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| L’appel d’urgence embarqué pourrait sauver près de 2 500 vies par an, dont 300 en France. |
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| Les différents pays européens n’arrivent à être d’accord sur le numéro d’appel d’urgence 112. |
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| La mise en place d’eCall devrait coûter 4,5 milliards d’euros par an. |
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Parmi l'arsenal sécuritaire à la disposition des constructeurs, le service d'appel d'urgence embarqué reste méconnu, bien qu'eCall soit proposé depuis 2003 par le groupe PSA. Pourtant, la Commission
européenne compte, d'ici à 2009, rendre disponible en série sur toutes les voitures neuves le système télématique permettant d'alerter les secours depuis le véhicule grâce au réseau téléphonique GSM.
En cas d'accident ou de malaise, les conducteurs pourront être mis en relation avec les services d'urgence par le 112, numéro européen d'urgence, de deux manières : automatiquement si un choc est détecté par la
voiture, par envoi d'un SMS, ou manuellement, par téléphone. Les informations sur l'emplacement de l'accident, établies par GPS, permettent de réduire le délai d'intervention des services de secours de 50 % en zone
rurale et de 40 % en zone urbaine. Ce dispositif pourrait sauver 2 500 vies par an (250 à 300 en France), et l'on évalue à 26 milliards d'euros les économies annuelles sur les coûts provoqués par les accidents et par les
embouteillages.
Peu d'Etats signataires
Aujourd'hui, le déploiement de ce dispositif paneuropéen lancé en 2002 est loin d'être achevé. Bien que rappelés à l'ordre par la Commission européenne en 2006 et menacés de mesures réglementaires qui
pourraient intervenir en 2008, les Etats membres sont peu nombreux à avoir signé le protocole d'accord eCall : Allemagne, Autriche, Chypre, Finlande, Grèce, Islande, Italie, Lituanie, Norvège et Slovénie, auxquels il faut rajouter la
Suède et la Suisse.
Parmi les raisons de ce retard, une uniformisation délicate des services d'urgence (certains pays n'arrivent pas à tomber d'accord sur le numéro 112) qui s'accompagnent d'investissements
financiers considérables pour adapter les plates-formes d'appels d'urgence à eCall. Pour toute l'Europe, le coût de la mise en place du système est estimé à 4,55 milliards d'euros par an. Enfin, la France ne souhaite pas
que les appels parviennent directement aux Urgences, elle se tourne donc vers le secteur privé. Cela implique un service payant, ce que refuse la Commission européenne.
Minimiser les coûts d'installation
Les constructeurs, s'ils se sont montrés favorables au dispositif eCall, ont également leur part de défis à relever. En effet, cet équipement devra avoir un coût compris entre 150 et 250 euros afin de ne pas pénaliser
l'acheteur. Ainsi, l'Association des constructeurs européens d'automobiles estime que
« les autorités doivent redistribuer [les 26 milliards d'économies annuelles, NDLR] sous forme de subventions ou
d'incitants fiscaux ».
Or, pour l'instant et depuis 2003, c'est PSA qui détient l'apanage de ce type de dispositif avec le RT4/NaviDrive disponible sur la plupart de ses véhicules (300 000 en étaient équipés en 2007) et facturé
environ 2 000 euros. Un tarif d'accès coquet justifié par des fonctions multimédias évoluées, mais surtout par la gratuité à vie du service eCall, bien que proposé en partenariat avec IMA (Inter Mutuelles Assistance). Le groupe a
retenu la leçon de Renault, qui avait déjà lancé « son » eCall payant : ce fut un échec.
Le service d'appel d'urgence embarqué ne constitue que la facette la plus concrète de la sécurité routière qui doit faire entrer l'automobile dans une nouvelle ère de voitures communicantes. En s'appuyant sur les
technologies de la communication et sur la localisation par GPS, elle doit, à terme, permettre aux véhicules de communiquer entre eux ainsi qu'avec leur environnement. C'est le programme eSafty initié en 2002 par l'UE. Pour
éviter un dialogue de sourds, les Etats européens vont devoir s'entendre, entre eux et avec les constructeurs.
« Des imprécisions »
Le docteur Pierre Rostini, médecin chef adjoint de service à Marseille, revient sur le système eCall :
« Les bénéfices apportés par le dispositif sont indéniables. Cependant, ce système ne permet pas de
remplacer l'intervention humaine qui, elle seule, peut renseigner les secours sur l'état de la personne accidentée : c'est la condition pour mettre en oeuvre les services d'urgence
adaptés. »

A l'heure où les constructeurs expérimentent des caméras embarquées capables de détecter le sommeil ou bien l'ivresse, voilà peut-être la prochaine piste de développement pour l'eCall.
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