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Un garçon et une fille, en duo à la ville et maintenant à la scène, incarnent The Do, un groupe baptisé de leur initiale. De leur rencontre, fin 2004, à la sortie de leur premier album, Dan et Olivia ont composé à quatre mains
pendant deux ans les quinze chansons proposées au menu de
A Mouthful.
Au-delà de son expérience dans la composition de musique de films, le couple boulimique de musique s'est lâché sans se poser de questions. Ses plats aux saveurs folk teintées de rock laissent à la voix d'Olivia
l'expression sauvagement pop de textes en anglais. Sonorités acoustiques et électriques, associées à une belle énergie, permettent au duo de passer de l'ombre à la lumière !
01men. : Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Olivia B. Merilahti :
Nous travaillions chacun de notre côté sur la bande originale d'un film quand le réalisateur a voulu que nous collaborions ensemble. Je suis donc allée voir Dan dans son studio...

Dan Levy :
Et elle n'est plus ressortie !
(rires.)
J'ai fermé la porte à double tour.

Olivia : Tu n'avais pas tellement envie au début que je vienne mettre la pagaille dans ton petit confort !
Quelles qualités vous ont séduits l'un chez l'autre ?

Olivia : A part le fait que Dan soit plutôt beau gosse, je pense qu'à l'époque, alors que je venais d'arrêter mes études et chantait dans différentes formations de jazz ou de rock, il m'a permis de croire en
moi. Il m'a persuadée que j'étais capable d'écrire des chansons et m'a aidée à structurer mes envies et à savoir ce que je voulais faire dans la vie.

Dan : L'intelligence et la curiosité musicales d'Olivia m'ont plu tout de suite, comme sa capacité à faire une chose qu'elle n'avait jamais faite avant, en l'espace de deux, trois mois.
J'ai été bluffé.
Quels défauts avez-vous décidé d'ignorer ?

Olivia : Je ne sais plus.

Dan : Moi aussi ! Nous les avons mis complètement de côté, ou les avons transformés en qualités car les miens sont essentiels au bon fonctionnement de notre duo.
Comment est né votre album ?

Dan : Son point de départ a été la composition d'une pièce musicale pour le chorégraphe finlandais Juha Pekka Marsalo. J'avais déjà travaillé un peu sur des musiques de danse contemporaine, mais il nous a carrément bousculés
pour que nous dépassions nos limites.

Olivia : La musique était plus physique et plus insolente pour la danse, alors que les chansons composées pour les films étaient plus en retrait.
Avez-vous réfléchi aux formats des chansons ?

Dan : D'une manière générale, nous n'avons réfléchi à rien. Les morceaux sont venus naturellement. Comme quand tu as faim et que tu as envie de manger. Tu ne te demandes pas si tu vas manger deux ou trois biscuits,
tu...

Olivia : Si, moi je me pose la question
(rires.)
.

D : Parce que tu as envie de te mettre en bikini ! Pareil pour les textes. Olivia, dont la mère est finlandaise, a toujours chanté en anglais et en finnois.
Quels disques vous inspirent ?

Olivia : Il y a une bande originale qui m'a suivie pendant longtemps, composée pour un film de Tony Gatlif qui s'appelle
Bango.
Elle est magnifique.

Dan : Le dernier PJ Harvey ou le dernier Beck. La discographie d'Eminem ou du Wu Tang. Et pour revenir au jazz, les albums de Coltrane, de Monk, d'Ella Fitzgerald. Une symphonie de Malher, la musique du monde, Bartok dans
Microcomos
et son travail sur les chants bulgares ou hongrois. J'ai retrouvé dans la voix d'Olivia cette simplicité et cette efficacité dans sa façon de chanter les mélodies avec un vrai caractère.
Comment avez-vous vécu le passage du cocon de ton studio à la scène ?

Dan : C'est beau car on passe de l'ombre à la lumière. Les spots sont braqués sur toi. Les gens te posent des questions, s'intéressent à toi et à ta musique. Alors que j'en ai toujours fait... Mais il y a
eu Olivia. Sa rencontre a été l'étincelle qui a produit la lumière. Je lui dois tout ce que nous avons fait ces trois dernières années. Il y a des rencontres essentielles dans une vie. La nôtre fait que j'ai eu la force de mettre un
pied sur une scène, de regarder le public sans avoir peur.
Votre album s'appelle A Mouthful. De quoi vos bouches sont-elles pleines ?

Olivia : De tout ce qu'on vient de dire. Et j'aime bien imaginer nos chansons comme plusieurs plats différents, avec chacun un goût différent et une apparence différente. J'espère juste qu'ils sont digestes à la
fin !
Voir le live de The Do chantant: « On My Shoulders » :
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