|
PHOTOS
 |
| Dargaud-2007 |
 |
| |
L'histoire
Cela se passe durant l'été 1956. Le gouvernement de Guy Mollet peine à endiguer la crise, tandis que la guerre d'Algérie s'enlise. On parle (déjà !) d'un remaniement ministériel... Mais bon sang, que
fait le général de Gaulle ? Le libérateur est à la plage, en compagnie de bobonne Yvonne, du fiston, de son fidèle Lebornec et de son chien Wehrmacht, rejeton du chien-loup d'Hitler. Rien de tel qu'un peu d'oisiveté pour se
préparer à diriger la France (NDLR : 2 années plus tard). Torse nu, en short, les tongs aux pieds et le blaire au vent, il laisse son esprit fluctuer au grès des marées, se tenant les mains dans le dos. Tantôt il pique un roupillon, tantôt il se
baigne (rudement pratique d'être grand au milieu des vagues), tantôt il joue avec Wehrmacht... Par moment, il ne peut réprimer sa verve déclamatoire à l'encontre d'une mouette ou d'une bigoudène. Mais attention,
toujours avec cette noblesse de corps et d'esprit qui le caractérise. Qu'il vienne à manquer un ballon ? Charles lance un appel au micro (c'est le 18 juin). Et puis le monde est petit : dans la salle de resto, il y a justement
Churchill, qui se délasse, en famille...
Ce qu'on en pense
Apparu pour la première fois dans le recueil collectif « Vive la politique », le concept - excellent - avait fait mouche ! La transposition burlesque d'un grand (!) homme tel que de Gaulle
dans un contexte relativement ridicule est assez jubilatoire. Il faut dire que le sérieux et la majesté du personnage tranchent singulièrement avec le port de tongs qui font flip-flop... Ne cherchez pas à recouper ces historiettes avec les
actualités de l'époque : l'auteur s'est affranchi des rigueurs historiques pour pouvoir s'éclater en toute liberté. Pour aller jusqu'au bout de la démarche, Dargaud édite ce Poisson pilote avec un dos toilé (comme
les « Tintin » de l'époque) et la colorisation adopte des teintes passées et des trames « à l'ancienne ». Au recto, on peut également découvrir toute une liste d'aventures parodiques factices, comme
autant d'albums de « Martine »... Ces tranches de vie estivales au second degré adoptent le même découpage en gags que pour « Le retour à la terre », scénarisé par le même Jean-Yves
Ferri. Soit 2 tranches par page, sur 46 planches... Tantôt subtil, tantôt moyen, il faut peut-être avouer que cet humour décalé aurait tendance à s'essouffler sur la distance. A découvrir avec parcimonie, un petit peu tous les
jours...
|