jeu. Passer sans miser puis relancer la mise d'un adversaire pour mieux le piéger. Un atout
indispensable du poker. Fabien ne s'en laisse pas compter et envoie la
boîte.
On dit également qu'il fait
tapis.
Il mise tous ses jetons. Stéphane le paye et montre As-Dix, soit la paire max (ou
top paire).
Face au
set
(brelan) de Fabien, seul un miracle peut le sauver. La quatrième carte (
turn)
apporte un 8 et la cinquième carte (
river),
un 9. Les deux cartes miracles dont avait besoin Stéphane sont
tombées ! Il a désormais une quinte (6-7-8-9-10) et remporte le coup. Fabien est
en tilt.
Comprenez, très très énervé. Peut-être même prêt à faire une bêtise...
Ne soyez pas un donk
Des histoires de
bad beat,
vous en entendrez forcément beaucoup. Et avec le temps, vous devriez malheureusement pouvoir en raconter quelques-unes aussi. Autant dire que si vous ne connaissez pas les termes adéquats,
vous ne serez absolument pas crédible. La plupart des termes techniques ont été décrits lors du coup précédent, mais un petit complément est nécessaire.
Savez-vous par exemple ce qu'est un
donk ?
Un
fish ?
C'est un très mauvais joueur ! En français, on pourrait parler d'un pigeon. Mais de par ses décisions souvent marginales, le
donk
est susceptible d'infliger de très gros
bad beats.
Et c'est là qu'il est nécessaire de garder tout son calme. Pas évident mais absolument indispensable. Le
donk
est d'ailleurs très
adepte du
slow play.
Cette pratique consiste à afficher une certaine faiblesse avec un très gros jeu en misant peu ou en checkant pour ne pas faire fuir ses adversaires. Bien utilisé, le
slow play
est une arme
redoutable.
Evitez les pièges
Un élément vital du poker qui échappe souvent aux joueurs débutants la notion de
kicker.
Ce terme désigne la carte de complément susceptible de départager deux mains équivalentes. Par exemple, si deux joueurs ont une paire
d'as, celui dont le
kicker
est le plus fort emporte le coup. La sélection des mains de départ est donc très importante pour éviter les mauvaises surprises.
Aussi, si vous êtes peu sûr de votre jeu, vous pouvez toujours pratiquer le
short stack.
Le principe ? Jouer la somme minimale autorisée à la table. Avec aussi peu de profondeur, en général de 10 à 30 grosses
blinds,
les éventuelles pertes sont limitées et vous pourrez jouer plus libéré. En revanche, la marge de manoeuvre est extrêmement réduite. Bien maîtrisé, ce style de jeu très particulier peut s'avérer efficace.
Si cette liste n'a rien d'exhaustif, elle peut déjà faire de vous un joueur débutant correct. Et si l'appréhension est encore trop grande, vous pourrez en tout cas mieux comprendre vos amis joueurs. C'est toujours ça de pris.
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