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| Jean-Pierre Escalettes, président de la FFF, refuse de s’exprimer sur l'arrêt Webster. Il semble attendre la réplique de la Fifa lors du prochain comité exécutif, prévu en mars. |
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| Selon le quotidien « La Provence », Samir Nasri serait concerné par cet arrêt Webster. Le joueur de l’OM, qui n’a toujours pas re-signé avec son club, peut faire jouer sa clause de stabilité. Il pourrait alors quitter la Canebière en échange d’un chèque compris entre 1,5 et 1,8 million d’euros. |
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« Aujourd'hui est un jour noir pour les clubs de football. »
Et un jour béni en somme pour les joueurs et leurs agents. Le 31 janvier 2008, le tribunal arbitral du sport (TAS) a
rendu un avis favorable à l'affaire Webster, déclenchant une véritable bombe dans le monde du marché des transferts. Et arrachant au passage cette remarque de dépit aux dirigeants de Hearts of Midlothian, club de football écossais. En
obtenant gain de cause dans le litige qui l'opposait à son club, Andrew Webster est en passe de devenir aussi célèbre... qu'un certain Jean-Marc Bosman.
Petit flashback. Andrew Webster, joueur appartenant à Hearts et prêté aux Glasgow Rangers, décide de rompre son contrat en 2006, pour s'engager quelques semaines plus tard avec Wigan (Angleterre). Après une âpre bataille
juridique, le TAS somme Webster et son nouveau club de payer à Hearts
« le solde de la rémunération due au joueur selon le contrat de travail, au moment de la date de résiliation ».
Environ
200 000 euros. Un peu maigre comme compensation, surtout lorsque le club espérait s'en tirer avec 5,3 millions d'euros, soit à ses yeux la valeur marchande du joueur, salaires et indemnités de formation
comprises.
Un arrêt en forme d'épée de Damoclès
Le TAS a considéré que Hearts of Midlothian avait depuis longtemps amorti la valeur de Webster. Et l'instance juridique n'a fait que respecter la loi. N'étant plus dans la phase protégée de son contrat, le défenseur
a ainsi pu faire jouer ce que l'on appelle une clause de stabilité. Passée celle-ci, Andrew Webster avait le droit de quitter son club, sous peine de racheter ses dernières années de contrat.
« C'était
d'ailleurs la contrepartie quand, en 2001, l'UEFA et la Fifa, avec le feu vert de la Commission européenne, ont obtenu le principe de la période protégée pour deux ou trois ans »,
explique ainsi Philippe Piat,
coprésident de l'UNFP dans
L'Equipe.
Que risquent réellement aujourd'hui les clubs avec cet arrêt Webster ?
« C'est une épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes,
estime Jean-Philippe Bouchard, journaliste à
France
Football. Pour espérer conserver leurs meilleurs éléments, les clubs vont devoir se montrer très attentifs à leurs contrats et les blinder si nécessaire. »
Autrement dit, verser des sommes faramineuses dès les premières
années du bail du joueur pour éviter de mauvaises surprises.
« Les intéressés vont rester moins longtemps dans les clubs,
s'inquiète Philippe Diallo, directeur de l'UCPF.
L'autre danger,
c'est qu'un club tiers incite un joueur à ne pas prolonger son contrat mais à le casser le moment venu. Le club en question n'aurait alors pas d'indemnité de transfert à payer mais une simple indemnité
résiduelle. »
La Ligue 1, future perdante ?
Un joueur ne jouant plus ou ne souhaitant plus rester dans un club pourra alors patienter dans l'ombre et laisser son agent le vendre au plus offrant sur le marché.
« Soyons clairs,
tente
néanmoins de tempérer Jean-Philippe Bouchard
, cela ne concerne que les cas litigieux. En principe, il y aura toujours des transferts. »
Oui, mais en cas de litige justement, certains championnats se verront en
danger. Les grands clubs n'auront peut-être plus vocation à former de jeunes talents, puisqu'ils pourront toujours aller piocher dans le réservoir du voisin. Pour la Ligue 1, qui engrange plus de la moitié de ses revenus grâce à
la revente de joueurs, le manque à gagner risquerait d'être considérable.
« C'est la loi du marché et cela ne va faire que creuser l'écart entre les petits et les grands,
poursuit Jean-Philippe
Bouchard
. Maintenant, cela relève du droit commun. Les clubs ne peuvent pas espérer pouvoir entrer en Bourse, être propriétaires de stades et continuer à défendre un statut de privilégié. »
« On est dans la normalité. Il n'y a que dans le football où on ne peut pas casser son contrat pendant trois ans »,
surenchérit Philippe Piat. A ce petit jeu, forcément, ce sont les
joueurs et leurs agents qui vont pouvoir se frotter les mains, au grand désespoir de la Fifa.
« C'est une victoire à la Pyrrhus pour les joueurs et leurs agents, qui rêvent de pouvoir rompre les contrats avant qu'ils
n'arrivent à leur terme »,
a d'ailleurs déclaré le président de l'instance sportive, Joseph Blatter. Les joueurs, en devenant ainsi des salariés comme les autres, auront désormais la possibilité de démissionner
quand bon leur chante et
« pourront calculer le montant de la compensation qu'ils devront verser s'ils veulent rompre leur contrat ».
Une liberté de plus pour ces privilégiés du
sport.
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