|
 (7 images)
1995 - Nick Leeson : 1,3 milliard d'euros
© Kieran Doherty – Reuters
En 1995, Nick Leeson est entré dans la légende en provoquant la faillite de l'une des plus anciennes banques d'affaires britanniques, la Barings, qui l'employait alors à Singapour. Ce trader surdoué de 28 ans avait parié sur la hausse de l'indice boursier japonais et spéculé sur le cours du pétrole. Ses pertes étaient dissimulées sur un compte secret sous le nom de code 88888. Arrêté à Francfort puis extradé à Singapour, il a été condamné à six ans et demi de prison et libéré en 1999 pour bonne conduite. A la suite de cette fraude, la Barings fut rachetée une livre symbolique par la banque néerlandaise ING. Depuis 2002, Leeson vit en Irlande où il gère le club de football local, le Galway United FC, entre deux conférences sur son dernier livre consacré à la gestion du stress !
1996 - Toshihide Iguchi : 743 millions d'euros © TWPhoto - Corbis
Plus de un milliard de pertes accumulées en onze ans : c'est le lourd bilan des opérations non autorisées réalisées sur le marché obligataire par ce courtier japonais officiant à New York. La fraude fut révélée en juillet 1995 à la Daiwa Bank, mais la direction mit plus de deux mois pour en informer les Autorités américaines. Résultat : la banque japonaise fut sommée de quitter le marché américain. Le président et le PDG démissionnèrent tandis qu'un tribunal américain condamnait Toshihide Iguchi à quatre années de prison et au versement d'une amende de 2,6 millions de dollars. Après avoir accepté de collaborer avec le FBI, il a choisi l'isolement dans une cellule de 2,1 sur 2,4 mètres pendant plus de 15 mois avant d'être transféré en Pennsylvanie. Après sa libération, il a publié un livre sur son expérience My Billion Dollar Education, en septembre 2004.
1996 - Yasuo Hamanaka : 1,75 milliard d'euros © Susumu Toshiyuki – Reuters
En 1998, Yasuo Hamanaka a reconnu avoir dissimulé 2,6 milliards de dollars de pertes résultant de transactions frauduleuses. Pendant dix ans, l'ancien chef du marché du cuivre de la maison de négoce japonaise Sumitomo Corp aurait acheté des millions de tonnes de cuivre pour faire monter les prix. Pour couvrir sa fraude, il n'a pas hésité à falsifier les signatures de deux de ses supérieurs dans des lettres adressées à des courtiers étrangers. L'ex- roi du cuivre a écopé de 8 ans de prison. Il a retrouvé la liberté en 2005.
2002 - John Rusnak : 467 millions d'euros © Reuters
En 2002, ce courtier américain de 37 ans a reconnu avoir dissimulé des opérations de change fictives. Il cherchait à couvrir les pertes qu'il avait subies au milieu des années 1990 au sein de la banque Allfirst Financial de Baltimore, filiale américaine de la plus grande banque irlandaise, l'Allied Irish Bank (AIB). En janvier 2003, John Rusnak a été condamné à sept ans et demi de prison et à payer 1 000 euros d'amende par mois pendant cinq ans après sa libération. Avant d'être démasqué, le trader aurait récolté environ 433 000 dollars de bonus, en faisant passer ses pertes pour des gains ! Dès 2002, un livre lui a été consacré : Panic at the Bank : How John Rusnak Lost AIB $700 Million (Panique à la banque : comment John Rusnak a fait perdre 700 millions de dollars à AIB).
2006 – Brian Hunter : plus de 4 milliards d'euros © David H. Wells - CORBIS
Un ouragan dans le golfe du Mexique aurait pu changer la donne, mais la météo en a décidé autrement… et plus de 6 milliards de dollars se sont évaporés ! En septembre 2007, le hedge fund américain, Amaranth Advisors, l'un des fonds spéculatifs les plus courus du monde, s'est effondré en quelques semaines à la suite des paris risqués sur le prix du gaz naturel de son trader vedette, Brian Hunter, 32 ans. Le fonds a mis la clé sous la porte, mais Hunter semble avoir su rebondir : il a lancé début 2007 un nouveau portefeuille, Solengo Capital, avec d'anciens employés d'Amaranth. Le 25 juillet dernier, un rapport du Sénat américain accusait nommément Amaranth et Hunter d'avoir fait flamber les cours du gaz naturel à l'été 2006 et plaidait en faveur de mesures législatives afin d'éviter une récidive.
2006 : Chen Jiulin : 371,5 millions d'euros © Reuters
Fin 2006, le directeur général de la filiale singapourienne de China Aviation Oil (CAO), société spécialisée dans la fourniture de kérosène pour la Chine, a été condamné à 4 ans et 3 mois d'emprisonnement et au versement de près de 208 000 dollars de dédommagement. Fin 2004, Chen Jiulin, 43 ans, avait été arrêté alors que ses actionnaires venaient de découvrir la dissimulation de 550 millions de dollars de pertes provoquées par ses opérations de spéculation sur la baisse du prix du pétrole. La société a failli disparaître dans l'affaire ! Plusieurs hauts responsables (CAO) ont été condamnés à payer des amendes et le directeur financier a écopé de 2 ans de prison pour avoir falsifié les comptes !
2008: Jérôme Kerviel : 4,9 milliards d'euros © Corbis - Société générale
Le 24 janvier 2008, la Société Générale révèle une « fraude exceptionnelle », de 4,9 milliards d'euros de la part d'un de ses salariés. Lors de sa garde à vue, Jérôme Kerviel reconnaît avoir dissimulé des positions spéculatives de l'ordre de 50 milliards d'euros depuis 2005. Le courtier de 31 ans, qui rêvait de devenir un trader d'exception a nié toute volonté d'enrichissement personnel et assure que sa hiérarchie « avait conscience des sommes qu'il engageait », et que « tout contrôle correctement effectué était à même de déceler ces opérations »,. Il a été mis en examen pour « abus de confiance, faux et usage de faux », et « introduction dans un système de traitement automatisé de données informatiques », et laissé en liberté sous contrôle judiciaire. Il risque jusqu'à 3 ans de prison et 375 000 euros d'amende. Le PDG de la Société Générale, Daniel Bouton, est sur la sellette. Et la banque semble condamnée à un rachat.
|
|