Des maisons qui se fondent dans le paysage
Qu'elles soient creusées dans la roche ou enfouies dans la végétation, voilà des habitations qui savent composer avec le terrain. Aperçu en images et interview de Jean-Charles Trebbi, co-auteur de ' Habiter le paysage ', aux Editions Alternatives.
![]() Quelques questions à Jean-Charles Trebbi, architecte urbaniste et co-auteur avec Patrick Bertholon de l’ouvrage Habiter le paysage, paru dans la collection Anarchitecture des Editions Alternatives. 01men. : Quels avantages présentent les habitations creusées dans la roche ? |
01men : Quelles sont, en revanche, les contraintes inhérentes à ce type de constructions ?
Jean-Charles Trebbi : Selon la végétation qui recouvre la roche, des fissures ponctuelles peuvent entraîner des risques d'infiltration d'eau. Il faut donc surveiller l'hydrométrie et évacuer l'humidité ambiante grâce à un système de ventilation adapté. Ce sont des habitations qui ont besoin de vivre, où l'air doit toujours circuler.
Jean-Charles Trebbi : Selon la végétation qui recouvre la roche, des fissures ponctuelles peuvent entraîner des risques d'infiltration d'eau. Il faut donc surveiller l'hydrométrie et évacuer l'humidité ambiante grâce à un système de ventilation adapté. Ce sont des habitations qui ont besoin de vivre, où l'air doit toujours circuler.
On imagine souvent les habitats troglodytes comme des espaces sombres. Comment les rendre lumineux ?
Contrairement aux idées reçues, la lumière naturelle suffit à éclairer parfaitement sur 5 à 6 mètres de profondeur. Ensuite, les espaces secondaires, qui font souvent office de caves ou de lieux de stockage, peuvent être équipés de systèmes d'éclairage spécifiques.
Aujourd'hui, de nouvelles solutions existent. Je pense à de nouveaux puits de lumière qui permettent d'acheminer la lumière du soleil à travers un tube souple et ultra-réfléchissant. Ces conduits ?" encore peu utilisés de nos jours ?" permettent d'éclairer naturellement un espace obscur sur 10 à 15 mètres de profondeur, verticalement ou horizontalement.
Contrairement aux idées reçues, la lumière naturelle suffit à éclairer parfaitement sur 5 à 6 mètres de profondeur. Ensuite, les espaces secondaires, qui font souvent office de caves ou de lieux de stockage, peuvent être équipés de systèmes d'éclairage spécifiques.
Aujourd'hui, de nouvelles solutions existent. Je pense à de nouveaux puits de lumière qui permettent d'acheminer la lumière du soleil à travers un tube souple et ultra-réfléchissant. Ces conduits ?" encore peu utilisés de nos jours ?" permettent d'éclairer naturellement un espace obscur sur 10 à 15 mètres de profondeur, verticalement ou horizontalement.
Dans votre ouvrage, vous distinguez deux grandes catégories d'habitat en creux. En quoi consiste cette typologie ?
Le mode d'excavation varie en fonction de la nature de la roche. Sculptés en négatif, les habitats peuvent être creusés, soit perpendiculairement à la paroi rocheuse, soit en profondeur par rapport au niveau du sol. Dans le second cas, on parle d'habitations de plaines auxquelles on accède le plus souvent par une rampe qui mène au patio central. En France, comme dans de nombreux pays, les deux types de creusement sont présents.
Le mode d'excavation varie en fonction de la nature de la roche. Sculptés en négatif, les habitats peuvent être creusés, soit perpendiculairement à la paroi rocheuse, soit en profondeur par rapport au niveau du sol. Dans le second cas, on parle d'habitations de plaines auxquelles on accède le plus souvent par une rampe qui mène au patio central. En France, comme dans de nombreux pays, les deux types de creusement sont présents.
Pourquoi avoir rapproché les maisons végétales des maisons creusées ? En quoi ces deux modes d'habitat se rejoignent-ils ?
Quand l'homme n'a pas la possibilité de creuser son habitat dans la roche, il essaie par défaut de s'enterrer sous la végétation pour se créer un abri. La finalité est la même que pour une maison nichée dans la roche. Il s'agit de se protéger des intempéries en se réfugiant à l'intérieur d'un cocon bénéficiant de qualités bioclimatiques particulières, avec une bonne orientation et une isolation efficace. Depuis la première crise énergétique en 1975, ce type de constructions, moins consommatrices et plus autonomes en matière d'énergie, connaît un fort regain d'intérêt.
Aujourd'hui, il est très en vogue de parler de maisons basse consommation, de solaire passif ou de matériaux à haute qualité environnementale. On prend progressivement conscience de l'importance d'une intégration de l'habitat dans le paysage. Les Allemands, les Américains et les Anglais sont particulièrement en avance à ce sujet, j'espère que la France va se mobiliser à son tour.
Quand l'homme n'a pas la possibilité de creuser son habitat dans la roche, il essaie par défaut de s'enterrer sous la végétation pour se créer un abri. La finalité est la même que pour une maison nichée dans la roche. Il s'agit de se protéger des intempéries en se réfugiant à l'intérieur d'un cocon bénéficiant de qualités bioclimatiques particulières, avec une bonne orientation et une isolation efficace. Depuis la première crise énergétique en 1975, ce type de constructions, moins consommatrices et plus autonomes en matière d'énergie, connaît un fort regain d'intérêt.
Aujourd'hui, il est très en vogue de parler de maisons basse consommation, de solaire passif ou de matériaux à haute qualité environnementale. On prend progressivement conscience de l'importance d'une intégration de l'habitat dans le paysage. Les Allemands, les Américains et les Anglais sont particulièrement en avance à ce sujet, j'espère que la France va se mobiliser à son tour.
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