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Comment se faire sponsoriser au poker ? Henri Frey

POKER

Comment se faire sponsoriser au poker ?

Henri Frey , 01men., le 04/01/2008 à 14h30
Faire le tour du monde et participer aux plus grands tournois, le tout aux frais de la princesse, voilà le rêve de beaucoup de joueurs. Mais intégrer une équipe reconnue n'est pas à la portée de tout le monde.
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Mike « the Mouth » Matusow, connu pour son langage « fleuri » à la table, et professionnel de longue date, porte haut les couleurs de Full Tilt Poker.
En terminant 6e du Main Event des WSOP 2007, Hevad Khan, joueur exubérant et très (trop ?) expressif, a décroché un contrat avec Pokerstars, le n°1 du poker en ligne.

Depuis son explosion en 2003, le poker fait fantasmer. Voir un jeune joueur inconnu, à peine majeur, remporter un World Poker Tour ou un bracelet aux World Series of Poker et plusieurs centaines de milliers de dollars donne forcément des idées aux joueurs amateurs. D'autant que, pour certains, cette gloire soudaine se traduit par la signature d'un contrat avec un site de poker en ligne. Le rôle de ce dernier ? Prendre en charge les frais d'inscription aux différents tournois (en général plusieurs milliers de dollars) ainsi que l'hôtel et les dépenses annexes. Vous en rêvez ?


Winamax, un pari sur les jeunes

Le nombre de joueurs de poker est aujourd'hui estimé à environ 500 000 en France. Autant dire que les places sont chères et qu'il ne suffit pas d'avoir un niveau correct pour espérer décrocher un contrat juteux. Les deux géants du poker online que sont Pokerstars et Full Tilt Poker ont des politiques assez différentes.

Le premier recrute essentiellement lors du Main Event des WSOP. Chris Moneymaker, Greg Raymer et Joe Hachem, champions du monde en 2003, 2004 et 2005 en sont les figures de proue. Bien accompagnés par Daniel Negreanu, véritable légende vivante de la discipline, qui a récemment rejoint Pokerstars. Full Tilt, de son côté, a décidé de monter une équipe autour de joueurs professionnels connus et reconnus (Phil Ivey, Allen Cunningham, Gus Hansen, Mike Matusow, etc.).

Qu'en est-il dans l'Hexagone ? Les moyens sont forcément moindres, mais le team Winamax, lancé il y a seulement quelques mois, fait déjà parler de lui. Dans ses rangs, une petite dizaine de jeunes joueurs prometteurs, parmi lesquels on retrouve un certain Arnaud Mattern (www.teamrobusto.com). Deux mois à peine après avoir signé son contrat, ce professionnel de 28 ans a frappé un énorme coup le 14 décembre dernier, remportant l'European Poker Tour de Prague et la coquette somme de 550 000 euros.

Mais si son talent est indéniable, il n'était pas forcément le premier choix de Winamax : « Dans un premier temps, ils ont repéré mon ami Nicolas Levi. Il porte un chapeau, ce qui lui donne un style particulier. Il commente l'EPT sur Eurosport et est évidemment un très bon joueur. Autant d'éléments qui donnent envie de sponsoriser un gars comme lui », déclare Arnaud Mattern. Seulement, Nicolas et Arnaud travaillent en binôme. Ils progressent ensemble, montent de limites au même rythme et se soutiennent mutuellement. Du coup, l'homme au chapeau a d'entrée posé ses conditions à son nouveau sponsor : « Avec Arnaud, on est complémentaires. Soit vous nous prenez tous les deux, soit vous n'en prenez aucun. »

En menant sa petite enquête, Winamax a alors découvert qu'Arnaud Mattern a été champion de France de Backgammon en 2006, qu'il a réalisé quelques jolies performances dans des tournois de poker et qu'il est un gagnant régulier en cash game à des limites élevées. Il n'en fallait pas plus pour enrôler le duo terrible.


Rigueur, intelligence, hygiène de vie...

Nicolas et Arnaud ont signé un contrat de deux ans, incluant les frais inhérents à la plupart des gros tournois du circuit (EPT, WSOP, WPT). Cette vie de pacha, tout joueur, aussi modeste soit-il dans ses gains (ou ses pertes), en rêve forcément. « Mais il est très important de ne pas se mettre en position de demande », prévient Arnaud. Une théorie confirmée par Michel Abecassis, représentant de luxe du site wam-poker.com, vainqueur d'un bracelet WCOOP (l'équivalent online des WSOP) en 2002, ancien commentateur sur Eurosport et RTL9 et ex-rédacteur en chef du mensuel Live Poker : « Chaque jour je reçois des demandes de joueurs qui veulent se faire sponsoriser. Ce n'est pas comme ça que ça marche. Le poker n'est pas qu'un simple jeu. Il demande de la rigueur, de l'intelligence et une hygiène de vie irréprochable. » Autant de qualités que les joueurs du team Winamax possèdent. Sans compter l'esprit de groupe qui anime ses membres et leur permet de progresser à vitesse exponentielle. Il ne se passe plus un seul tournoi sans que l'un d'entre eux ne termine dans les vingt premiers. Et à en croire Arnaud Mattern, ce n'est clairement pas fini : « A la signature de notre contrat, Nicolas et moi avons été très clairs avec notre sponsor. On leur a dit qu'on allait probablement rapporter deux ou trois millions de dollars au cours des deux prochaines années. » Derrière cette phrase pleine d'assurance ne se cache rien de plus qu'une confiance inébranlable et une réelle lucidité quant au niveau de jeu pratiqué par les deux jeunes professionnels. L'exploit de Prague n'est sans doute qu'un début.

L'équipe Winamax est désormais attendue à chaque sortie. Et elle le sera encore plus en juin prochain lors des World Series of Poker. En 37 ans d'histoire, trois Français seulement ont remporté le bracelet tant convoité. Mais avec la nouvelle garde et les 54 tournois prévus en 2008, tous les espoirs sont permis.

Cash game ou tournoi ?

Tournoi : un prix d'inscription fixe, le même nombre de jetons pour tous les joueurs au départ et une augmentation régulière des blinds. Les X premières places, en fonction du nombre de participants, sont payées. A l'EPT de Prague par exemple, 32 joueurs ont été payés sur 554. Le tournoi est terminé lorsqu'un joueur a gagné tous les jetons en jeu.
Cash game : Il est possible de jouer quelques centimes ou plusieurs milliers de dollars en fonction de la table choisie. Contrairement aux tournois où les jetons représentent des sommes fictives, chaque joueur mise de l'argent bien réel. De plus, les blinds n'augmentent jamais. En cas de perte de son tapis, il est possible de re-caver. Enfin, vous joignez et quittez la table quand bon vous semble.


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