Bien que professionnels, les athlètes se laissent parfois submerger par l'émotion. Protestations, accès de violence, crises de larmes. Petite sélection de ces moments forts qui dépassent le simple cadre sportif.
PHOTOS
Poussée à bout par l'arbitre et le public de Roland Garros, Martina Hingis, du haut de ses 18 ans, fond en larmes dans les bras de sa mère.
Disqualifié pour faux départ, Jon Drummond se livre à un véritable show à l'américaine sur la piste du Stade de France. Spectaculaire mais inutile.
Pete Sampras fond en larmes
En quart de finale de l'Open d'Australie 1995, Jim Courier et Pete Sampras nous offrent un spectacle fabuleux. Mais le n°1 mondial, blessé au pied, et dont l'entraîneur Tim Gullikson est hospitalisé suite à une attaque cérébrale
plus tôt dans la journée, craque complètement au début de la cinquième manche. Submergé par l'émotion, Sampras ne parvient pas à retenir ses larmes. Son compatriote lui propose même, d'un ton amusé, de reporter la fin du match à plus tard s'il le
souhaite. Que nenni, « Pistol Pete » ira jusqu'au bout et remportera même cette rencontre bien mal engagée (6/7, 6/7, 6/3, 6/4, 6/3). Un hommage à son entraîneur, mort quelques mois plus tard, dont seul le meilleur joueur
de l'histoire du tennis (en attendant Roger Federer) était capable.
Antonio Cassano pique sa crise
Victime d'une faute anodine non sanctionnée au milieu du terrain, Antonio Cassano sort de ses gonds quand la Fiorentina marque sur la contre-attaque. Il prend alors un carton jaune qui le privera du match suivant contre la Roma, son
ancien club. La crise d'hystérie qui s'ensuit est mémorable, à tel point que même les joueurs de l'équipe adverse se sentent obligés de consoler l'ancien Madrilène. Connu pour son caractère particulièrement instable, l'attaquant de la Sampdoria
Gênes marquera quand même le but de l'égalisation (2-2). Pour finalement garder le sourire après le match.
Martina Hingis, seule contre tous
La finale de Roland Garros 1999 est marquée par l'affrontement de deux générations de joueuses, aussi exceptionnelles l'une que l'autre. D'un côté Steffi Graf, une véritable légende vivante. De l'autre, Martina Hingis, un sens tactique
exceptionnel qui compense son léger manque de puissance. Mais alors que la n°1 mondiale maîtrise parfaitement le match (6/4, 2/0), une décision litigieuse vient enrayer la belle mécanique suisse. Plusieurs minutes de protestations et un
avertissement donné par le juge de chaise sortent complètement Hingis du match, pendant que Steffi Graf reste concentrée et sent que cet incident peut faire tourner la rencontre. Bingo, l'Allemande revient et remporte son 6e Roland Garros (4/6, 7/5,
6/2). Hingis rejoint directement les vestiaires et doit être ramenée en larmes par sa mère pour la remise des trophées. L'exigeant public parisien aura fait une nouvelle victime.
Jon Drummond n'a pas bougé !
Ce jour-là, tout le Stade de France aura entendu le pauvre Jon
« I did not move ! »
Drummond clamer son innocence. Lors des séries du 100 mètres des Championnats du
monde 2003, un premier faux départ met en danger tous les sprinteurs. Le moindre mouvement anticipé, et c'est la disqualification. Difficile à distinguer à l'oeil nu, un deuxième faux départ a lieu. Après quelques minutes de délibération, les
juges décident de disqualifier deux athlètes : un petit jeune qui monte, un certain
Asafa Powell
et Jon Drummond. Les protestations en tout genre de l'Américain n'auront pour seul effet qu'un retardement de la course et des images
inoubliables.
Zinedine Zidane sur un coup de tête
Dans la série des gestes historiques, le coup de boule de
Zizou
risque de rester gravé dans le marbre pour un bon moment. A 12 minutes de la fin de la finale de la Coupe du monde 2006, et accessoirement de la fin de sa
carrière, le n°10 des Bleus se laisse aller à un geste insensé. Marco Materazzi, avec quelques insultes manifestement bien trouvées, provoque l'expulsion de Zidane. Ce dernier expliquera sa réaction quelques semaines plus tard sans pour
autant la regretter.
« Ce serait donner raison à ce qu'il a dit »,
précise la personnalité préférée des Français.
Giovanni Trapattoni met les choses au point
Tout commence comme une conférence de presse normale quand, soudain, le ton monte. Alors entraîneur du Bayern Munich, Giovanni Trapattoni, contesté par plusieurs de ses joueurs, tient à mettre les points sur les
« i ». Dans un allemand très convaincant pour un Italien, le Trap va crescendo dans sa gueulante de 3 minutes. Tout le monde en prend pour son grade : Mehmet Scholl, Thomas Strunz, Mario Basler. Lors de son double
passage en Bavière, Trapattoni aura remporté le championnat en 1997 et la Coupe nationale en 1998.
Louis Van Gaal se prend pour Bruce Lee
Réputé pour sa rigueur et sa grande sévérité, le technicien néerlandais a entraîné les plus grands clubs d'Europe, à commencer par l'Ajax d'Amsterdam, qu'il conduit au titre suprême continental en 1995. Lors de cette finale contre
le Milan AC, Louis Van Gaal tentera de faire passer un message au quatrième arbitre. Un joueur italien aurait ainsi levé le pied un peu trop haut à son goût. Argument que Van Gaal défend corps et âme, geste (spectaculaire et hautement
esthétique !) à l'appui. Un « high kick » resté dans les annales du football européen.
Eric Cantona, le flegme britannique
Autre « high kick » difficile à oublier, celui du « King », lorsqu'il évoluait à Manchester United. Insulté par un supporter au premier rang des tribunes, l'attaquant français réagit
violemment et tente de se faire justice, d'abord au pied puis à l'aide de ses poings, bien aidé en cela par l'absence de grillages et la proximité des spectateurs propres aux stades anglais. Le Français se voit suspendu pour une durée de neuf mois
par la fédération anglaise. Ce geste n'empêchera pas Canto d'être élu meilleur joueur de l'histoire du club mancunien.