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| France 2 tire 40 % de ses revenus de la publicité. |
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| Manifestation contre le projet de Nicolas Sarkozy le 24 anvier. |
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| Le placement de produits pourrait être introduits dans les émissions et les fictions. |
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« Je souhaite que l'on réfléchisse à la suppression totale de la publicité sur les chaînes publiques; »
La déclaration du président de la République lors de sa conférence de presse du
8 janvier dernier a fait l'effet d'une bombe. Autorisée depuis 1968, la publicité représente une source importante de financement pour les chaînes publiques : 850 millions d'euros par an précisément.
« La
supprimer aujourd'hui sur France 2, par exemple, c'est priver la chaîne de presque 40 % de ses revenus »,
souligne Nathalie Sonnac, économiste des médias. Il s'agit donc de trouver d'autres moyens d'engranger des
recettes.
La guerre des chiffres
Aux 850 millions d'euros de manque à gagner, il faudra ajouter le coût de production de cinq à six heures de programmes par jour pour combler la place laissée vacante par les écrans publicitaires. Ainsi, pour le rédacteur en chef
d'Ecran total,
Patrick Suquet,
« il faudrait trouver environ 1 milliard d'euros pour pallier la disparition de la publicité ».
Une somme contestée par la ministre de la Culture, Christine Albanel et par M6.
« Les chiffres diffèrent selon les intérêts des parties et tout dépend des choix qui seront faits concernant le sponsoring, par
exemple. Cela va d'une fourchette basse de 650 millions jusqu'à 1,2 milliard d'euros »,
précise Michel Teulière, directeur général de l'agence média Carat. Un écart énorme qui laisse supposer que le gouvernement ne
retiendra pas la fourchette haute de ces estimations...
Avec ou sans France 3 ?
Victor Lanoux vantant les mérites de sa perceuse Bosch dans la série du brocanteur ou encore Coca-Cola sponsorisant l'émission Taratata... C'est peut-être l'avenir de France Télévisions ! Le député UMP Frédéric Lefebvre
milite en effet pour l'introduction du placement de produits et pour un recours accru au « parrainage », c'est-à-dire au sponsoring. Selon le parlementaire, cette piste pourrait rapporter environ 250 millions d'euros.
« Je doute que cela rapporte plusieurs centaines de millions d'euros. Ce serait plutôt de l'ordre de plusieurs dizaines de milliers d'euros par an »,
estime Patrick Suquet. Le placement de
marques serait, par ailleurs, loin d'être révolutionnaire, selon Chantal Duchet, professeur en sciences de l'information et de la communication.
« Cela payait déjà dans les années 1960 un tiers des frais de l'ORTF !
Il est vrai que le CSA veille au grain et réprimande cette pratique, mais l'autorise dans certains cas, comme pour les voitures dans les fictions ».
Outre ces propositions, de vieux serpents de mer sont réapparus : la privatisation ou la suppression de chaînes publiques.
« On entend à la fois des rumeurs sur la privatisation de France 2, celle de
France 3, mais aussi la suppression de France 4 ou encore sur la fusion de France 5 avec France 4 ! »,
résume Emmanuelle Miquet, journaliste au
Film français.
« Ce serait difficilement tenable pour le gouvernement de maintenir l'exigence du cahier des charges concernant la qualité et la diversité des programmes et de supprimer des chaînes. Il semble plus probable que le
périmètre de France Télévisions soit conservé »,
avance Nathalie Sonnac. Loin de toutes ces supputations, le ministère de la Culture planche de façon beaucoup plus concrète sur la mise en place de très nombreuses
taxes.
Les Français paieront !
Financer demain France Télévisions en achetant un ordinateur ou en payant son abonnement à Internet, c'est probablement ce qui guette les Français. Car Nicolas Sarkozy souhaite multiplier les taxes pour pallier l'absence de publicité.
En ligne de mire,
les produits bruns qui permettent de regarder la télévision
comme les PC, les téléphones mobiles de dernière
génération et les téléviseurs. Sont également visés le hors-média comme l'affichage ou les prospectus, mais aussi les revenus publicitaires des chaînes privées et
des sites Internet,
ainsi que le chiffre d'affaires des FAI, les fournisseur d'accès à Internet.
De quoi provoquer l'ire des professionnels concernés.
« S'agira-t-il d'une taxe de 1 %, 2 % ou 3 % sur le prix de vente de nos produits ? De toutes façons, nous serons obligés de la répercuter
sur le prix de vente. Et cela pénalisera le consommateur, ainsi que nous-mêmes puisque c'est un marché en plein développement »,
s'insurge Xavier Autexier, délégué général d'Alliance Tics, le Syndicat de l'industrie des
technologies de l'information.
Il semble inévitable que les Français mettent la main à la poche. Vers quoi se tourner dans le cas où les taxes ne seraient pas mises en place ? La redevance ! Mais sa hausse pour compenser la suppression de la publicité sur
France Télévisions serait forcément impopulaire.
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