Dominatrice sur les courts et séductrice devant les caméras, Maria Sharapova n'en finit pas de conquérir les médias et les annonceurs. La belle Russe pourrait même devenir une véritable idole si elle parvenait à briser la glace.
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Après sa victoire en finale de l’Open d’Australie, Maria Sharapova exhibe son trophée à Melbourne.
Finale soporifique mais très glamour avec la jolie Serbe Ana Ivanovic.
Actuellement 5e au classement WTA, Maria Sharapova veut absolument détrôner la belge Justin Henin.
Ex-star du circuit, Anna Kournikova passe aujourd’hui plus de temps sur les podiums que sur les courts de tennis.
Le premier essai n'avait pas été le bon. Elle était russe, blonde, belle, biberonnée à l'
american dream
et juste un peu moins sculpturale. Elle s'appelait Anna Kournikova, partie pour tout
rafler en tennis grâce à ses coups et sa frimousse. Hélas, les paillettes eurent vite raison de cette diva-là. Juste bien élancée, mais pas assez solide face à la terrible pression du sport professionnel, Anna craqua jusqu'à sombrer un temps
dans l'anorexie. Et si la mise en scène de l'héroïne lui assure encore de très juteux contrats publicitaires, basés sur une légende et un look, l'histoire vraie retiendra que cette fille n'a jamais rien gagné et
qu'elle fructifie sur du vent.
Rien à voir avec la bombe russe n° 2, le joyau venu du froid. On veut parler de Maria Sharapova, beauté glacée trempée dans l'acier. Née en Sibérie, ça aide. Façonnée par l'horrible Youri, son père, ça aide
aussi. Elle a 7 ans quand ils débarquent tous les deux en Floride avec 700 dollars en poche pour tenter de convaincre Nick Bollettieri, le gourou américain de la formation de champions.
« Trop
jeune »,
leur rétorque-t-on. Deux années à croupir encore aux USA dans l'enfer des petits boulots. Et puis voilà que la saga prend forme sous les effets cumulés de la poigne paternelle et de l'inaltérable
volonté de la fillette.
Glamour polaire
A 17 ans, elle gagne Wimbledon par surprise. Quatre ans plus tard, après son succès à l'Open d'Australie indécent de facilité (32 jeux concédés en 7 matches, 26 aces - c'est pas mal
chez les filles ! -), la voilà propulsée au rang de tsarine indéboulonnable du circuit. Etrange consécration que celle de Maria Sharapova. On aimerait l'aimer, mais on ne fait que l'admirer avec le sentiment qu'il sera
impossible de briser la glace. Au cours de la finale soporifique à Melbourne, tous les spectateurs souhaitaient la victoire d'Ana Ivanovic, la jolie Serbe qui lui faisait face. Cette dernière avait la grâce mutine tandis que la Russe avait le
glamour polaire. Comme si sa volonté destructrice pouvait anéantir les atouts de sa beauté sculpturale.
En Australie, pour conjurer sa féminité, les journalistes australiens avaient fait mesurer les décibels de ses cris ahanés à chaque frappe pour en déduire qu'elle couinait plus fort qu'un aspirateur. Ils avaient même fait
le compte en finale de ses rugissements : 209 ! Ils avaient aussi haï Youri, ce père qui nuit tant à l'aura de sa fille par ses comportements éthiquement nuls. N'avait-il pas mimé un égorgement alors que sa fille était en
train d'exécuter Justine Henin en quart de finale ? N'avait-il pas renvoyé tous les médias en les traitant de « requins » ? Mais le succès annihilant toutes les réserves, le concept de la Sibérienne
platinée est devenu une valeur très sûre sur le marché.
Mieux payée que Federer
Plus sexy que Henin, plus proportionnée que les Williams et pas moins bonne joueuse qu'elles, Sharapova est une denrée qu'on s'arrache. Depuis le faramineux contrat qu'elle a signé avec Sony-Ericsson, la
Russe est le joueur de tennis le mieux payé du monde, plus encore que Maître Federer. On estimait en 2006 que ses gains et ses contrats (Colgate-Palmolive, Nike, Microsoft, Pepsi, Tag-Heuer) lui rapportaient la bagatelle de 20 millions de
dollars annuels. Son allure de « Glamazon » (mixte de glamour et amazone) et son caractère affirmé de championne lui ouvrent toutes les portes.
En 2006, elle a posé en bikini pour le très prisé numéro annuel du magazine
Sports Illustrated
consacré aux maillots de bains. Elle est une cliente régulière du circuit de la mode, qu'elle soit nommée
« Athlète la plus hot du monde » par le magazine
Maxim,
qu'elle pose en une de
Vogue
ou qu'elle réponde aux questions anglées de
Vanity Fair
sur
sa vie amoureuse.
« Si j'aime un jour un homme autant que mon chien, alors ce gars aura un réel problème car je suis folle de mon chien (Dolce, un pomeranien) ! »,
a-t-elle tranché au cours
de l'interview, preuve qu'elle a de la répartie.
Début de mythe ?
Et quand ils ont vu que l'on vendait aux enchères à Singapour des effets hôteliers qu'elle avait utilisés lors d'un séjour (peignoir, draps, etc), certains ont commencé à poser la question : Sharapova ne
serait-elle pas en train de devenir la Marylin Monroe du sport ? Pour que le mythe fonctionne à plein, il faudrait que certaines fêlures lézardent la cuirasse.
Et justement, après une année 2007 rendue difficile par une succession de pépins musculaires, il apparaîtrait que la Russe se soit légèrement humanisée. A Melbourne, Maria n'a pas hésité à communiquer avec humanité sur la
mort de la mère de son coach Michael Joyce, victime d'un cancer. Cette disparition l'aurait beaucoup touchée, redimensionnant le tennis à ses justes proportions. En plus, la
prima donna
aurait un coeur...