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Une liaison amoureuse tous les sept ans d'ancienneté ! Voici l'heureux parcours « professionnel » que nous promet la savante « loi de Cupidon » établie par Loïck Roche !
« C'est une moyenne. Si on travaille à la chaîne avec deux cents mecs, il est sûr que l'on aura moins d'occasions que dans un métier d'accueil, de commercial, de chef de service ou encore dans un secteur d'innovation ou de
création où il y a beaucoup d'échanges et de passion »,
précise le directeur adjoint de Grenoble Ecole de Management et auteur de
Cupidon au travail
(1).
Après cinquante ans, la probabilité serait également plus faible, même si l'autorité reste un excellent atout séduction :
« 40 % des personnes qui ont du pouvoir dans l'entreprise concentrent
80 % des relations amoureuses au travail »,
observe ce spécialiste. Au final, en 2003, près de un Européen sur deux avouait avoir déjà vécu une romance avec un collègue (2) !
La réunion, mieux que la discothèque !
Rien d'étonnant à cela.
« On passe 220 jours par an au travail, réveillé, habillé et attentif à ce qu'on raconte alors qu'à la maison on oublie rapidement ces règles de
civilité ! »,
note Loïck Roche. Mais le bureau n'est pas seulement le temple de l'adultère. C'est aussi un formidable club de rencontre ! Entre 20 et 30 % des couples se seraient d'ailleurs formés sur le lieu
de travail.
« A l'époque où j'ai rencontré mon futur mari, j'étais stagiaire dans un autre service. On a ainsi rejoint les quatre autres couples officiels de la société. Comme il y avait beaucoup de jeunes, c'était un peu
tournez manèges »,
se rappelle une ancienne salariée du groupe Vivendi.
« C'est fréquent et inéluctable même si ce n'est pas recommandé »,
confirme Laurent Tylski, directeur général du cabinet de conseil en ressources humaines Acteo Consulting. En effet, ces
aventures intimes ne sont pas sans danger. Et les entreprises les voient rarement d'un bon oeil.
Gares aux dérapages incontrôlés
« Les DRH vont chercher à favoriser la qualité de la communication professionnelle entre les collaborateurs et avec la hiérarchie ainsi qu'à défavoriser les comportements passionnels, car il y a un risque pour
l'image de l'entreprise, notamment en raison de la "promotion canapé", des plaintes pour harcèlement ou de conflits qui rendent le travail impossible en cas de rupture »,
analyse Laurent Tylski.
C'est encore plus vrai dans une relation de subordination.
« Cela pose un problème d'autorité : on perd son objectivité et on ne peut plus gérer de façon égale ses collaborateurs. Le mieux est alors de
demander le changement de poste du collaborateur qui sera plus facile que celui d'un manager. »
Aux Etats-Unis ou au Canada, certaines entreprises n'hésitent pas à interdire ou à encadrer ces relations intimes dans leur
règlement intérieur.
Le culte de la performance
En France, c'est juridiquement impossible au nom de la protection de la vie privée des salariés. Mais certains groupes savent faire passer des messages forts. Marie et Pierre (3), tous deux salariés dans l'équipe marketing d'un éditeur
de jeux vidéo, ont dû cacher leur relation à leur employeur pendant plusieurs années et se marier « clandestinement » pour éviter un changement de poste.
« Le grand fantasme des directions est de penser que si elles admettent l'existence de relations intimes, les gens ne seront pas à attentifs à leur travail et leur entreprise sera moins performante. Mais en
France, les directions d'entreprises sont assez démunies par rapport à ces histoires : elles ne peuvent agir que si elles ont la preuve que le travail ne peut plus se faire correctement. On peut alors vous rendre le travail impossible, c'est
plus sournois »,
observe Loïck Roche. Simple aventure ou véritable idylle, la prudence est donc de mise.
Scoops sur « radio moquette »
« Au début on cachait notre relation, mais dès qu'on l'a dit à une personne, la nouvelle s'est très vite répandue. Cela ne m'a pas empêché de me faire embaucher en CDI mais j'ai bien senti que cela posait un
problème d'autorité à mon chef... même s'il sortait lui aussi avec une collègue ! »,
raconte l'ancienne salariée du groupe Vivendi.
« Pour faire en sorte que ça se passe le mieux possible, il
faut faire preuve au début d'une très, très grande discrétion. Si la relation perdure, il faut officialiser rapidement et faire en sorte que l'on ne travaille pas dans le même service »,
confirme Laurent Tylski.
Cela vous évitera aussi d'être le sujet de conversation numéro un à la machine à café ! Car une chose est sûre :
« Ce genre de relations cristallise l'attention de tout le monde, on en parle plus que de
l'activité de l'entreprise ! »
Danger, secret, interdits : tout ce qu'il faut pour mettre un peu de piment entre deux réunions et une interminable présentation Powerpoint !

(1)
Cupidon au travail
de Loïck Roche, Editions d'Organisation, 2006.

(2) Etude réalisée en 2003 par le site de recherche d'emploi Monster auprès de 36 950 Européens.

(3) Les prénoms ont été modifiés.
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