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Krach boursier : on vend ou on attend ?

Les bourses mondiales ont connu en début de semaine leur plus gros krach depuis le 11 septembre 2001. A Paris, le CAC 40 est reparti à la hausse jeudi, mais le stress du ' yo-yo ' n'est pas terminé pour les actionnaires. Conseils pour limiter la casse.

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Le PDG de la Société générale vient d'annoncer 4,9 milliards d'euros de pertes liées à la fraude d'un de ses salariés. Elles viennent s'ajouter aux 2 milliards de dépréciations liées à la crise des subprimes. Pas de quoi rassurer les investisseurs...
Les temps sont durs pour les petits porteurs ! Depuis lundi 21 janvier, le standard de l'Association française des usagers des banques (Afub) croule sous les appels paniqués. ' C'est la folie : on sent un vrai désarroi chez ces actionnaires qui sont souvent des profanes et qui ont perdu en moyenne 10 % de leur capital ', explique Marie-Anne Jacquot, juriste à l'Afub. Même constat à l'association SOS petits porteurs : ' Ce que craignent les petits épargnants, c'est que le scénario de 2001 se répète avec ce krach, note Thierry Ottaviani, président de l'association. Certes, les valeurs ont fini par remonter selon le mouvement cyclique de la Bourse, mais beaucoup de ceux qui avaient investi dans des valeurs technologiques ont quand même été lésés. '
Après une chute historique de 6,83 % lundi et trois jours en dents de scie, le CAC 40 est reparti à la hausse (+6 %) ce jeudi. Mais le pessimisme continue de gagner du terrain.

Pas de quoi être rassuré !

' Cette déconnexion entre la vision micro-économique et l'évolution des cours boursiers est symptomatique de phases de panique et d'irrationalité sur les marchés, mais elle peut perdurer quelque temps ', analysait, le 23 janvier, Pascale Auclair, directeur général délégué aux gestions de la Financière des placements. Mardi, la décision de la Banque fédérale américaine de baisser ses taux directeurs à 3,5 % a un peu rassuré les investisseurs. Mais l'attentisme de la Banque centrale européenne et les prévisions économiques assombrissent les perspectives.
' Le risque d'avoir une récession aux Etats-Unis l'an prochain est aujourd'hui de 100 % ', confirme Cédric Lacaze, directeur général de la Financière de Champlain. Les pertes liées aux subprimes font planer la menace d'une grave crise sur l'ensemble du secteur bancaire. Et la fraude massive (4,9 milliards d'euros !) annoncée jeudi par la Société générale n'a rien arrangé... ' Il n'y a rien qui puisse vraiment rassurer les gens en ce moment ! ', résume-t-on à l'Afub. Alors que faire ?

Vendre : déjà trop tard et encore trop tôt ?

Au sein des associations de défense des actionnaires, le mot d'ordre est toujours le même : gardez votre sang-froid ! ' On déconseille de vendre ses actifs, il ne faut pas avoir de réactions immédiates mais une stratégie à long terme ', prévient Jean-Claude Molthié, président de la Fédération française des actionnaires salariés (FFAS). ' Il faut redoubler de prudence et ne surtout pas céder à la panique. Il est de toute façon trop tard pour vendre ', souligne, fataliste, Thierry Ottaviani.
' Ceux qui ont des actifs exposés au retournement de la conjoncture économique doivent s'en débarrasser, mais pas à n'importe quel prix, confirme Cédric Lacaze. Le mieux est d'attendre et de vendre au premier rebond qui sera certainement très violent comme l'a été la chute, pour solder ces titres cycliques à meilleur compte. ' Mais si vous pensez déjà à repositionner votre portefeuille d'actions, prudence.

C'est le moment de faire le tri

Dans le contexte actuel de krach généralisé, certaines valeurs sont certes sous-évaluées, mais toutes n'offriront pas les mêmes perspectives une fois l'orage passé. ' Aujourd'hui, le niveau des valeurs n'a plus de lien avec la réalité économique des entreprises. Mais quand les sociétés aux activités cycliques annonceront leurs résultats, elles confirmeront que le retournement économique a un impact sur leurs activités, alors que les sociétés non cycliques, confirmeront que ce durcissement ne pèse pas sur leurs résultats ', analyse Cédric Lacaze.
Dans sa black list, la Financière de Champlain place donc aujourd'hui le secteur de la grande distribution et surtout celui du luxe, qui sont trop fortement liés à la consommation des ménages. Mieux vaut aussi éviter les valeurs bancaires qui courent toujours un fort risque de dépréciation de leurs actifs en raison de la crise des subprimes. Ou encore les télécoms qui correspondent à ' des cycles d'investissement forts sans visibilité actuellement '.
A contrario, le cabinet met en avant des valeurs d'avenir : ' Nous préconisons de se concentrer sur des secteurs avec une bonne visibilité comme le traitement de l'eau, les énergies renouvelables ou le vieillissement de la population, comme les maisons de retraite, qui ne sont pas liés à l'évolution de l'économie ', note Cédric Lacaze.
Attentiste ou proactif, quel que soit votre choix, voici un petit rappel utile du président de SOS petits porteurs : ' A la Bourse, c'est toujours après coup que l'on sait si on a fait un bon placement ou pas... ' Et c'est aussi ça le charme de la spéculation !
Lire aussi sur le même sujet : La Bourse n'a pas la cote.
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