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| Amis dans la vie et coéquipiers en double, Richard Gasquet et Jo-Wilfried Tsonga se sont affrontés en huitièmes de finale à Wimbledon en 2007 et à Melbourne la semaine dernière. Bilan : une victoire chacun. |
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Le coup des pannes
S'il n'y avait quelques étranges fêlures dans sa grande carcasse d'athlète sacrément charpenté (1,88 m, 90 kg), nul doute que Jo-Wilfried aurait déjà fait parler de lui depuis longtemps. A sa mesure, il a
toujours été de la trempe des Gasquet et des Monfils. Le premier, très précoce, était champion du monde junior 2002. Le second, très showman, celui de 2004. Intercalé entre les deux phénomènes, Jo n'était pas en reste,
« seulement » vice-champion en 2003, mais avec beaucoup d'atouts pour lui : la dégaine de boxeur, le physique de déménageur, le pétard en coup droit et le service servi à toute allure intégré à ses gènes. Il
n'y avait plus qu'à suivre le chemin balisé. Dès sa première apparition sur le circuit principal, il battait Moya (alors n°6 mondial) au premier tour à Pékin en 2004. Pour son premier Bercy la même année, il éliminait Ancic
en servant à 231 km/h. Las... 2005 fut une année noire, débutée avec une hernie discale et prolongée par deux épaules en chiffon. Parti pour tout casser, Jo finissait en lambeaux, 350e mondial contraint de taquiner le goujon près du Mans
pour prendre ses maux en patience. Colosse d'argile, perpétuellement à l'écoute de son grand corps fragile, plus tard touché aux abdominaux, il ne pouvait disputer que huit tournois mineurs en 2006.
Le déclic vert
C'est à la fin du printemps 2007 que renaît vraiment Tsonga. Aujourd'hui, le Manceau assure n'avoir jamais douté de des capacités à forcer le destin malgré ses défaillances musculaires.
« A chaque fois que j'arrivais à rejouer, même de manière ponctuelle, je gagnais des tournois Challenger ou Futures (de deuxième ou troisième catégorie). J'ai toujours su que je reviendrais
fort. »
Mais rares étaient ceux qui n'avaient pas oublié le joueur à éclipses. Sauf qu'en juin 2007, le
come-back
fut fracassant et définitif. Ayant fait l'impasse sur
Roland-Garros - courageuse décision pour un Français, même fragile -, Jo préférait filer vivre sa saison sur gazon à toute allure. Cumulant la même semaine le tournoi Challenger de Surbiton et les qualifications pour le tournoi
du Queens, il cumulait deux matchs par jour pour gagner le premier et battre Hewitt au second après un inouï marathon. Interloquée, la vénérable institution de Wimbledon accordait dans la foulée une wild-card à cet incroyable
froggie
revenu du diable vauvert. Respectueux de l'offrande, Tsonga paradait encore jusqu'en 8e de finale, seulement battu par Gasquet. Il était enfin entré dans le grand monde.

Fin du match contre Lleyton Hewitt au Queen's. Tsonga impressionne.
Le chouchou de Melbourne
Déjà l'an dernier, Tsonga, modeste 212e mondial, avait mis en appétit les gazettes australiennes, bluffées par sa résistance au premier tour face à Andy Roddick. Idéale pour renforcer les légendes, la forte ressemblance avec
Mohammed Ali n'avait échappé à personne. La fraîcheur et la « gnaque » du
frenchie,
tout autant que le score abracadabrant du tie-break chipé à Roddick (20-18) avaient déjà milité pour sa cause.
Mais que dire pour 2008 ? Il y a Hewitt, l'évident chouchou pour la vie, et lui. « The irresistible force », écrivent les uns. « The song to sing is Tsonga » (« la
chanson à chanter est pour Tsonga »), répercutent les autres avec un bel effet de style. Et quand ils reparlent là-bas de Mohammed Ali et de Tsonga, c'est pour dire que le surnom du premier, « The
Greatest » (« Le plus Grand »), pourrait parfaitement s'accoler au nom du second.
La nouvelle star ?
« Pourquoi pas ? »
, rétorque Tsonga qui ne doute plus de rien. Désormais plus très loin du top 20, mort de faim après avoir dû encaisser des verdicts très pessimistes des
médecins, le Français rattrape le temps perdu en mordant dans le circuit à pleines dents. A l'exception d'un nouveau pépin musculaire, rares sont les obstacles qui pourraient obstruer son chemin vers la caste des hommes qui comptent à
l'ATP. En un clin d'oeil, il est déjà devenu un pion indispensable de l'équipe de France de Coupe Davis, alternative intéressante en simple et en double (associé à Gasquet, ne vient-il pas non plus de battre en finale du
tournoi de Sydney les redoutables frères Bryan ?). Ca tombe bien : très bon camarade, Jo adore l'esprit commando des compétitions par équipe. Mais plus que tout, plus que son coup droit ravageur et ses facultés bondissantes,
c'est son attitude qui semble pouvoir l'abonner pour le long terme à la starisation. Punchy sur le court et en dehors, expressif et showman, Tsonga est de la graine des stars qui plaisent.
« J'aimerais
être un joueur spectaculaire »,
disait-il déjà en 2004. Et cette volonté, qui transparaît dans ses attitudes, n'a fait que se renforcer. D'ailleurs, il l'a répété à Melbourne.
« On a besoin de gens qui mettent du fun. »
Comprendre : On a besoin de Tsonga.
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