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| Avec 27 % d'opinions négatives, le supérieur hiérarchique direct français a un peu plus la cote que les dirigeants d’entreprises (36 %) mais reste en bas du tableau de l’étude. |
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| « Tension et déception » dans les relations professionnelles seraient la rançon de l’exigence excessive et du sens critique aiguisé des salariés français. |
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Dire tout le mal que l'on pense de son chef le temps d'un petit sondage anonyme... la tentation a dû être grande pour les 5 500 salariés interrogés par BPI et BVA (1) ! Mais au jeu des réglements de compte, les
Français sont de loin les plus féroces ! Plus du tiers des salariés (36 %) déclarent en effet avoir une mauvaise image de leurs dirigeants (contre seulement 14 % aux Etats-Unis). Et au moment de distribuer les bons points, ils sont
aussi les plus vaches : seuls 49 % estiment que leur manager les aide à progresser dans leur travail (contre 63 % en moyenne), 53 % qu'il fixe des objectifs annuels précis (58 % en moyenne), 34 % qu'il appuie leur
demande d'augmentation de salaire (contre 44 % en moyenne).
Performance ou incompétence ?
Alors tous incompétents, les managers français ? Pas vraiment.
« Les résultats de cette enquête reflètent la perception qu'ont les salariés des compétences managériales et non pas une évaluation objective
des performances des managers »,
précise d'emblée Brice Mallié, directeur de la branche Management de BPI.
« Aujourd'hui, beaucoup de grandes entreprises françaises ont compris la nécessité d'un
management de qualité et se sont donné beaucoup de mal pour mettre en place des systèmes d'évaluation, des référentiels de compétences ou des investissements dans la formation ou le coaching »,
confirme Hamid Bouchikhi,
professeur de management à l'Essec (2). Mais en matière de d'encadrement tous les salariés ne sont pas logés à la même enseigne.
A chaque salarié, son manager
« Toute la difficulté de ce type d'enquête est de réussir à contextualiser les résultats : vous n'aurez pas les mêmes réponses chez Lafarge, L'Oréal ou Saint-Gobain et dans une toute petite PME. Et ça
m'étonnerait que dans la grande distribution, où il y a des métiers très durs et des marges très tendues, les salariés aient la même appréciation que ceux qui travaillent dans la banque ou le conseil »,
s'agace Hamid
Bouchikhi. Grâce à un échantillon
« représentatif de tous les secteurs d'activité et de toutes les catégories professionnelles »,
l'enquête de BPI livre toutefois un
« portrait-robot » instructif sur les rapports professionnels en France.
Râleurs latins et diplomates américains
« Il y a un écart indéniable entre la France et les autres pays qui s'explique en partie par le climat social actuel,
explique Brice Mallié.
Dans les pays où il est plus facile de licencier
mais où le marché de l'emploi est plus positif, le pouvoir contractuel est mieux équilibré, les salariés se sentent donc moins vulnérables et la pratique managériale est plus constructive »,
analyse-t-il. Et plus encore que
la conjoncture ou la législation sociale, notre « culture managériale » ne favoriserait pas non plus les bonnes relations entre salariés et patrons !
Contrairement aux Anglo-saxons habitués à des rapports démocratiques et cordiaux avec leurs supérieurs, nous autres Latins aurions ainsi une fâcheuse tendance à
« confondre autorité et
autoritarisme »
et à n'en faire qu'à notre tête (1 salarié sur 2 ne suivrait pas les directives de son supérieur !). Ce qui ne nous empêche pas d'exprimer
« des exigences plus élevées
vis-à-vis des managers »
et un besoin de reconnaissance accru (59 % contre 45 % en moyenne)... ne provoquant ainsi que
« tension et déception »
!
Exigence et déception françaises
Alors tous des râleurs immatures, les salariés français ? Pas tout à fait non plus.
«
Dans ce type de relation, la responsabilité est partagée : d'un côté, il y a très certainement
une trop forte exigence des salariés. Mais de l'autre, il y a aussi des éléments de management à améliorer, à commencer par des fondamentaux comme donner un niveau d'information élevé, être plus ouvert aux remarques, donner des instructions claires.
On ne peut pas évaluer clairement quelqu'un si les objectifs n'ont pas été bien fixés »,
remarque Brice Mallié. Mais avant de prendre modèle sur le « bien-aimé » manager américain, mieux vaut aller
voir de plus près ce qui se passe de l'autre côté de l'Atlantique.
« L'univers des entreprises américaines est très dur aussi : les relations sont plus cordiales parce qu'on sympathise très vite, qu'on s'appelle par son prénom et qu'on se tape dans le dos facilement mais
tout le monde sait que ça ne veut rien dire,
souligne Hamid Bouchikhi.
Si un salarié ou une business unit ne performe pas, le manager américain aura 3 ou 4 fois moins de difficultés qu'un Français à prendre sans aucun état
d'âme une décision difficile pour son collaborateur ».
Alors toujours aussi sévère ?
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(1) Etude publiée le 6 décembre, réalisée par BPI en partenariat avec BVA, entre le 18 et le 25 octobre 2007 dans 10 pays (Allemagne, Espagne, États-Unis, France, Italie, Maroc, Pologne, Roumanie,
Royaume-Uni, Suisse) auprès d'un échantillon de 500 salariés par pays (sauf aux États-Unis avec 1 000 interviewés) par Internet (sauf pour le Maroc où l'enquête a été faite par téléphone).
(2)
Co-auteur de
The Soul of the Corporation : How to manage the identity of your company,
Wharton School Publishing, 2007.
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